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Pense à mes doigts

Pense à mes doigts qui te pressent. Pense à mes doigts qui pressent et dedans la pensée qui apaise. Ressens cette pression et dedans ce que ça dit lentement. Pense au temps très lent que véhicule les doigts. Pense au cheminement de la pensée à travers les doigts qui se posent sur toi. Pense à la main qui te presse et fait circuler les flux en toi pour t’apaiser. Pense à l’apaisement que procure mes doigts. Pense à ce qui coule en dedans et vient en toi. Pense à l’endormissement qui pense à travers eux. Pense que ça vient de loin. Pense que ça coule et chemine vers toi par la main et les doigts qui sont sur toi. Pense au long cheminement de ce qui se pense au-dedans. Pense à ces doigts qui véhiculent des flux pour t’endormir. Pense à ce que je pense et fais circuler dans mes doigts. Pense à cet endormissement très lourd. Pense qu’il vient de loin. Il a cheminé longtemps. Pense à ce sommeil qui a une longue route devant lui. Comme un marcheur qui parcours une très longue distance. Pense à ce sommeil qui te prend doucement à travers les flux que véhiculent les doigts qui se posent sur toi. Ils sont lourds. Il y a un long chemin encore à parcourir. Pense à ce sommeil comme un marcheur qui prend un petit sentier. Pense le sentier dans les mains et les doigts. Pense aux pieds du marcheur. Pense qu’il en a pour long avant d’arriver à son but. Pense que son but est un long sommeil profond et pénétrant. Pense à ce sommeil qui te pénètre doucement. Il y a ce marcheur qui est derrière une maison et face à un sentier qui longe la maison. Il en a pour longtemps avant d’arriver. Il a pris derrière la maison. Là où il y a de l’ombre. Il commence sa marche. Il prend par ce petit sentier qui longe aussi un champ de maïs. Ce ne sont pas encore de grands maïs. Il va continuer le long de la palissade et du champ de maïs puis il va arriver à une première rive. Puis il va monter un talus et marcher le long d’un champ labouré. Puis il y aura des barbelés qu’il va franchir. Il n’a pas fini de marcher. Il marche longuement et à pas lourds. Il a tout son temps. Il ne sait pas où est la fin. Il continue de marcher le long de plusieurs champs puis il arrive dans des pâtures. Ça sent la bouse de vache et les champignons. Il continue à fouler l’herbe. Les pâtures sont très grandes. On n’en voit pas le bout. Il continue de traverser plusieurs champs et plusieurs pâtures. Il descend sur une route. Elle est pavée et petite. Il la longe. Il va vers le pont. Il monte sur le pont puis il le redescend. Il repart dans un champ de blé jeune. Tout pousse doucement. Tout est jeune. La vie commence. Il continue d’avancer. Il continue sans s’arrêter. Il marche d’un pas lourd. Il n’est pas arrivé. Il va vers l’autre village. Il voit de loin un autre village encore. On n’entend rien. On arrive près de grands arbres. Il y a des arbres qui ont des troncs ouverts. Ils ont de très longues branches. Il se met dans le tronc de l’arbre. Puis il se relève. Il n’a pas le temps. Il faut repartir loin. Il faut atteindre l’horizon. Il faut marcher et prendre tous les sentiers. Tous les chemins au bord des champs. Toutes les routes. Il faut regarder la route. Il faut voir jusqu’où elle va. Il faut regarder cette longue route. Il faut marcher et regarder droit devant. Puis aussi pencher sa tête. Regarder la route. Penser à la route. Ne plus penser qu’à la route. Le mot route. Dire la route la route la route. Continuer longtemps, longtemps, longtemps. Dire la route, la route, la route. Longtemps, longtemps, longtemps. La route, la route, la route

