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Dehors Jésus !

Il fait un beau soleil. Jésus se dit ça y est ! c’est le printemps ! Ça se sent quand c’est le printemps ; on sent qu’il y a ce beau temps qui s’étale pleinement dans les rues ! Jésus aime se promener dans les rues quand il fait beau. Même quand il pleut il aime aller dans les rues, Jésus. Mais là, c’est le beau temps. Un temps magnifique, comme il y en a parfois en mars. Seulement cette fois il s’y promène pas Jésus. Il est malade. Il est pas dans la rue. C’est rare les gens qui vont dans la rue, même quand il fait beau, se dit Jésus. C’est dommage de pas fréquenter les rues, car moi je fréquente les rues, se dit Jésus. Mais les gens, en général, ils aiment pas les rues, même par beau temps ! Ils disent qu’il fait beau, mais c’est pas pour autant qu’ils sortent dehors ! Peut-être à la veille de leur mort ils sortiront, se dit Jésus. Quand ils seront quasi rétamés ; c’est là qu’ils voudront descendre dans la rue. Quand ils seront à l’article de la mort, c’est là qu’ils aimeront aller prendre le soleil ! Eh ben il sera bien trop tard ! s’exclame Jésus. C’est vrai quoi ! Lui aussi, il s’est déjà vu à l’article de la mort ; il s’est déjà dit Si je suis malade, bien malade, malade à en crever, malade à plus bouger du lit, c’est là que je regretterais la vie dans les rues ! La vie quand il fait beau et qu’on se promène au bras d’une femme ! Car c’est encore mieux au bras d’une femme se dit Jésus ! c’est encore mieux quand c’est pour aller se pelotonner contre une femme en marchant dans les rues. Mais parfois les gens n’aiment pas ça ! Ils aiment pas que les couples se serrent ! Ils aiment pas voir l’homme se pelotonner contre la femme ! Ils aiment pas les gens, ils aiment pas non plus quand les couples ça s’embrasse, en plein dans la rue ! Ça non ils aiment décidemment pas ça les gens ! Et encore moins quand ça rentre dans les bars. A la rigueur aux terrasse de café. Jésus se verrait bien à une terrasse de café à l’instant même ; il se verrait bien commander un bon demie, un demie de bière s’il vous plaît ! il serait à une terrasse de café et il commanderait sa petite bière et il serait heureux comme un pape le Jésus ! Il attendrait une femme. Ça serait une toute nouvelle femme, qui viendrait comme ça, comme le beau temps ; il l’a connaîtrait depuis peu et ils se verraient pour les premières fois aux terrasses de cafés et ils s’embrasseraient. Jésus vivrait bien ça aujourd’hui ; aujourd’hui qu’il fait beau comme un sou neuf. Aujourd’hui il se verrait bien comme un beau jeune homme à une terrasse de café. Il serait plus si jeune mais ce jour-là il aurait l’air jeune. Et puis la femme qu’il rencontrerait elle lui dirait qu’il fait encore jeune. En tout cas il fait pas son âge le Jésus ! il a pas l’air d’avoir cinquante ans. Pas tout à fait cinquante, d’ailleurs. Il en a peut-être quarante-cinq à tout casser ? Et la femme lui dirait qu’il peut pas vieillir, avec les yeux qu’il a. Il a des yeux tout bleus le Jésus. Un peu de vert quand même.  Mais quand on regarde vite fait, on se dit qu’ils sont bleus clairs. Et la femme qu’il aurait rencontré lui avait dit que ça conservait d’avoir des yeux pareils ! Les yeux bleus ça conserve, lui aurait dit la femme ! En effet, ça doit être dû à mes yeux que je vieillis pas trop mal, se dit Jésus. Mais là, pas moyen de décamper de cette turne. J’irai bien dehors voir cette femme, aller dans ce café, m’asseoir à une terrasse, mais j’ai trop mal, suis trop fatigué ; il fait tout sombre ici alors que dehors il fait si beau ! Dehors on serait là à s’embrasser avec la femme, on irait dans les bars et on se ferait même virer parfois. Il y a des patrons de bars qui n’aiment pas qu’on s’embrasse. En France surtout. En Belgique moins ; ils aiment bien les amoureux chez les Belges. En France, y a que là que ça peut lui arriver à Jésus, avec une femme. Ils seraient fous amoureux, alors ils se seraient retrouvés dans une rue. Ça aurait pu être n’importe quelle rue en France, la femme serait arrivée en covoiturage. Ils se seraient retrouvés dans une rue, une rue un peu crade et très animée, il ferait un peu beau mais sans plus. Peu importe qu’il fasse beau se dit Jésus ! Peu importe qu’il y ait du monde ou pas, quand on est amoureux ! On se fout de la rue où on est, de la ville où on se trouve, le pays même ! On se fout pas mal de savoir s’il pleut ou s’il fait beau ! On pourrait être dans n’importe quel endroit et du coup on serait allés dans un bar, n’importe lequel ! Celui-ci s’appellerait La France. Tout un programme ! se dit Jésus. On rentrerait là-dedans, on s’accouderait au comptoir du bar et on s’embrasserait goulûment ! Une vraie soupe de langue ! On n’a que ça à faire quand on s’aime comme des fous, se dit Jésus. Peu importe l’endroit où qu’on se trouve ! Peu importe les gens, on pourrait même se trouver dans un endroit très moche, on le verrait même pas ! ils pourraient nous balancer toute la musique nulle qu’ils savent mettre, on y entendrait rien ! On serait totalement concentrés à s’embrasser, comme dans ce bar La France. Dans ce bistrot, le patron le couple l’entend grommeler et tout à coup ils le verraient disparaître dans l’arrière fond, à la cuisine, pour parler à un type. Un type avec une sale gueule pas possible apparaîtrait, se dit Jésus, il arriverait dans le comptoir et regarderait les amoureux : On s’embrasse pas ici ! Vous payez vos consommations et vous déguerpissez, qu’il dirait le type à la sale gueule ! Vous aimez pas l’amour ? lui dirait Jésus. Non ! On n’aime pas l’amour ici ! auraient rétorqué en chœur le type à la sale gueule et le patron du bar. On n’aime pas ça l’amour, c’est dégueulasse ! Allez voir ailleurs ! Cassez vous ! Et alors l’amoureuse voudrait partir de La France sans payer. Mais lui Jésus il raque, même si on l’engueule. Jamais de café ou de restaurant basket avec son amoureuse le Jésus ! Il préfère toujours payer l’addition ! On en vivrait de ces trucs si je me décidais à sortir, se dit Jésus. Mais même si j’avais envie de prendre le frais, ça me serait bien impossible. Je ne peux pas bouger de mon lit, je vois par le vasistas que dehors il fait beau à crever. Pourquoi on prend pas l’air plus que ça quand on est bien portant ? se demande Jésus. Pourquoi faut-il que les gens s’enferment, qu’ils aillent au bureau, qu’ils s’enferment chez eux, dans leur bagnole ou dans leur bureau. Il faut tout le temps que ça reste enfermé, se dit Jésus.

