Pour Susanna Fritcher.

l’or est mort. l’or a toujours été dans la mort de l’or. mais là, l’or est trop mort. car trop or. l’or est trop dans l’or et plus trop dans la mort. la mort de l’or était l’endroit du vrai or. on le voyait dans la mort. dans le noir de l’or, il y avait la mort. mais la mort de l’or ce n’est pas l’or mort. c’est un mort dans le noir qui attend qu’on le sorte. on a trop d’or qui sort. l’or qui sort trop est un or mort. car l’or vrai n’est pas mort, il est encore dans la sienne de mort. et sa mort sienne c’est le noir qui l’entoure. dehors on trouve beaucoup d’or, mais il faut bien chercher pour le voir. on trouve l’or hors de ce qu’on croit voir. ce qu’on peut croire voir est mort. et on ramène l’or à tout ce qu’on peut croire voir. on ne peut croire voir en l’or mort. l’or vrai est un or pas mort, mais juste un or qui dort. et c’est dans le noir qu’il dort l’or. il dort dans le noir de la mort, mais il n’est pas vraiment mort. il attend en dedans. il est dedans son or qui dort dans le noir de la mort. mais il n’est jamais mort l’or. c’est quand on le sort et qu’on le présente. c’est quand on montre seulement l’or. qu’on ne montre que son or et pas tout son noir d’or. son noir où il dort. c’est à ce moment-là qu’il est mort. c’est quand on ne voit que de l’or. mais ne voir que de l’or, ce n’est pas voir l’or. car l’or qui dort ne se montre pas dehors. il est dans le noir de la mort et dans le noir de la mort c’est là qu’il est l’or. on ne peut voir l’or autrement. si on veut voir autrement l’or on l’arrache d’où il dort. on ne le présente que comme or. on ne se dispute que pour cet or. on ne s’entre-tue que pour l’or qu’on croit voir. alors qu’il n’y a pas d’or. l’or est caché, car le vrai or est hors de tout or. il est en dehors de tout trafic connu. et le trafic de l’or, c’est ce qui fait sa mort. un jour, il n’y aura plus d’or. un jour, l’or aura totalement disparu. car l’or est une espèce disparue. même pas protégée l’or. une espèce hors de l’homme, l’or. une espèce qui disparaît dans sa mort. dans son espèce de noir. c’est un noir qui dort. qui fait dormir tout son or. mais tout l’or n’est pas mort. c’est quand on l’enlève de sa vie de mort qu’il meurt l’or. il meurt de sa mort enlevée. de son noir où il scintille. son noir où on ne voit jamais l’or. et pourtant il n’est pas ailleurs. il n’est pas en dehors. il est dans son or et son or n’est pas noir. on ne parle pas d’or noir non plus. car l’or noir c’est aussi la mort. on ne parle que de l’or qui avoisine le noir, pour mieux apparaître. pour mieux montrer sa rareté. car l’or est trop rare, c’est comme l’art. l’art est trop rare. ou alors bien trop mort. l’art c’est comme l’or, quand on le sort de son noir. quand il ne dort plus dans sa mort. il n’est pas rare qu’on veuille trop montrer l’art. on veut trop parler d’art, mais on ne parle que de la mort. on ne montre que des ors, mais ce n’est pas de l’art. l’art lui il dort. il est comme tout l’or. car pour tout l’or on ne montrerait pas son art. pour tout l’art du monde il nous faut nous montrer mort. il faut montrer sa vraie mort. sa mort c’est comme de l’art. c’est mon or où je dors. mais je ne suis pas vraiment mort. je me cache en dedans. je dors dans mon or. je suis dans mon écrin tout noir. je n’attends pas d’être mort. c’est-à-dire d’être dehors. je suis moi mon or. et c’est mon art. et si on me sort de là, je suis mort.