talk talk c’était sans doute mon groupe préféré avec ce type mark hollis qui ressemble de loin à john lennon mais un john lennon encore plus cool et discret que l’autre qui ne manquait jamais de faire des déclarations tonitruantes mais cependant une sorte de john lennon des années 80 avec le côté artiste engagé en moins j’aime tout de talk talk même les tubes surtout le tube such a shame quand je mets ça à la maison les gens commencent à fuir et pourtant ils ont tort on ne devrait jamais fuir devant such a shame car c’est un très beau morceau que talk talk pourrait rejouer maintenant en le dépouillant de ses oripaux newaveux débiles tout ces instruments clinquants ces synthétiseurs qui font les débuts horribles de tous ces groupes des années quatre-vingt sush a shame c’est un foutu morceau car il est triste je n’ai pas lu toutes les paroles car on s’en fout un peu des paroles dans le rock est-ce que quelqu’un s’est déjà amusé à lire les paroles de strawberry field forever il faut pas aimer le rock si on passe son temps à traduire les paroles autant retourner à son latin d’église cependant à l’église on chantait le latin et on s’en foutait de la compréhension et c’est ça qu’ils comprennent pas tous ceux qui ne veulent rien savoir à la musique pop-rock ils pigent pas que les paroles ça n’a aucun intérêt et pourtant talk talk avec son such a shame on peut à peine éviter le sens c’est ça la force de talk talk c’est sa mélancolie sa profonde tristesse et sa colère sa gentillesse débile des campagnes anglaises une sorte de truc assexué ouvert à tout et qui fait juste que chanter mais comme on est en mille neuf cent quatre vingt-quatre il faut chanter sur des synthés débiles avec un son moche mais peu importe ce qui importe c’est que such a shame parle de la loose aussi bien qu’un titre de john lennon genre i’am the walrus ce sont les plus belles chansons de john lennon avec the beatles i’m the walrus et strawberry field forever avec aussi ses chansons sur sa mère dear prudence car quand il chante sur sa mère il parle du trou qu’il a en lui et qui le fait crever à petit feu pauvre johnny c’est ça qui fait toute la différence avec les autres groupes c’est que malgré la tartine de framboise à la crème il y a aussi du drame du senti et même de la méchanceté et c’est ce lien qu’il y a entre mark hollis et john lennon car john lennon n’est pas un tendre il a l’art de la formule quand il dit que le rock français c’est un peu comme le vin anglais c’est une formule géniale qu’aucun français moyen ne peut comprendre un petit français vengeur avec sa petite guitare de français moyen plein de vengeance il ne peut voir que lennon est distingué quand il dit ça car il a l’art de la formule qui assassine il a aussi le sens du rythme et en france on n’a pas le sens du rythme on a parfois l’art de la formule mais c’est lourd c’est victor hugo qui sonne la charge héroïque des grosses formules c’est la langue formulée française à haut régime aucun rythme là-dedans aucune hauteur de vue aucun mépris transformé en rire méchant c’est grand et emmerdant l’art français c’est pour ça qu’il ne faut pas chercher à savoir si john lennon a raison de dire que le rock camembert c’est de la piquette en france on cherche toujours à savoir qui à tort et qui a raison c’est ça qui fait le naufrage de la nation française c’est même pas une nation c’est un bouillon le bouillon français pourrait-on plutôt l’appeler et si on se dit français aujourd’hui c’est qu’on va pas tarder à prendre le bouillon d’onze heure car il y a tant et tant de contradictions dans le bouillon de la parole franco française c’est pour ça qu’on y a jamais rien entendu au rock sauf à une certaine période comme la cold wave le punk et la cold wave on pouvait se permettre de parler français dans le parler rock’n’roll mais avec the beatles il ne faut pas savoir si c’est mieux que tel groupe français car c’est tout bonnement mieux que le reste même du rock anglais et pour quelles raison me diriez-vous que the beatles c’est mieux que le reste du rock anglais parce que the beatles est the seul groupe à avoir autant inspiré les meutriers helter skelter du gentil en apparence mc-cartney et piggies du non moins affable et tout mignon georges harisson et les formules assassines de john lennon à propos de jésus christ c’est ça qui inspire au meurtre et là-dessus personne même talk talk n’arrive à la cheville de the beatles ce ne sont pas the rolling stones avec leur pauvres hells angels qui peuvent rivaliser car the beatles ont aussi généré une musique bizarre que personne dans le rock n’était capable de faire ça allait bien plus loin que la bande à lou reed et ça s’appelait tout simplement révolution la neuvième sans doute pour faire référence à la surdité de beethoven ce morceau est un grand morceau