 

Mais Jésus a la crève. C’est pas tous les jours que j’ai la crève. C’est une crève du jour, c’est tout. Ça va pas durer se dit Jésus. Quand j’irai mieux, je foutrai le camp dehors. Ras le bol de cette turne, avec l’autre en dessous complètement toqué. Il a d’ailleurs le syndrome du TOC, Trouble obsessionnel Compulsif, il referme sa porte une cinquantaine de fois avant de partir au travail. Il claque la porte cinquante fois et Jésus ça lui porte sur les nerfs !  Souvent Jésus, pour que le toqué arrête son ramdam, il ouvre brusquement la porte comme s’il descendait et alors le toqué cesse de suite et se sauve dans les escaliers. Il y a aussi l’autre voisin qui a l’air complètement dingo, il vit avec son père et remplace une noire qui a déménagé avec le vélo à Jésus. Elle lui a embraqué son vélo la salope ! Jésus a du mal à avoir confiance en tous ces dingues, alors il regarde par la fenêtre pour se changer les idées et là il voit tous les étudiants débouler depuis le métro. Il y a une fac de droit pas loin alors toutes les nénettes empruntent le chemin qui passe sous sa fenêtre. En plus au printemps ça se découvre joliment se dit Jésus ! Là j’oublie tous mes jobards, comme celui qui brûle mon courrier ! Il y a aussi les voisins au-dessus de chez lui, qui lui ont envoyé les flics. Faut dire Jésus avait pas entendu le voisin buquer à sa porte. Jésus dit souvent buquer au lieu de dire cogner. Ça lui vient de sa mère. Elle s’appelle Ludivine. Quand il était petit Jésus sa mère disait tout le temps qu’on l’appelait Ludivine à cause de la chanson : Il est né Ludivine enfant. Il a jamais compris pourquoi quand elle disait ça elle rigolait après comme un bossu. Elle se foutait de sa poire à Jésus Ludivine. Comme le jour où il a dit à un voisin que sa sœur déménageait. Ça a fait rire Ludivine. Elle se foutait ouvertement de sa poire, car pour elle déménager ça voulait dire qu’elle était folle. D’ailleurs elle le répétait à sa sœur et sa sœur elle ne rigolait pas. Elle pensait que Jésus avait dit ça exprès au voisin pour lui dire qu’elle était vraiment folle. Il faut dire qu’elle est un peu ch’tarbée la sœur de Jésus. L’autre fois son fils grimpe quatre à quatre les marches de la maison de Ludivine et arrivé en haut l’enfant se met à cracher sur la gueule à Jésus qui se trouvait face à lui et avec une pote. Il a souvent des potes qui l’appelle Jésus et Ludivine lui demande toujours qui c’est. Souvent elle veut lui ouvrir ses lettres alors il faut qu’il planque sa correspondance, mais Ludivine arrive sûrement à lire son courrier ainsi que ses poèmes. Un jour qu’il habitait plus chez sa mère, Ludivine lui dit devant sa nouvelle pote : Qu’est-ce que je fais de tes poèmes, je les jette ? Il est resté tout confus le Jésus. Donc le jour où le morveux crache sur sa face Jésus voit arriver sa sœur folasse dans l’escalier et attrape son fils avant que Jésus ne puisse dire un mot ou tendre l’autre face. Depuis il a plus de nouvelles de sa sœur, qui vit avec son fils, elle lui paye tout, ses clopes et lui il fait toute la nuit des jeux sur internet, le matin la mère arrive avec les clopes dans l’appartement qu’elle lui a payé avec son ex-mari qui s’appelle Jean-Marie et qui est comptable dans une société de vacances à la montagne. Jésus irait bien à la montagne. Il irait bien à la mer aussi. En tout cas il aimerait déjà se dégourdir les jambes, et pourquoi pas dans une ville du Sud après tout ? Une ville en bord de mer, une grosse ville bien grouillante, c’est là qu’il se verrait marcher.

