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Gesticulations Dictaphonées Frac Franche-Comté / Cité des arts Besançon
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Photo Paloma Dethel

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tourner bourrique

Je ne suis plus moi. Ou bien je n'y suis plus. Ça me ressemble. De plus être moi c'est tout à fait lui. On n'en sort pas. On sort pas de soi. Que très rarement. Pour faire ses petits. On sort des morts de soi. Puis après on revient. On revient à soi comme on revient de rien. Et c’est là qu’ils disent qu’il est revenu à lui. On a cru le perdre. Ne le laissez jamais seul. Il ferait des bêtises. Déjà il a fait la bêtise de se trouver dedans. On ne sait même pas dans quels dedans il a traîné. Ce fut un dédale de dedans. Avec des détournements de droit à lui-même. Car il n’avait pas tous les crédits pour faire fonctionner le bazar. À moins que ça ne soit des clés. En tout cas il souffrait d’un manque d’autorisation. À qui fallait-il montrer patte blanche dans ce cas précis. C’est ce qu’on s’est tous demandé. Car à ce moment-là on a trouvé qu’ils abusaient. À ce moment précis quelqu’un a lancé C’est fort de café. Et puis il s’est tu. Personne n’a renchérit. Même celui qui se trouvait le plus sur la brêche. On attendait tous le responsable. Qui donc avait la responsabilité des clés. Qui doit éteindre toutes les loupiotes en partant. Il faudrait organiser une réunion pour faire le point. On ne sait pas qui est vraiment responsable là-dedans. Il va falloir faire tomber des têtes mais ça ne sera pas du tout une mince affaire. Il va falloir remonter les manches se dit-il. Ou c’est un autre qui a pris la parole. Peut-être sont-ils maintenant plusieurs à s’insurger. Il a suffit que quelqu’un fasse un bruit. Car c’est ça qui se passe en général. Quelqu’un fait à un moment donné du bruit. Et quelqu’un d’autre l’entend. C’est vraiment une particularité de chez nous ça. Partout où vous pouvez vous promener vous pourrez constater que le monde est bruyant. C’est sa richesse. Il faut que ça croasse ou que ça blablatte. Il y aura toujours quelqu’un pour répondre. Et répondre c’est pas forcément parler à l’autre ou lui siffler un certain air. C’est partir en se taisant aussi. Car il n’y a rien de pire que le taiseux dans tout ce monde de bruit. Ce monde de brute de bruit est le pire des mondes de taiseux également. Ça va de pair. Ils vont par deux les taiseux. Ils sont muets à l’unisson. même s’il y a le taiseux bruyant et le bruyant capable de se taire. Il y a le papotant et il y a le papotaire. Celui qui papote pour qu’au fond tout soit rendu au plus taiseux. Que toute parole soit mise en terre. Qu’on en finisse avec tous les faux bruits. Car au fond il a toujours été seul. Le reste du monde étant une sorte de gargouillement de lui-même. C’est ce qu’il se dit parfois. Pour ne pas tourner bourrique.

bientôt au Frac Bourgogne un vinyle avec les sons de la route. Sortie prévue en septembre.

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jésus le dactylo

jésus tous les midis regarde la petite maison dans la prairie avec sa maman et son papa, après avoir mangé son papa est assis dans le fond de la pièce avec le chat et jésus écoute avec son casque un disque de rock près de la fenêtre qui donne sur le jardin et regarde en même temps la petite maison dans la prairie et souvent sa maman et lui se mettent à pleurer à la fin de l’épisode et puis c’est l’heure de repartir à l’école, la maman de jésus prend alors la renault cinq et conduit jésus à l’immaculée conception où jésus apprend à taper à la machine à écrire et faire de la sténo, car jésus est plutôt bon en français alors il avait dit au conseiller d’orientation qu’il écrivait des chansons et aimait la poésie du coup le conseiller d’orientation lui a conseillé de faire de la comptabilité, jésus fait donc un cap agent administratif et informatique, c’est les tout débuts de l’informatique il faut taper des boucles avec goto et run mais jésus préfére ne pas étudier ou alors juste la machine à écrire pour qu’il puisse taper des dix doigts ses chansons et poèmes, tous les midis jésus repart dans la renault cinq de sa maman qui le conduit sans parler jusqu’à son village natal, la maman de jésus semble conduire sans réfléchir parfois elle ouvre la bouche en grand et fait des gestes comme si elle avait engagé une conversation avec une personne devant elle et à la fin de sa discussion elle se trompe souvent de pédales c’est sans doute pour cela que la plupart du temps elle a le pied gauche enfoncé sur l’embrayage, ensuite ils arrivent à la maison tandis que le papa de jésus botte les asperges dans le jardin et le chat court entre les haricots puis la maman de jésus lui donne un seau et jésus doit cueillir les haricots et les écosser puis il monte un peu dans sa chambre il se regarde dans le miroir tout rond puis s’assied sur son lit et prend son cahier rouge et continue à écrire sa chanson cold wave qui commence par jeune homme inconscient c’est l’appel aux funérailles de tes glauques années sur ces horizons flous et pendant que tu vogues étranger sur les rails le couperet tombe sur ces étés si doux.