et john lennon a ainsi continué avec yoko ono le travail de sape du rock’n’roll et ils ont eu raison car en soixante-huit le rock se mourrait c’en était fini place aux hippies au flower-power à la californie à l’amour molasson et aux drogues le monde croulait alors qu’il pensait être révolutionnaire de toute façon nous sommes contre les révolutionnaires et il est quasi sûr qu’à cette époque nous étions déjà contre ceux qui se déclarent révolutionnaires et qui ne font pas la révolution car la révolution c’est autre chose que le fait d’être révolutionnaire toutes les révolutions nous échappent nous sommes arrivés dans un monde multi récidiviste en terme de révolution depuis que nous avons su que la terre tournait sur elle-même puis autour du soleil puis que le soleil était un petit astre perdu dans l’espace puis que cet espace était expansif et qu’on l’appelait l’univers puis que cet univers pourrait cacher de multiples univers comme un mille feuille et nous dedans cet univers chiffonné alors pour la révolution vous pourrez repasser après la révolution des idées avec platon la révolution de la croyance avec jésus la révolution copernicienne la révolution newtonienne la révolution darwinienne la révolution freudienne la révolution marxienne et puis la révolution lacanienne et enfin la révolution elvisienne et lennonienne nous avons aussi avant tout cela subi des révolutions dont nous n’avons même pas idée et ça continuera de plus belle car nous participons à la marche en avant et au changement mais avant tout pour nous-mêmes et par conséquent ça concerne les autres car tous les autres prennent appuis sur les révolutionnaires alors qu’ils devraient ne pas s’appuyer et se détacher d’eux même c’est ce qu’a fait mark hollis qui s’est détaché du top cinquante au fur et à mesure si vous voulez être un révolutionnaire faites déjà trembler vos organes lançait mark hollis à son public médusé talk talk est le meilleur groupe de ces années-là dans le style new wave il reste indépassable tout comme les joyeux divisés qui restent éternels avec ce dernier morceau de la face b du 2eme album closer qui est une ode à la guerre quatorze une ode au froid comme toujours mais cette fois une ode au front aux poilus qui ont froid dans leurs tranchées une ode au départ dans les trains une ode à l’armée où on quitte les siens pour rejoindre la mort sur le front cette fois joy division a rejoint son modèle qui est apollinaire on peut coller plein de poèmes d’apollinaire sur la musique de joy division et notamment les poèmes de la nuit rhénane ou lorelei ou les calligrammes et ce n’est pas étonnant que le chanteur ai choisi de mettre ce dernier titre dans le disque et qu’il s’est suicidé ensuite car c’est une ode au suicide mais pas que pour lui pour toute la jeunesse toute la jeunesse doit en finir avec elle-même partir en fumée mais talk talk lui n’en est pas là il est plus hasardeux foutraque il ne se fit pas à une église n’épouse aucun comportement il est en cela plus révolutionnaire il suffit pour ça d’écouter les disques un par un qui conduisent le groupe de la new wave non pas à la no wave mais au post-rock c’en est fini après talk talk du rock car the beatles avaient raté leur coup lou reed aussi avait manqué son coup ils avaient eux-mêmes fait en sorte que le rock devienne intelligent c’était la pire erreur à faire le rock intelligent c’est ça qui a fait qu’après on a eu des groupes comme père ubu et cabaret voltaire et d’autres encore plus obscurs mais on peut dire qu’ils avaient du mal à rivaliser avec the dream syndicate qui est un proto groupe à la velvet underground qui a perverti le rock avant que le rock ne pervertisse à son tour l’art en entier en voulant devenir lettré cultivé intelligent et distingué mais sans l’art du rythme c’est pour cela qu’il y a eu l’épisode punk et après l’épisode punk il ne restait plus que des synthétiseurs avec des types en cravate derrière comme aujourd’hui on a des musiciens avec leur laptop c’est les mêmes à part qu’ils n’ont même plus de goût pour la formule ils n’ont plus aucun style aucune joie c’est joy division pour l’éternité alors que talk talk était dans les années 90 la seule porte de sortie pour le rock qui n’était pas un retour au jazz ni à la musique improvisée c’était plutôt quelque chose qui se joue avec la sensation le retour à l’odorat pour une génération entière et ça n’a guère durer car mark hollis en avait marre déjà dans ses premiers clips il suffit de les mater sur youtube on peut constater que mark hollis se demande déjà ce qu’il fout dans ces années quatre-vingt il aurait pu finir alcoolique il aurait pu attaquer la matinée à l’alcool blanc exprès pour se détruire parce qu’il est trop génial d’ailleurs il est une sorte de syd barrett sans les volts et les médocs il n’a pas