Vous allez crever. Tenez-le vous pour dit : vous allez crever. N’importe qui que vous croiserez aujourd’hui ou demain, il va crever lui aussi. Tous ceux que vous voyez, tous ces jeunes là que vous regardez quand ils passent devant votre personne, vous les trouvez tout jeunes et tout frais, eh bien ils vont vieillir et crever. Et tous ces vieux, ils vont vieillir encore plus. Ils vont se ratatiner encore plus et vous verrez, tous ces gens vont crever. Tous, sans exception, souvenez-vous de telle vedette de télévision, qui était jeune et maintenant est centenaire, ou souvenez-vous de ce jeune en terminale qui est mort d’une maladie incurable, tous les gens de sa classe sont vieux ou morts aujourd’hui. Il avait environ six ans de plus que vous. Vous à cette époque vous étiez un enfant, mais lui il vous paraissait un adulte, pourtant c’est un type qui était un enfant, il avait presque 18 ans et vous vous en aviez 11, mais maintenant que vous êtes vieux lui il serait vieux comme vous, et tous les gens de sa classe sont vieux, et sans doute morts pour certains, et ces filles que vous avez connues, elles étaient jeunes, maintenant certaines vous feraient fuir, elles sont laides et vieilles et certaines sont peut-être mortes, en tout cas des garçons sont morts et ensuite d’autres des plus jeunes sont arrivés et ont pris d’assaut toutes ces classes puis ils ont vieillis puis certains sont tombés comme des mouches. Vous allez tous crever, et vous allez vieillir avant tout, et vous deviendrez comme ceux qui étaient là avant vous et que vous trouviez vieux, vous les trouviez vieux parce qu’ils étaient non seulement âgés mais parce qu’ils étaient lents et pas drôles, ils étaient autoritaires et jamais ils ne souriaient, ou alors ils étaient cyniques, ils étaient calculateurs et pragmatiques, ils utilisaient peu de mots et tournaient en rond dans leurs faibles pensées, vous les avez maintenant remplacés tous ces croulants, et vous faites la même choses, vous n’usez pas trop vos phrases, vous ne disputez pas tous les jours un challenge pour devenir moins bêtes, vous ne remettez plus rien en question, votre devenir est mortel, est une tombe, vous désirez crouler, mais vous faites du sport, vous faites de la marche, seulement vous devriez juste vous claquer la tête contre les murs, ça c’est du sport que vous devriez faire, comme vous faisiez à l’époque, car à l’époque en sixième ou en terminale il y avait tous ces murs et ils sont toujours là, vous devez rire tous les jours, vous devez vous extraire de votre tas où vous pensez avoir l’air de tout contrôler, vous contrôler rien, vous allez crever, tous les jours dites-vous bien que cet élégant jeune homme, que ce directeur élancé, que cette femme maquillée et fraîche, tout ça va vite tomber en décrépitude, la vie fait de vous un décrépi si vous ne réagissez pas, si vous ne vous révoltez pas tous les jours, mais tous les jours sont des nouveaux jours, en tout cas ils semblent être nouveau alors qu’ils rallongent, qu’ils raccourcissent, qu’ils s’entassent et vous dedans, vous n’êtes pas dans votre bon jour, c’est jamais le bon jour pour tout remettre en plan, redevenez cet enfant, bien sûr lui il est mort, bien sûr vous allez crever, raison de plus pour redevenir ce futur mort à l’haleine fraiche. Ce vieillard que vous avez croisé tout à l’heure dans la rue, sachez que c’est le même jeune homme sautillant que vous avez vu dans la rue durant votre plus tendre enfance, celui-ci qui vous a conduit en moto, il avait fier allure avec son casque et son blouson en cuir, maintenant il avance avec un déambulateur, allez le voir si vous ne me croyez pas, tous ceux que vous avez croisé ont vieilli et beaucoup sont déjà morts, c’est maintenant à vous de vieillir et vous voyez ces jeunes et vous les trouvez trop jeunes, vous avez l’impression que jamais ils ne seront ni des femmes ni des hommes, c’est vous la femme ou l’homme et pourtant pour eux vous êtes déjà dans la tombe, vous ressemblez  à rien, pour eux vous êtes un homme mort et vos souvenirs, votre vie n’a aucun intérêt pour eux. Car eux ils poussent, ils sont dans la vie, ils ne s’interrogent pas un instant sur le temps qui passe, car le temps passe sans cesse et cent ans c’est rien du tout finalement. Mille ans c’est une blague à l’échelle humaine, Jésus arrive il y a deux mille ans et quelques, alors que tout a déjà été dit et fait, Jésus arrive dans la vie des vivants avec tous ces vieillards qui savent tout et lui qui pousse comme un jeune, qui croit savoir tout de la vie alors qu’il y a deux cent cinquante millions d’années de pauvres vivants sont morts par centaines de millions et que tous ces vivants là ont pourtant poussé pendant des milliers d’années et que par la suite il y aura des paradis terrestres qui dureront des milliers d’années également avec des forêts qui recouvreront entièrement les terres puis ce sera encore la mort. La vie est à pied d’œuvre, elle lutte depuis des millions d’années mais vous vous n’allez pas faire long feu dans ce long cortège, il vaut mieux vous préparer à laisser place à l’autre, c’est-à-dire à votre prochain aurait dit Jésus. Mais Jésus n’a rien dit de tout ça, Jésus ne pensait à rien. Il marchait, c’est tout. Il marchait dans les rues et il faisait soleil. On a tous connu ça, les jours ensoleillé où on peut marcher sans savoir où on va.

