la pensée n’est pas ce que l’on pense, ce que l’on pense est un produit, le produit fini pour la compréhension fausse de notre état, mais la pensée réelle n’est pas une explication qui nous fait prendre la vie pour ce qu’elle est en réalité, car la réalité n’est pas comme on le dit, n’est pas ce qui est produit de la pensée et rien n’est produit d’ailleurs de la pensée, la pensée est une sorte d’organe rond et creux et qui souffre seul dans un espace sans rien, mais comme suturé, gonflé et boueux, tout sort du trou de la vie par cette bouche qui ressemble à un gros boudin, ou donuts, qui respire en crachant de tous ses pores, il n’y a rien que cela et nous, mais nous, nous sommes divisés nous voyons quelqu’un agir sous les définitions de la pensée produit-fini pour que les hommes se comprennent, alors qu’en fait le jour en lui-même n’existe pas, ce qui existe c’est cet organe au milieu de nulle part et qui nous donne réellement la clé de comment se voir en deux parties, il y a l’un qui parle et qui peut être l’amoureuse et l’autre, qui est soi, l’amoureuse auprès de soi dort dans la nuit, mais en fait il n’y a pas d’amoureuse puisque l’amour est cette bouée de corps que nous faisons parler, même dans la nuit les amoureuses qui dorment parlent et elles n’existent que dans nos têtes et nos têtes sont nous, il n’y a rien d’autre que nous dans cette matière imbécile, imbibée et imbécile, qui ne fait que cracher et nous fait prendre nous-mêmes pour des fiancées dans un lit, en fait l’organe réel de la pensée nous fait prendre conscience du rien de l’existence jusqu’alors comblé par tout un tas de fantasmagories qui viendraient d’on ne sait où mais qu’on a réussi à combler, je sais par exemple que moi et ma belle-mère, on est dans cette même marmite entourée d’un gros boudin en forme d’anneau, vous pouvez pousser des cris après ça, car tout corps est vous-mêmes et vous-même n’êtes pas, la mort est le seul état réel avec un semblant de liquide qui bout, la vie est une récusation de notre état réel et permanent au fond d’une sorte de cuve, l’air s’y roule entre des croûtes mais rien ne circule vraiment, il n’y a pas de bulles ni de matière vraie comme on pense, la pensée est un sac, un bulbe qui jamais ne se développe et dedans nous rêvons que l’autre est détaché de nous-même et que nous-même ne sommes pas détachés de nous-même, que nous-même sommes détachés des éléments extérieurs, alors qu’il n’y a pas d’extérieur, ni d’intérieur, il n’y a pas d’aventure, ni d’image, il y a juste un bloc qui bout ou bave dans des douleurs et le temps est mêlé à cette épaisseur comme le reste et forme la mort, mais la mort est aussi une invention pour qu’on se tienne tranquille et qu’on n’aille pas chercher midi à quatorze heures, la mort existe pour nous faire craindre le pire, le pire dans l’avenir vivant, alors qu’il n’y a pas à avoir peur, il n’y a rien, tout est mêlé tout ne fait qu’un et le qu’un n’est qu’une masse qui a tout divisé, même en nous, la masse n’est donc pas une masse et rien n’est explicable, c’est pour ça que la pensée est une fumisterie sauf si on la voit sous cet aspect, sauf si on sent qu’elle est bien le rassemblement de toute chose et qui ne servent à rien qu’à geindre dans un espace statique et buté.