le père ce matin

Sans m'en rendre compte, ai répété ce matin, comme un air dans ma tête, un poème édité dans mon premier livre (Le Père ce matin, chez Carte Blanche) à partir de ma lecture de l'article dans Libé sur le mouvement "Nuit debout" (ou : Mouvement du 32 mars)

("Nuit debout un bois/ l'habite en berne/...").

Mon poème dans la tête en résonnance à la joie de savoir que ce mouvement tienne bon et s'amplifie ici, en France!

père ancien sa lie

me berce le corps

gris lait la nuit

poisse son temps

à descendre

pour aller pisser

enfin, père imberbe

nuit debout un bois

l'habite en berne et

le chat seul usera

les mains

demain boire

les derniers vers

qui rentrent dans sa main

dans le cimetière du père

j'écris que sans ma main

la merde sente le

père ce matin

tiens moi

bien dans les branches

il se répand du vin

je crains

que perdre la main

qui écrit qu'est rien

le vent

du cimetière la terre

qui tient entre mes doigts

je siffle

peine à lire ce râle

et les sourires mort il dit

parler aux murs qui blancs

le regardent père au loin

m'apprennent à lien

à perdre son latin

peur du vide il revient

vois rien entends

parler les doigts

scient du verre et

crache à son fils lui porte

il se plaint à travers

la parole est sa poutre

la sœur ce n'est

rien le père

est plein il partira

dans sa peine de rien

de naître avant les siens

de plus pleurer son vin

ne perds pas la main

sœur n'est rien qu'un

coup d'chemin après boire

dans les mains la mère

revient sourire

à demain

ciel serein repaire

en rien repeint la

terre c'est elle qui

parle

père à peine

entre les draps son

jardin les tranchées pas

marcher père enfin

me parler

pire à l'aine

l'un part l'autre

parle peu comme

en travers de son silence

dans son train-train

rapport à peine

dictionnaires du père dire

que son air niais rien à

voir aux voisins qui causent

mal il dit parler

dans l'effort le foin

la langue d'un mort

première pose

dans le jardin noire

la prose ne dit mot dit

ce qui me perce c'est

le silence en ses yeux

du froid café c'est

pour laper sa mort

d'un peu

encore le soir descendre

au soupirail et guetter le trou

le regard d'où s'en aller

le rêve éphèbe et l'effet

mère déboule dans le

dénué tout bu bi

route et branle

la boule de nue l'ourlet

d'habitude qu'on a biné entre ses

lèvres alors que dehors les ombres

lèchent ils savent

tout du lourd sommeil des caves

pine à l'air

les barreaux burent

la chaleur de mes jambes

dehors la parole

à l'encadrure où le porc

va pousser dans l'air du chemin

brûlant le cri nul

et la mère dans l'étau :

prends tes patins

il fait froid dans

l'autre entre

il me voit le voi

sin boit le foin

ça fait perdre

son latin merde

il est plein dans la

lumière il est plus per

du dans l'armoire

c'est pour du

beurre

après l'heure du garde

il est le père fouettard

sa lippe est la lie

du pipi où râlent

mes pipes et tard dans

l'ennui j'écris demain

j'arrache les patates

pardon mon père l'infecte

essence sous l'affreux rire

la bileuse main qui

me perce père c'est

qu'il vieux

mot même

pourrir de l'étant

des vins qui coulent

du pantalon pardon

mes frères tout foire

debout

dans l'ordure à dire

toute la boue

sans la main qui nous berce.