Jésus était dans la ville. Il faisait chaud, les rues étaient sales, il marchait sans arrêt, jésus tournait sans savoir où il allait exactement. Il n’avait rien fait de spécial aujourd’hui Jésus, il marchait depuis un moment dans cette ville au bord de la mer. Il cherchait sans doute quelque chose, il avançait tête baissée, on aurait dit qu’il était dans ses pensées. Il tournait il tournait, prenait n’importe quelle rue, pourvu qu’elle soit petite, mais il aimait aussi les grandes, il trouvait cependant que dans les grandes ce n’était pas facile de se déplacer, dans les plus petites encore moins cela dit, se disait Jésus, il n’est jamais facile de se déplacer, il y a toujours des marchands, des déplacements autres, des encombrements de toutes sortes, quels genres d’encombrements ? ça n’importait pas, Jésus ne regardait rien, il était dans sa tête comme on dit, il ne levait jamais les yeux au ciel, il s’en foutait du ciel, quel temps il fait, où est-ce qu’on va, ça ne l’importait pas, il ne regardait jamais l’architecture non plus, pourquoi se soucier des immeubles ? se demandait Jésus. Moi je suis un bougeant, je suis un marcheur, et pas un marchand, les marchands sont maintenant des sédentaires, ils ont leur place, ce sont des assis, moi je continue à rentrer dans l’air, je marche sans savoir, je défie les lois. Jésus aurait voulu tout renouveler, car tout était à redéfinir, il fallait changer tout ça, toute cette ville, il pensait Jésus, qu’en tournant sans cesse dans cette ville, il finirait par changer quelque chose au bruit de la ville, ou alors à ses odeurs, à ses manières de parler, de se déplacer, il changerait la lumière ou la nuit de la ville, il ne sait pas ce qu’il changerait en premier, mais lui déjà il avait changé, ça allait beaucoup mieux, son docteur lui avait dit qu’il fallait faire de la marche, alors il ne s’était pas fait prier ! allons-y, marchons, advienne que pourra ! jésus croit en sa bonne étoile. Il croit, c’est tout. C’est-à-dire qu’il marche.

 

Je suis bien dit jésus, l'euphorie le gagne , ce n'est pas bon cependant, il faut se garder d’être euphorique, il faut raison garder, à chaque fois que je suis euphorique ça me retombe dessus, tout le corps l'âme, tout me retombe en travers, je suis après comme un zombie d'avoir trop jouit librement de mon état, je suis dans la rue je suis libre, je suis dans un état libre mais il me faut ne pas être totalement euphorique et calmer mon enthousiasme, le risque d'insurrection est plutôt moyen ces jours-ci, ma propre insurrection déjà, je veux dire : ma volonté de dépassement, ma révolte, il faut plutôt voir les choses au rabais malgré l'enthousiasme qui nous gagne dit Jésus, le risque d'insurrection tend même à fléchir, alors que je suis apparemment totalement révolté contre moi même, mais il faut raison garder, car la chute est à venir, nous n'avons bien souvent que des promesses de chutes, dit Jésus. L'euphorie, c'est sentir tous les possibles du corps et de l'âme. Toute la possibilité et se mêler à l'air ambiant. Être une ambiance, plutôt qu'un fait. L'euphorie doit rester anodine, pour passer inaperçu face a moi même et cette volonté indécrottable de s'abattre, en chute libre dans les commentaires de tous, les fameux élans communs.

