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Je suis pas là

#nobitch here, please (thank you)

Il faut parler anglais dans l’art, pour se faire comprendre, pour faire comprendre l’art il faut de l’anglais, l’anglais est la langue comprise par l’art, l’art d’aujourd’hui veut que ça parle, ça parle en dehors de l’art même, que ça parle tout autour et dedans l’art en anglais, dans les écoles de l’art du jour il faut être en anglais, que tout nous désigne dans cette langue, il faut que les cartels de l’art soient en anglais, les gros cartels, les cartels de l’art écolier et les cartels du monde de l’art, les cartels de la vie vraie sont en anglais, car la vie vraie est en anglais pour les jeunes artistes, un artiste jeune ne doit parler qu’en anglais pour se faire comprendre, il doit faire une charte graphique avec son nom et son adresse et indiquer en anglais les médiums qu’il développe, il doit utiliser des mots funs, les mots funs sont en anglais, l’art est en anglais dans le monde entier et donc pour bien montrer son art au cartel de l’art mondialisé il faut vivre et parler en anglais please. #‎writing #comptemporary_art‬ ‪#angry_poetry ‪#bitchclub #no‎like‬ ‪#no‎love

la télé nous fait vivre

La télé est bien regardée, la télé est un espace bien surveillé, rien n’échappe au regard, c’est-à-dire à sa surveillance, c’est le regard de la télé qui se regarde, la télé regarde à l’intérieur de nous et elle se voit, elle voit la télé qu’on la regarde depuis le tréfonds du nous, c’est un nous tout télé qui regarde dans les yeux télévisuels, pas de danger qu’on en loupe une miette, même si on n’a pas la télé on a toutes les chaînes, même si on n’a pas la télé on a les nerfs comme des câbles, car tout est consigné et le regard hors de la télé est confisqué, à la consigne, toutes les images de la télé défilent car les visages-télé et les paroles-télé sont repris en cœur dans le tréfonds du nous télévisuel. La télé résonne dans nos têtes, la télé est l’écho de nos pensées, nos pensées-télé, la télé fait parler toutes les machines, les téléphones, la télé fait parler internet, la télé a une belle écriture, la télé fait parler la parole, la télé fait avancer la vie, car la vie c’est la vietélé. Et c’est une vérité, car la télé est une réalité à vivre, vu qu’elle est dans le vrai. Le vrai télévisuel, c’est la véritélé qui fabrique du silence tout autour d’elle et tout le monde reprend en boucle le message véritélé dans sa bouche télé-réelle et son vivant zappé par la télé-réalité.

ne plus se laisser aller à prendre des décisions

je glisse
je glisse sur le côté
je me remets
je suis à la même hauteur
je disparais
je reviens
je glisse à nouveau
je descends vite
puis je remonte plus haut
j'espère rester longtemps
ça veut dire quoi espérer
qu'est-ce qu'on met dans espérer
c'est qu'on met une grosse couche
entre soi et la fin
on tire un fil
on espère que le fil
sera long
qu'on n'en voit pas le bout
trop vite
espérons que si je tire le fil
il ne se casse pas non plus
je vais tirer fort sur le fil
de toute mes forces
je m'agrippe
je tire pour voir le bout
j'espère rester en équilibre
pour voir le bout
je suis à un certain point
du bout
je gagne un point
et je vais au bout
et j'espère voir l'autre
l'autre bout et moi
c'est toute une histoire
l'autre bout et moi
c'est toute une vie fabriquée
avec des bouts de chandelles
comme on dit
mais ce ne sont pas des bouts de chandelles
c'est des bouts de moi à parcourir
et on gagne parfois des points

*l'auteur n'est pas mis au jus de ce qui se trame.

*la poésie ça n'est pas prêcher dans le désert c'est longer une 4 voies et tenter tout de même de parler aux bolides.

*chacune des paroles de chaque être est une mauvaise herbe.

*tout à coup le mot a changé, il n'a plus le même sens et on ne vous a pas prévenu.

*la plus grande des perversions c'est de s'adresser à l'autre.

*aucun de nos mots ne tiendra la route.