besoin d’être un alcoolo il chante il fait son petit job de chanteur comme le faisait billie holyday d’ailleurs un jour il reprendra ses standards car en fait il s’est trompé de génération mark hollis avec son talk talk qui devrait causer aux années quarante mark hollis aurait dû être né esclave c’est tout le drame des chanteurs de rock c’est-à-dire des blancs hier les rockers reprenaient le blues aujourd’hui les blancs reprennent la musique gnaouas mais c’est du pareil au même ils courent après la justesse le véridique le pur et le brut parce qu’ils n’ont rien pour plaire les blancs ils dominent la situation mais à part ça ils ne sont pas foutus de danser comme dans les videos de soul train car à part talk talk on pourrait citer tous les musiciens de la motown par exemple c’est quand même bien plus fort et moins cérébral que neu et can les musiciens de kool and the gang au début des seventies et c’est pour ça qu’on ne peut pas s’attendre à une révolution avec les blancs car ils ne savent pas rigoler dans leur musique il ne savent pas baver siffler crier et danser ils ne savent pas jouir le rock révolutionnaire blanc a toujours été peine-à-jouir sauf quand il a été incarné par des groupes comme celui de jac berrocal car très vite il a fait un trou pour laisser place à l’errance jac berrocal s’est mis à courir dans les steppes et à crier dans les trous des parois et jean-françois pauvros a commencé à chercher la mémoire dans les murs en tapant avec le manche de sa guitare à l’instar de lacan qui parlait aux murs bien sûr talk talk c’est aussi une musique très cérébral mais ça annonce la fin du cérébral pour autre chose tout ce débordement de musique techno electro forcément ça a donné soit le revival rock horrible où tous les chanteurs chantent pareil en anglais et où tous les musiciens sont mille fois plus virtuoses que jimi hendrix ou keith richards ou qui cognent plus fort et sont plus lettrés que john bonahm mais aussi d’un ennui prodigieux avec leur musique sang-de-navet et là sans doute talk talk y est pour quelque chose tous les blancs intelligents cultivés se sont mis en france à aimer la chanson française et le rock sang-de-navet inspiré par le dernier bashung qui ne faisaient plus de jeux de mots ou des groupes folk américains ou encore pire des altermondialistes avec leur world musique des envahisseurs grunge à lunettes style sonic youth qui connaissent tout du spoken word de la contre culture qui ont influencé tous les artistes dont les exigences culinaires dépassent ce qu’ils peuvent produire sur une scène car ce qui tue l’art musical poétique et littéraire c’est le revival la nostalgie le doucereux la patine molle de la mode la sensiblerie et du coup nous n’avons affaire qu’à des artistes à la recherche de la justesse et de la singularité dans un monde dénué de sincérité dans l’art contemporain ce n’est pas la même chose car même le clinquant n’est pas nostalgique et il vaut mieux confier aux artistes le soin de puiser dans la mémoire poétique et musicale du temps passé puisque l’art est souvent plus rock et aventureux cela à a voir sans doute avec la morale la musique est souvent plus morale que l’art contemporain un jour nous nous sommes promenés en voiture avec the ex dans le magnéto-cassette et nous disions chercher un batteur c’est ce que nous improvisions sur la cassette que nous avions mise dans le dictaphone tandis que dans l’auto radio on entendait the ex nous disions que nous avions besoin d’un batteur qui ne savait pas battre à l’époque nous cherchions un batteur qui cherchait avant tout son intimité nous enfoncions la cassette dans le lecteur et nous improvisions en direct dans la bagnole avec ce groupe en appui ce fut une très bonne collaboration cependant nous avons senti qu’il ne fallait pas aller plus loin car l’inconvénient avec les musiciens c’est qu’il faudrait toujours aller plus loin comme avec les danseurs il faudrait toujours perfectionner son pas de deux il faudrait toujours poser la voix sur des matériaux plus perfectionnés il faudrait toujours répéter et répéter avec des chorégraphes et des acteurs et des musiciens écolos qui mangent bio pour jouer toujours plus juste dans théâtres et des salles noircies pour ne pas voir le public alors qu’on peut très bien ignorer le noir des salles la lumière et le public qui va avec on peut très bien s’en foutre de la justesse et de l’écoute on peut très bien ignorer le son et le sens et les collaborations et revenir au brouillon seul car seul le brouillon ça n’a rien à voir avec l’improvisation puisque l’improvisation est en haut de la chaîne hifi alimentaire de la musique occidentale blanche tandis que le brouillon renvoie immanquablement aux incohérents aux fous à des tribus d’enfants et à la disparition totale et définitive du spectacle