Vous allez mourir, c’est ça qui vous tient aux tripes, c’est ça qui fait que le monde avance. Car le monde se meurt lui aussi, inexorablement. Il meurt de ne pas savoir où il va. On ne sait pas où ça va car on n’a pas assez étudié combien c’était mal parti ; et bien des fois c’est mal parti pour nous les êtres vivants, mais aussi pour le reste c’était sans doute mal parti, c’est d’ailleurs en mal partance un peu partout, car un peu partout ils vont de mal en pis, les vivants et les autres, tous les autres même ceux qu’on ne connait pas et qui nous traverse chaque jour.

Jésus ne s’est jamais dit à lui-même qu’il vivait. Jésus ne se l’est jamais dit en face en tout cas. Bien bien en face, en se regardant dans la glace, Jésus n’a jamais fait ça. Il ne s’est jamais regardé dans la glace en se disant : Je vis. En lui, Jésus pouvait se le dire, à la rigueur, et encore pas souvent. Il ne se rappelle plus quand il a pu s’avouer, en lui-même, qu’il vivait. Mais même s’il se l’était dit en lui-même, tout au fond, il aurait l’impression que ça comptais pas vraiment, car il fallait que Jésus se regarde dans la glace pour se le dire. Que Jésus se dise, Alors Ducon ! Toujours en vie ? Toujours présent, Ducon ? Sur le pont des vivants, hein, mon brave ! Fallait que Jésus se regarde bien dans les yeux, dans les yeux à Ducon, pour savoir si vraiment il était là, présent, face à Ducon. Savoir si vraiment c’était à lui-même que Jésus parlait, où juste à Ducon qui sait pas qu’il est vivant. Savoir si c’était lui ou si Jésus parlait à un Ducon inconnu. Un Ducon quelconque planté là. Tout le monde se voit dans la glace et dit bonjour à Ducon, mais il voit pas Ducon. Il croit voir un type bien, mais il se regarde pas vraiment, dans le sens qu’il se balance pas les quatre vérités dans la gueule tous les chaque matins. Alors Ducon ? t’écoute toujours ce que j’te dis oui ou merde ? T’es toujours là, Ducon ? Allo ? Y a quelqu’un ?, gueule Jésus au miroir. Ici, c’est tête de nœud ! T’as pas raccroché au moins ? Hein ! Parce que j’te parle là ! Jésus voudrait parler à tête de nœud s’il vous plaît ! Jésus est-il bien en conversation avec toi espèce de neuneu ? Donc, c’était pour savoir si t’était toujours ok pour avancer Mon Pote. C’est comme ça que Jésus s’appelle parfois. Il s’appelle Mon Pote. Jésus se fout mentalement une claque dans le dos quand il voit Mon Pote dans la glace de la salle de bains. Alors le boss ! on s’la coule douce hein ! Ça sent pas la sueur, ici ! Je me trompe peut-être ? Jésus se dit ça en me regardant droit dans les yeux. Tu vas pas m’dire que c’est l’palais de la sueur dans ta life mon pote, gueule-t-il à la glace de la salle de bains ! Eh ! Touche à ta life mon pote ! Touche à ta life, qu’il se dit ! Mêle-toi d’tes fesses, le neuneu ! Et tout ira pour le mieux ! Aujourd’hui j’ai décidé de pas aller me coucher, dit Jésus à Mon Pote. Jésus s’est regardé suffisamment longtemps pour connaître les intentions du bonhomme Mon pote. Aujourd’hui, Monsieur a décidé de ne pas se vautrer dans son plumard ! Comme Monsieur voudra. C’est Monsieur qui décide ! Parfois Jésus s’appelle comme ça aussi. Il s’appelle Monsieur, pour montrer un peu qu’il se prend, parfois, un tantinet de haut. Monsieur est toujours vivant ? oui ? non ? Si Monsieur veut bien se donner la peine de vivre ! hein ! La vie de Monsieur est avancé, Monsieur. Faut en faire des salamalecs avec Monsieur ! Monsieur par-ci, Monsieur par-là ! Monsieur a été un peu fort de café ce matin, devant la glace de la salle de bains ! Monsieur compte se raviser ou il continue ? Jésus ne voudrait pas dire, mais Monsieur devrait un peu se retenir, s’il veut entretenir avec lui-même de bonnes et durables relations. C’est comme ça que les messieurs et aussi les mesdames font la plupart du temps Monsieur. Elles se la bouclent ! Elle ferment un tantinet le clapet de la madame ou du monsieur, Monsieur !