*il fait tout noir et on comprend rien.

*ne plus se laisser aller à prendre des décisions.

pour un complotement total et permanent

Ce sont les combinaisons qui complotent, ce sont les faits mille fois recoupés, les faits sans cesse élagués pour mieux les simplifier, la machination des désirs qui n’arrête pas de retraficoter le réel et que celui-ci, enfin dépouillé de ses ombres finisse par monter en épingle, ce sont les mouvements électriques et numériques des pensées les plus plates avec les voix automatisées dans les perpétuels micros, les images toujours montées et démontées vitesses grand v, comme des armes à feu, ce sont tous ces flux sectionnés et racornis remis bout à bout et que ces manipulations, ces compositions machiniques habituels, finissent par faire exploser le cadre, que la mayonnaise monte et que l’actuel tourne au vinaigre, ce sont toutes ces opérations de bidouillages incessants sur la réalité pour la rendre la moins plurielle possible et la faire ainsi glisser dans des goulots de plus en plus étroits, ce sont tous les aboiements mortifères en écho sur des grosses chaînes câblées, des moteurs sans chercheurs avec diverses routines écrites avec les pieds pour que passe en boucle un réel tronqué, ce sont toutes ces pelleteuses d’émotions, les broyeuses d’idées noires, ce sont les expertises robotisées sur des signes insignifiants, le retraitement de l’oubli et la systématisation des vérités, la science et l’histoire qu’on fait tourner en eau de boudin et les avis éclairés stagner dans des sempiternels bassins de décantation, tout ça constamment repassé dans ces vieux tuyaux où coule avec régularité un même bruit, c’est toujours les tableaux infinis de permanences, les trois/huit dans la simplification du vivant qui finit par créer la peur extime de chacun, qui n’est d’ailleurs plus un chacun, mais un être évidé, un individu dévalué dans ses mots, dépossédé de ses errements, ses flottements, ses silences ou ses embryons de pensées, c’est tout ce sinistre sérieux passé au crible, mais un crible bon marché, c’est tous ces mouchoirs sales où s’abandonnent les pseudos analyses et s’alimente l’indignation, ce sont tous ces générateurs de bonne conscience couplés à des pools de recherche sans brouillon formatés en usine, ces fédérations de machines à écrire sans dactylos puis de compilateurs de données où ça torche un même journal à tous les quotidiens, c’est tout ce monde systémique puissamment armé de développeurs incultes, ce sont toutes ces parades qui se défilent, ces défilés dans la dérobade, les manœuvres laborieuses de tous les bruits de couloirs, grincements de portes et chuintements d’ascenseurs, la conspiration de divers appareils, machines à café et à jacter, imprimantes et crachoirs, outils à spéculer et potins en streaming, tous ces spams traduits en discours, cette chaîne de montage de bourrichons, ces fuitages décervellés et bombing de sermonts, toute cette soupe virtuelle et les protocoles d’inaction qui font que ça monte en flute, ça cogne l’opercule et que ça s’excite dans des tubes, puis qu’une mousse fleurisse enfin sur les bords d’une grosse cocotte minute, que ça flippe et ça crie, que ça file et se tend, qu’on entende ainsi des balles siffler, des pneus crisser, que ça explose et meurt et fasse un trou, un petit trou qu’on rebouche un peu vite avec ce même gratin marronnasse, cette colle granuleuse, mais que les trous s’ouvrent encore et que les bords s’abouchent, que tous les trous finissent par se toucher, qu’il n’y ait plus que ça à enduire, ces bords de trou qui sont un peu nous, que ça soit nous malgré tout et que ça nous déborde encore, mais qu’on ne soit plus que ce débord là d’un trou, celui d’où qu’on boute en touche.

l'humain conspire l'ennui

et l'ennui ne fait pas toujours transpirer

l'humain est le pire de lui

ou presque

il est lui dans sa version

débordée

c'est à cet endroit là que ça fuit

dans ses extensions

qui viennent lui capter ce vide

mais lui capte rien, il capte

pas que c'est là

où il prit la tengeante que ça cause

et débite et complote

après : soit on capitule, soit

on récapitule.