Qui déchoit ? Qui a déjà déchu ? Qui est déjà dans la déchéance ? Qui s’est déjà fait déchoir ? La déchéance a déjà opéré. Depuis longtemps, la déchéance opère dans notre pays. Notre pays opéré. On paiera pour rien, mais nous avons déjà trop payé. Déjà notre pays soldé. Déjà vendu. La France est déjà un pays déchu. Totalement déchu. Les hommes de France sont des déchus. Toutes les femmes aussi. Les filles et les fils de famille. Déchus. Tous les Français en âge d’être déchus. Il n’y a pas que les bi-nationnaux qui risquent la déchéance à court terme. Car le terme n’a déjà plus court. Terminé la blague de "ça eut payé". Plus rien qui paie en France. Finie la rigolade. Fini de rire les Français. Tous au banc de la société. La société France a déposé le bilan. L’âge de la déchéance est déjà bien avancé en France. L’âge de monsieur le président. Il est bien avancé. Il est déjà bien avancé notre déchu premier. Et le second tout autant. Et les précédents pareils. Le précédent du déchu actuel, pas mieux. Ou pire. L’un des pires mieux qu’on ait eu, ou l’inverse. Les deux premiers déchus. Les derniers présidents. Car ils ont beaucoup, beaucoup déchus. Le premier des deux déjà, le déchéanceur premier. Le petit président de la France. La France rétrécie. Plombée. Tombée bien bas. On lui a tiré dessus en plein vol et elle est descendue la France. Et avec le dernier des premiers déchus de France, ce fut la chute totale. La chute définitive. Irréversible. Le saut irréversible dans le néant historique. La France ne se relèvera pas d’une telle chute. C’est une déchute. Tous ces petits hargneux montés au pouvoir. Tous ces culs de plomb vissés sur le trône républicain. Tout ce petit public monté à tour de rôle sur son dé-séant. Cette petite monnaie de seigneurs, avec le suppositoire républicain enfoncé dedans. Tous ces rebuts de la France, toute cette clique de la déchéance totalement française. Tout ce populo énarque made in France. Toute cette mitraille, cette racaille en habit du dimanche. Un dimanche mais déchu. Un dimanche à Auchan, avec tous ces petits cadres franchisés, ces petits fonctionnaires de l‘indignité française. Tous ces pourvoyeurs de la petite France. Ces fourvoyeurs du bel esprit français. Ces faux monnayeurs avec une patente. Tous ces épatants rentiers de la déchéance. Tous ces bailleurs de fonds qui nous ont endormis à tour de rôle. Tous ces faux veilleurs pour mauvais coucheurs, tous ces faux rôles. Tous ces enrôlements de maniganceurs. Tous ces petits drôles qui nous ont mis dedans. On est dans la France. On plonge tout au fond. Triste mine. Et ça descend pendant longtemps. Ça déchéant. C’est la dèche à pic. Il faudrait rebaptiser la France. Ne m’appelez plus jamais France. Appelez-moi plutôt la Dèche. Le Déchet-France. Puis appelez-moi la Drance, tant qu’on y est. Qui coule sous nous, sans transparence. La fange, ou la Fréance. C’est franchement rance. On n’a pas beaucoup de chance. Que des déchets qui dansent. C’est une chanson que l’on fredonne. On la déchante à tue-tête. On se paye ainsi notre fiole. Tant pis pour nous. On est les déchanteurs français. Et on écrit chaque jour la déchanson. Celle qui nous chante la déchéance de la France au quotidien. Le quotidien sans pain, sans vin et sans boursin. On mettrait ça en musique. Sur l’air du manque de chance hexagonal. On déchanterait ça, comme les sept nains. Sur l’air de : Eh oh, eh oh, on rentre du boulot. Les déchéants français rentreraient dans la danse. Ou plutôt la décadanse. Eh oh, eh oh, on n’a d’jà plus de boulot. A chaque décade on y déchante. Eh oh, eh oh, on n’a guère plus de chance. On rentre en déchéance en déchantant français. On déchanterait par tous les temps de la France. Sous une pluie française nous déchanterons. Car seule la pluie en France est battante. Mais sous le soleil tout pareillement. On déchéanterait. Sous la déchéance, exactement. Pas n’importe où, pas n’importe quand. Mais dans la France. Dans tout ce pays ratiboisé. Comme des bêtes bonnes à tuer, on déchanterait. Déchus français nous étions déjà, bien avant la déchéance nouvelle. La nouvelle chance d’encore déchoir, dans ce petit pays enfoncé. Tous ce peuple engoncé dans le trou perdu français. Le temps d’où tout ça chu. Dans un mouvement de recul. Et sans rétroviseur. La France déjà bien embourbée. Pays perclus de malchance. Petit véhicule sans gouvernance. Voiturette à nul volant. Un wagonnet pas sur ses rails. Une brouette qui dévale les pentes. Un chariot. Un fardier à mariole. Une vraie civière la France. Une sorte de cahute, avec des apatrides dedans. Un déchéancier, ouvert à tous les vents. Sans guère plus de résistance. Qui n’en veut maintenant de cette France ? Qui n’en a besoin, hein ? pour construire plein d’endormissements. Qui n’en a pas plein les fouilles de toute cette déchéance ? Avec des camps d’entrainement. Et des camps exterminant. Des militaires déterminés et des pauvres gueux minés. Des militants de tous pays déchus. Faire marcher la déchéance au pas. Au pas de charge toutes les télés dans les lotissements de la France. La déchéance avance depuis combien de temps en silence ? Tous à dégoiser du haineux patriotant. Tous crapotants. Tout ça qui rampe en France. Et qui aboie. Comme des chiens, quand la caravane poisse. Le caravansérail. La caverne d’Ali baba. Les quarante petits voleurs. Les mille et une grandes nuits. Les belles fantaisies. Les raconteries. Les chansonnettes et les historiettes. Les bidonnements. Les chatouillettes. Les pieds de nez et les babouches. Les grimaces et les farandoles. Les tissus de couleur et les mystères. Les pétards et les allumettes. Le feu de joie et la guitare. Et nos dents en or. Nos mâchoires qui chantent, prêtes à mordre.