L’insurrection je la laisse à d’autres, ce n’est pas pour moi. L’insurrection n’est pas moi. Je suis quelqu’un d’autre, je n’ai pas l’ambition de mêler mon sang à tout ça, je me démêle déjà avec moi-même, je suis tout emmêlé, il faut déjà se dépatouiller avec son histoire, enlever les fils, ce n’est pas égoïste, c’est qu’il y a vraiment un problème avec la naissance déjà, et puis à se demander quel âge on a réellement, on se le demande aussi, j’ai connu un homme qui se prétendait avoir quatre ans, j’ai lu quelques-uns de ses livres, ce n’était pas pourtant les écrits d’un bout d’homme, ça bouillait à l’intérieur, c’était incandescent, furieux, il fallait continuer à le suivre, malgré ses quatre ans ça filait droit, moi je n’irai pas jusque là, ça filera comme ça pourra, et puis j’écrirai mes livres plus tard, à la fin de l’enfance, à mes dix ans bien sonnés. Cela dit, dit Jésus, il faudrait que je me replonge dans ces écrits de cette enfance bien sonnée, car à vrai dire c’est plutôt un vrai sabir, un charabia incompréhensible cette enfance, on aurait honte de montrer ces brouillons innommables, dit Jésus, car c’est là qu’on a tout appris sans le savoir, que le savoir s’est instillé et qu’on a refait bruyamment  le siècle du haut de ses dix ans, un siècle entier qui nous attirait et qu’on lisait tout en le réécrivant à notre manière. On a ainsi connu tous les jeunes hommes qui traversaient les pays avec leurs glorieuses trouvailles, il a fallu lire leurs noms dans les dictionnaires pour s’en persuader. Tous ces gens qui portaient sur leur nom le devenir de l’art et de la vie. La mienne de vie, dit Jésus. Mon art à moi, où j’inventais des chiffres et des lettres, où j’étais le seul à déchiffrer les codes. Il faudrait laisser l’enfance se faire sans intervenir à aucun moment dans ce qui vient. L’insurrection qui nous vient c’est juste un retard dans l’accomplissement, c’est une revanche, pour se venger de ses absences, car au final on a toujours été totalement absent de soi-même, dit Jésus. C’est normal, car c’est à 10 ans que je naissais, ma première naissance voulue par moi-même. Il y en a eu d’autres, et puis je n’ai pas que mes naissances à porter, j’en porte d’autres, j’en chercher d’autres chez des gens comme moi, dit Jésus. Non pas des jésuites, je ne suis moi-même pas du tout un jésuite, pitié ! Je suis juste le nom d’un autre, avec ses moments propres à lui, ses propres moments de grâce, point final.

Je donne mon art à la science, dit Jésus. Quand mon art sera mort, je veux qu’on le découpe et qu’on l’étudie ! Qu’on le mette dans des sacs et qu'on l'emmène dans les facs, pour qu’on le manipule avec des doigts experts ! c’est ça que j’veux, dit Jésus ! Je veux que ça puisse servir à guérir des maladies humaines ! Quand mon art sera encore en train de fumer. Quand les poils de mon art seront encore en train de pousser, malgré sa mort clinique, artistique, j’veux qu’on puisse sauver l’humanité avec ! Ou tout au moins une petite ville, un quartier humain avec aussi les rats qui s'y cachent ! Pourquoi pas ? dit Jésus. Une ville est aussi faite de petits rats. Que mon art soit donc un rat de laboratoire, ou rien ! Et puis que ça soigne un pays, une ville ou ne serait-ce qu’une avenue. Que j’aie mon nom d’artiste ne serait-ce que dans une ruelle sombre, une voyette, un petit chemin humain qui pourra se prévenir ainsi contre toutes les mauvaises actions, dit Jésus. Que la médecine-artiste prélève ce qu’elle veut, une côte d’art, par exemple, ou une tranche de l’art et qu’elle puisse exploiter à bon escient pour ses contemporains, ou pour sa suite. Sa suite contemporaine déjà bien flippante, oui ! Qu’on puisse analyser des bouts d’art éparpillés ici ou là au microscope. Qu’on regarde de près avec des loupes, dit Jésus, ou des binoculaires ! Qu’on prenne les bonnes lunettes pour voir le pourrissement de cet art. Qu'on calcule tout ça à l'ampèremètre ! Qu'on dissèque bien mon art crevé à la plaque chauffante et au scalpel, pour ensuite guérir tous les malades ou pour donner un aperçu de l’art malade aux étudiants d’art et qu’ils se fassent la main-morale dessus ! Qu’ils puissent s’armer moralement à partir des restes de mon art ! Je livre mon art à la science pour qu’ils exposent ainsi le squelette d’une œuvre au vu et au su de tous et qu’on puisse faire le vaccin nécessaire, pour nous guérir une fois pour toute de la maladie ! Que les humains et tout ce qui s'y rapporte, les rats les cancrelats et les ovnis dans le ciel, ne soient plus malades grâce à mes œuvres pourries et mortes décomposées. Voilà mon testament, dit Jésus ! 