je n’ai jamais compris pourquoi les rockers se taisaient à la fin et non pas au début. Au début ils sont bavards avec leurs tubes et à la fin ils se taisent dans des albums pas très inspirés. pourquoi ce silence doit être la finalité de toute carrière, et même de toute œuvre. car même le rock fait œuvre, pensait mark hollis. le rock fait œuvre dans le fait que nous nous sommes plutôt mal engagés dans nos vies. le rock c’est la vie qui s’engage mal sur les chemins de l’expérience. nous avions les anciens rockers qui nous montraient le chemin mais il était miné. le rock se faisait sur les planches pourries de la marchandisation et il fallait donc faire mine de le quitter. soit on quitte le rock soit on s’enfonce plus profondément dedans. soit on devient une star usée et sur la pente inexorable du déclin soit on relativise et on meurt incompris. relativiser ce n’est pas devenir un vieux sage obsolète, mais de devenir obsédé, mais pour cela il faut relativiser sur la vie et ses expériences. le rock donne l’impression qu’il y a des élus. trop peu de gens iront sur scène même munis d’une guitare. il faut donc redescendre sur terre et jouer le bon vieux blues du prolétaire anéanti par la marche en avant du monde. le bon vieux monde qui te ratiboise la couenne. c’est ce que pensait mark hollis tandis qu’il improvisait. il disait on ne peut pas jouer deux fois la même chose, l’improvisation est un moment unique. l’improvisation devrait être le moment où on rejoue tout, même ce qu’on a cru gagner sur scène. on ne gagne rien à reproduire sa vie sur une scène disait mark hollis. il faut à chaque fois rejouer au dés sa vivance avec la musique. la musique c’est des heures d’impros dont on ne gardera que quelques secondes. un mouvement inédit. et je n’aime pas les mouvements disait mark hollis. je n’aime pas ce qui bouge. j’aime ce qui plante et s’entasse. j’aime ce qui s’enfonce dans le commun. j’aime m’abattre sur le sol avec un devoir à rendre, tel un paysan sonore. j’aime la grammaire la plus sommaire. l’écriture musicale sans orthographe. j’aime me pendre dedans et ne plus bouger d’un iota. écouter le son, exprimer mes silences. je retourne à l’innocence des frondaisons, je trouve ma félicité dans les pensées les plus démunies, je voudrais faire danser les amibes, être la star du plancton, l’idole des plus sommaires bactéries. je voudrais vivre comme elles, sous la roche, les sols calcaires ou la peau d’un autre, sans que ça respire. ne plus à me coltiner ni à l’air ni à l’eau. être enfin léger malgré la lourde apesanteur d’une basse. basse de basalte et de lave, les néons m’accablent et me tuent. Le rock ne devrait jamais devenir intelligent.

