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gabineau des bobines extrait (faire défiler les images à l'aide des boutons de gauche et de droite)

Donc Gégène ce soir-là attend Lulu et Quatre-vingt livres. Il l’appelle comme ça car ça fait rire Lulu et parce que sa belle-fille à le corps tout sec comme le grand Séquin à part qu’elle est de la taille de Lulu c’est-à-dire un mètre cinquante et des brouettes. Gégène une fois ramène dans la sienne de brouette des pommes qu’il a eu par un cultivateur qui n’est pas du village il ramène aussi un gros paquet de bonbons d’Usinor Denain. Au début de son mariage avec Lulu ils sont sur Escaudin c’est certainement plus pratique pour aller à l’usine cinquante heures par semaine avec des températures à plus de cinquante degrés. En mille neuf cent soixante-dix huit l’usine ferme avec cinq mille licenciés vingt-cinq mille personnes défilent dans Denain et cinquante mille à Valenciennes. Certains manifestants tirent à la vingt-deux et un CRS dégoupille une grenade qui arrache la main d’un ouvrier. En mille neuf cent soixante-dix neuf la CGT des sidérurgistes marche sur Paris et sur les pancartes on peut lire Pour faire l’Europe ils démolissent la France. En mille neuf cent quatre-vingt deux le tour de France est bloqué par les manifestants pendant que Gégène boit de la clairette de Die pour fêter sa pré-retraite. C’est Nono qui en ramène d’Auchan V2 il habite au Triolo son collègue au Crous est peintre en bâtiment il collectionne dans toutes les pièces de son appartement des canettes de bière vides. Nono aime bien danser au Fleury ou chez lui où Quatre-vingt-livres à des disques de Donna Summer. La Tigresse adore regarder les gens danser à l’émission Soul Train mais elle déteste Abba qu’écoute tous les matins son voisin Belge. Nono est sportif il regarde Bruce Lee à la télé et un jour il saute depuis le haut de l’escalier qui mène au parking mais sa bague de marié s’accroche à la rembarde et son doigt reste tout en haut. Mamie Reine écrit dans son carnet Brutus a dit : les mœurs changent il faut changer nos lois. Elle envoie des cassettes à sa fille et son beau-fils au début de la cassette elle dit Allo allo bonjour André bonjour Raymonde ma chérie j’espère que les affaires marchent à peu près. Elle dit que c’est aujourd’hui la canicule et que dans le jardin c’est pas tenable. Dimanche prochain elle envisage d’aller sur Souillac faire une petite promenade avec monsieur Tesseidre dont elle est l’employée de maison. Elle fait des travaux et n’envisage pas de faire de voyage et puis elle est rebutée par l’idée d’être bousculée par les vacanciers. Elle pense aux pigeons et à Urielle et n’imagine pas que tante Ray puisse partir plus de trois jours de Paillencourt. Elle écoute les chants du folklore Rouergat que devrait aimer tante Ray qui est du coin puis parle de Cahors et pense partir avec monsieur Courdert à Decazeville revoir ses voisines de pallier. Malheureusement sa principale amie est morte mais elle verra au moins ses filles. Elle connait une pied-noire expédiée à Lacapelle-Marival un peu comme pénitente et a peur de finir comme elle en maison de retraite. Elle revoit à Dourgne mère Marie-Bernard qui est la sœur de monsieur Tesseidre ainsi que sœur Dominique qui veut avoir des renseignements plus approfondis sur un prêtre qui l’a roulée sur certaines affaires notamment sur l’achat d’un monastère. Sur une autre cassette qui date de mille neuf cent soixante-quinze Charlie chante la Jument de Michao tandis que Mamie Reine récite Les deux chemins d’Octave Aubert. Puis Charlie récite le début du Petit Prince de Saint-Exupéry le poème Le Hareng Saur de Charles Cros puis chante le Bougalou du Loup Garou et avec tante Ray ils font Guy Lux et Coluche dans le sketch du Shmilblick. Enfin tout le monde danse sur Hafanana d’Afric Simone sauf Mamie Reine qui sort voir les poules elle dit qu’elle est trop vieille et n’aime pas trop les crincrins avec leur musique de nègre. (Gabineau des bobines, en cours)