FOURRIENS OU RIEN !

Il y a les fouriéristes et les fouriens, les fouriens ont rien des fouriéristes, les fouriens ce serait comme dire les péguiens au lieu de dire les péguistes, car il y a une forte réaction péguiste que l'on connait, une réaction péguiste dont on connait tous ces membres et qui mangent au ratelier de la philo paternaliste, une forte réaction qui s'affirme péguiste et qui pourrait même se vanter d'être fouriériste, en tout cas nous faire croire en son progressisme alors qu'il ne s'agit que d'un mouvement réactionnaire, car la réaction veut trouver du sens partout, la réaction est dans les mots mêmes et en ce moment nous pouvons être soulagés et dire ouf, car pour le moment elle ni dans les fouriens ni dans les péguiens, ouf pour le moment la réaction se trouve partout ailleurs, du moment que le langage qui est sans cesse en quête de sens suive son petit penchant naturel, et tous ceux qui s’engagent dans le le petit penchant naturel du langage font du langagement, c’est-à-dire qu’ils désirent un langage porte flambeau du sens, ils veulent d’un langage qui révèle des vérités alors que les vérités ne sont pas dans le langagement, car à la vérité le langagement nous ment, il est un discours qui même s’il se dit de gauche, est un discours qui cherche le maître, et ceux qui veulent du discours maître cherchent le bâton, le bâton c’est le langagement qui est un maître-discours dont les fouriens se passent allègrement, car les fouriens savent bien qu’on ne peut utiliser le langagement pour faire des discours, c’est-à-dire actionner la pensée et lui donner un sens, faire que ce sens conduise vers les idées, les fouriens sont des artaldiens comme ils sont tout aussi péguiens, c’est-à-dire qu’ils pensent le réel au moyen des aphorismes et de la poésie, Artaud dit bien que les idées ne sont rien, que les institutions ne sont rien et que les passions retardent, vue que la pensée est sociétale et veut nécessairement fabrique du sens et au bout du sens les camps de concentration, même de gauche les utilitaristes de la langue nous conduisent au sens par le mensonge, les utilitaristes de la langue utilisent le sens pour parler de la révolution alors que le sens est le vecteur des crispations de leurs futures réaction, on le voit bien avec tous ces livres qui nous racontent combien il est nécessaire de se débarrasser des poètes soi disant accoquinés au pouvoir et aux artistes soi disant accoquinés à l’argent, en réalité c’est un discours purement réactionnaire car moraliste, tout discours demande le maître et cherche le bâton, tout langagement fait des appels du pied au futur maître qui a lui-même écrit ce discours, l’heure est aux petits maîtres et non aux fouriens, aux artistes et aux poètes.

Le dégout du langage, c’est à cela que nous sommes portés, à nous dégouter des belles formules, des nouveaux mots des pseudo scientifiques de l’internet, tout le monde relaye les informations et les nouveaux mots, le parler dégoute alors que la planète devrait être librement et constamment parcourue par de grandes bandes composées principalement de jeunes hommes et de jeunes femmes accompagnés d’adultes d’âge mûr passionnés d’aventure.

Jeudi 21 décembre, à 23 h, une émission d'Anne Montaron sur France Musique et un concert avec la Marmite infernale !

possibilité d'écouter l'émission ici

https://www.francemusique.fr/emissions/a-l-improviste/la-marmite-infernale-et-charles-pennequin-poete-performer-38814

ou même de regarder la video du concert (mais le montage de l'émission à la radio est très bien fait)

La Marmite infernale de l'ARFI, avec Charles Pennequin poète performer

Concert enregistré en public le 13 novembre 2017 à Radio France

L’opéra, voilà un nouveau défi pour la Marmite Infernale, l’orchestre de l’Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire.
Pourtant, des aventures, cet orchestre d’une dizaine de musiciens en a vécu : du concert traditionnel au ciné-concert et au spectacle. En prélude à ce projet ambitieux, la Marmite lyonnaise est venue improviser à la radio avec Charles Pennequin.