nous sommes de ceux qui aimons le bruit, disait mark hollis. c’est à partir du bruit que nous avons créé. et je ne dis pas le son, précise le chanteur, car le son fait penser à quelque chose de plus apprivoisé. nous, c’est plutôt le bruit qui nous a attiré. c’est le son brutal des villes, des usines. c’est le bruit qui sonne à travers nous et à travers nous les vivants. et tous les vivants quels qu’ils soient. c’est à partir du bruit donc, qui est synonyme de destruction du vivant, que nous nous sommes complus. et c’est dans cette destruction encore à l’œuvre que nous nous complaisons encore, dit-il. bien que certains déclarent haut et fort que c’est pour dénoncer le bruit que nous en fabriquons. d’ailleurs la plupart de ces productions ne peuvent rivaliser avec le bruit humain global. le bruit de la production humaine globale. nous ne pouvons prétendre à faire mieux que ce qui se fait déjà dans sa globalité. mais c’est notre goût pour ça qui fait la différence. c’est notre attention au bruit environnant. c’est notre passion pour tout ce qui est brutal, métallique. notre amour pour tout ce qui fait la désorganisation naturelle des choses. pour tout ce qui bousille grandeur nature. c’est ça qui fait la différence avec le faiseur de bruit lamda. certains sont effrayés par cette passion qui leur prend aux tripes. ils prétendent alors que le bruit qu’ils font c’est pour dénoncer l’horreur, mais au fond c’est totalement faux, car au fond du fond ils rêvent tous de se produire dans les métallurgies de la mort et les autres grandes usines qui polluent le monde entier, ils rêvent du monde nucléarisé total, car ce n’est pas que ça qui les intéressent, mais bien la couleur nouvelle que ça donne à l’environnement. l’esprit que ça imprime à toute la société humaine. et cet esprit c’était le vacarme. le vacarme inhumain des machines qui continue, malgré tout, de nous entourer aujourd’hui, le vacarme qui étouffe chacune de nos neurones. malgré tous les beaux discours, l’humain n’a jamais autant fait de bruit. car il jouit dans les déflagrations et les explosions. il jouit plus que jamais de la guerre quotidienne faite à la nature et à lui-même. et du coup il produit de l’art. car l’art c’est jouir dans l’impensable. l’art c’est se fondre dans ce qui est presque inhumain et le bruit fait écho à ce qui est inaudible en fin de compte. et ce qui est inaudible encore maintenant c’est la passion seule pour le bruit. la violence c’est inaudible pour les contemplateurs de l’art mort, pour ceux qui ne veulent pas de l’impensable ni même de l’impensé. pour celui ou celle qui feint toujours de ne pas jouir du bruit de la vie présente. et la vie présente n’est qu’inhumaine pour les humains. il n’y a pas d’autre vie possible puisque la vie pour l’inconscient humain n’est pas dans la nature. bien sûr, il contemple et aime la nature, l’humain, mais pour son art mort. c’est une passion hypocrite. c’est pour se faire croire qu’il est proche de la nature, alors qu’au fond il a quitté le naturel depuis qu’il parle, depuis qu’il s’agite et depuis qu’il pense. et la nature qu’est-ce que c’est sinon quelque chose de trop rare pour être si naturel ? la nature n’est naturel que part chez nous, disait mark hollis. mais la nature ce devrait être uniquement le caillou ou le feu. la nature ça ne devrait être que l’explosif. c’est ce qui détonne mais sans bruit. ce sont les grands chambardements de l’espace mais qui se fond sans bruit. car au fond la nature c’est aussi le bruit, puisque c’est très rare. donc on peut avancer qu’au fond l’humain cherche sa nature perdue au fond du bruit. le bruit c’est l’invention de la nature par l’homme, et c’est ce que l’homme invente pour son art. il fait de l’art avec ses usines comme avec toutes ses inventions électroniques, puisqu’il veut réinventer un naturel qui donnerait du grain à moudre à l’univers entier. la nature dans laquelle il a poussé ne l’intéresse pas, car cette nature est trop insignifiante pour lui. il lui faut rivaliser avec l’espace entier. il ne lui faut pas une nature qui correspond en quantité à ce qu’on appelle l’antimatière, car au fond pour lui l’humain, la nature est une sorte d’antimatière qui l’envahit. une antimatière cette nature qui lui pourrit la vie. car il est né autant de cette antimatière que des explosions d’étoiles, et pour le moment il pense qu’il a encore besoin de cette antimatière si matérielle près de lui. par nostalgie pour les premiers hommes sans doute. mais son art même montre en grande partie qu’il veut sortir du cocon de la nature pour rejoindre le fond cosmique et ses bruits d’avant le déluge. pour rejoindre la matière sombre et l’énergie noire. son art futur ne se trouvera que dans la poésie éruptive. la poésie en rupture avec le monde. le monde caduque et soi disant naturel. car l’humain ne désire que rejoindre le vide sidéral et la grande soupe des rayonnements, les ondes primordiales et l’antimatière de l’univers dans les plus grands lointains possibles.