Sur la scène de notre studio, trois sets de batterie et percussions, une contrebasse, une basse électrique, un clavier et laptop, un violon, trois saxophones, un trombone, une trompette et une clarinette.
Je nomme là les instruments, mais ce sont les humains derrière les instruments qu’il faut évoquer car l’ARFI est un communauté, une famille.

arfi+pennequin

ne plus dire

Je fais des lectures

Je fais des perfs

Je fais des perfs-lectures

Ou des lectures-perfs

Je fais des poème-actions, je m'actionne

Et j'écris-tape

Je tape dans le lard de l'air, je m'escrime

À parler, je dansouille

Et me traverse et fais l'arsouille

Et me gesticule, m'éructe et me art-

icule et invective ainsi

Ma vie.

Relevé temporaire des contributions aux revues.

NOM DE LA REVUE

NUMERO

ANNEE

La Grappe

27

1992

La Grappe

28

1992

La grappe

29

1993

Java

11

1994

La Grappe

30

1994

La Grappe

31

1994

La Parole Vaine

3

1995

La Parole Vaine

8

1995

Action poétique

141

1996

Java

14

1996

La Grappe

35

1996

Nioques 

1.2

1996

Tombe tout court

1

1996

le Mensuel littéraire et poétique de Bruxelles

219

1996

Matières

2

1996

Fusées

1

1997

La Grappe

40

1997

Le Miracle tatoué

6

1997

Moue de veau

1036

1997

Prospectus

6

1997

Sapriphage

30

1997

TTC  

3

1997

TTC  

4

1997

le Mensuel littéraire et poétique de Bruxelles

231

1997

le Mensuel littéraire et poétique de Bruxelles

233

1997

Mou de veau "chien méchant"

1076

1998

Hygiène et santé

1

1998

L'art dégénéré (Al Dante)

1

1998

Le Corridor bleu

6

1998

Le Jardin Ouvrier

17

1998

Le Jardin Ouvrier

19

1998

Les Améthystes de Thyl

n° 5/6/7

1998

Ouste

1

1998

Poézi Prolétèr

2

1998

Prospectus

7

1998

Quaderno

1

1998

RR 

1.2

1998

Boxon

3

1998

TIJA

3

1998

Avis de Passage

1

1999

Facial

1

1999

Il Particolare

1

1999

Le Corridor bleu

7

1999

Le Jardin Ouvrier

21

1999

Boxon

4

1999

La Grappe

49

2000

L'Anthologie 2000

1

2000

Patate

1

2000

Le Corridor bleu

9

2000

Java

21-22

2001

Doc(k)s

25 à 28

2002

Ec/arts

3

2002

Ouste

11

2002

à quel titre?

1

2002

Psychopathia Sexualis

3

2003

Boxon

14

2003

Doc(k)s

34 à 38

2004

Java

25-26

2004

Proposta

(?)

2004

Boxon

17

2004

Boxon

15

2004

Patate

2

2005

Action poétique

179

2005

GPU 

0

2005

Java

27-28

2005

Stalker

8

2005

Du nerf

4

2006

Fusées

10

2006

GPU 

1

2006

QQ

1

2006

Du nerf

5

2007

Parade (Bx arts Tourcoing)

7

2007

La Res Poetica

(3 numéros)

2007

Enculer (fiction)

2

2007

Revue Espace

3

2007

CEPS 

2

2008

Doc(k)s

5 à 8 (série3)

2008

Du nerf

8

2008

Du nerf

7

2008

Du nerf

6

2008

Ouste

18

2008

Revue Internationale des Livres et des idées

3

2008

Gazette Armée noire

1

2008

Freak wave

1

2008

Anartiste

12

2008

La Journal (Arc Musée d'art Moderne Paris)

?

2008

Matière à Poésie

20

2008

Du nerf

9

2009

Ecrivain en série - Leo Scheer

1

2009

Il Particolare

21-22

2009

La Revue des gens bien et pas bien du tout

1

2009

Ce qui secret

1

2009

Armée noire

1

2010

Du nerf

10

2010

Overwritting 

1

2010

Poésure et Sculptrie

1

2010

Art et Anarchie

2

2011

Kluger hans

12

2011

Social-Traitre

10

2011

Boxon

26

2011

L'Intranquille

1

2011

Contre-Attaque

2

2011

Vermifuge

4

2011

Gare Maritime

(?)

2012

Ouste

20

2012

Revue Batarde

1

2012

Revue l'Assaut

2

2012

Art et Anarchie

4

2013

Doc(k)s

17 à 20

2013

Gruppen 

6

2013

Inferno

?

2013

Revue Batarde

2

2013

Europe

1024

2014

Grumeaux

4

2014

Gruppen 

9

2014

Pli

2

2014

Revue Espace

10

2014

Revue l'Assaut

5

2014

Pli

3

2014

Ouste

23

2015

Sous vide

3

2015

Ce qui secret

num en ligne

2015

Gruppen 

10

2015

Pli

4

2015

Inferno

6

2015

Bébé

1

2016

Europe

1045

2016

Frappa

1

2016

Pouest

1

2016

Résonance générale

8

2016

Revue Espace

13

2016

Gruppen 

11

2016

Armée noire

2

2016