j'en ai marre des vieux. violeux. les violences. j'en ai marre de la viole violée des vieux. violence j'en ai. marre des je. des violés. je viole des vieux. violeux. j'en ai et ça me marre. ça vie en marrance pour du mieux. mais c'est vide car j'en ai marné de l'envieux. j'en ai des vieux sons violents. sont vieux moirés. sons des violences vieilles en les marres j'ai. j'en ai vu de la vieille ou du vieux tous marnés. j'en ai marne des vieillardes. les hardes de vieux violées. je prends les voiles j’ai vu oui. j’envie du vieux vu dans les yeux noyés morts. les voyeurs à marner j’en ai. se mourant vieux et moutonnant. j'en vu et des moumoutes à jeunes envieux. mamours en vents. violent ma marne en joie. les vieux me violent en j'ai. j'en ai plein l'nez des vieux dans les yeux. je vois des vieux yeux et tout le bleu d'égo binant. bilan du je voulu. goulu le jeune à genoux des vieux. gens veules. dans les sons bleus mal aux cieux des moi. jouer veux. oui. moi-je dans du vieux gens violent. des jeux mieux j'en ai aimé. les vieilles sales eaux et salauds d'vieux ravalés. de l'os allé des envolées j'en ai les mares d'yeux nœud. j'envie les vulves à vider je. D’ici j’en vis du ci-gît où ça n'vient. car moi nuit nouée nœud oui. j'en ai var des mieux je. Je veux ne j'aime les vieux. jeune où ça vit c'est la viande en ville. Les vieilles peaux dans un ramassé de vivant. j'aime vieillir. j'ai ma vieille en moi je me vois. Je vois moi le vouloir me voir en veuve joyeuse de je.

 

il arrivait au dernier moment

il avait choisi ce moment-là précisément

ce moment qui était précisément le dernier des moments

on n’avait jusqu’alors inventé un si bon moment

un moment bien au fait du présent

un présent si neuf et lui dedans

on n’avait jamais vu pareil présent si nouveau

et si plein

et lui qui s’y trouvait dedans

quelle chance

on ne pouvait trouver pareil veine de naître dans un moment si chanceux

car rempli de promesses

si plein de bonnes choses à vivre

et lui qui arrivait là

car il l’avait choisi

il était bien tombé

mais c’est lui-même qui s’était glissé dedans

dans ce plein et si nouveau présent

ce présent si étonnant et lui qui arrivait dedans

lui qui voyait ce présent comme un présent jamais atteint

un présent jamais donné ni atteint

un présent jamais possible

toujours reporté

parce que tout semblait vieux dans les anciens présents

tout semblait à chaque fois manquer la cible du nouveau.