LE PNEUQUE

LE PNEUQUE. Aujourd’hui il est facile de se faire du beurre. Aujourd’hui plus qu’hier les punks se font du beurre. Ils ne le volent même plus il se le font livrer. Une livre sterling de beurre demandent les punks aujourd’hui. Une petite livre sterling poivre et demi sel. Car les punks sont poivre et demi sel, ils l’affirment dans les journaux. Ce ne sont pas des journaux punks ce sont des journaux où on peut se faire du beurre. D’ailleurs ce sont des journaux télévisés et quoi de mieux pour un punk aujourd’hui de faire une pub sur le beurre dans la télé ? ça se tartine tout ce qui a pu se penser dans le mouvement punk, pardon : dans le mouvement beurré. Car le mouvement punk était un mouvement pour aller chercher sa p’tite bière et pour une livre tu pouvais commencer à te beurrer la tronche punkette et c’était plutôt pas des plus désagréables mais maintenant les punks poivre et demi sel préfèrent le beurre que voulez-vous ils disent, parler du beurre et se mettre un peu d’épinards sur la crête en parlant du mouvement beurre qui est le dernier mouvement avant la chute dans le ravin ils disent donc, parler du beurre c’est punk ! Ok Uk Ok ! tu aurais tout aussi bien pu, petit punk à la crête au beurre, tu aurais tout aussi bien, petit beurre crétiniais parler des pneus, faire la promotion du mouvement pneu, non ? tu aurais pu dire, par exemple, dans ta publicité à la télé : « pour un mouvement plus pneu ! » Et même, dans tu aurais pu, petit punk, parler du mouvement pneuque au lieu de faire un faux mouvement beurk ! Et même, tu aurais même pu l’orthographier « pneuk » ton mouvement (as-tu remarqué, petit punk, ou : pneuk, que dans mouvement il y a du mou et du ment ?

MOU

    VEUT

         MENT  

              PNEUK

                   Le pneuk ou pneuque (pour faire plus péquenaud ou pneuquenaud) est le mou-veut-ment du pneu

avec une crête molle pour tracer la route de vieux calebard du temps

No friture ! et vive le PNEUQUE ! disent les P

                                            N

                                           O

                                         U

                                        Q

Le pneuque bien gras roulant          U

sous les aisselles quel dé(c)lic  € !

$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$                            

Papi aime Dvorak

Papi aime dvorak, disait mamie, papi son disque préféré c’est dvorak, c’est ce que disait mamie, et fallait pas la contredire là-dessus, alors que pour ma part je n’ai jamais vu papi mettre un disque de dvorak et l’écouter, à la rigueur je l’ai vu écouter un disque de dvorak, comme ça, sans vraiment y prendre garde, mais ça ne veut pas vraiment dire que papi aimait dvorak, car c’est mamie qui mettait du dvorak et qui disait que c’était pour papi, car papi aime vraiment dvorak, donc il faut mettre dvorak pour faire plaisir à papi, car c’est son disque préféré, celui de la symphonie du nouveau monde, papi il écoute que ça ! d’ailleurs à part celui-là, à part ce disque préféré là, je vois vraiment pas ce qu’aimait papi comme musique, il n’en a jamais parlé, il n’a jamais dit aimer la musique, il n’est jamais venu auprès de moi pour m’avouer j’aime tel disque, j’aime tel ou tel musicien, tel compositeur, tout comme il n’a jamais dit qu’il aimait dvorak et sa symphonie du nouveau monde, c’est pour ça que quand mamie met du dvorak, ou plutôt qu’elle me force tel jour, à partir de je ne sais quel moment qui la pousserait à cette soudaine lubie de me faire mettre le disque de dvorak sur la chaîne, c’est parce que papi est là et que ça plaît certainement à mamie de se dire que papi aime dvorak et que parmi toutes ses compositions, parmi tous les enregistrements qui existent du compositeur, c’est la symphonie du nouveau monde qu’il préfère par dessus tout, d’ailleurs lui-même, papi, il n’a jamais contredit mamie, c’est comme si ça lui était totalement indifférent, tout ce que pouvait raconter mamie, ça semblait lui passer bien au-dessus, sauf qu’en aparté, parfois il pouvait dire des choses sur elle et se lâcher, d’ailleurs c’est bien un mot à papi ça, « aparté », il aimait bien les mots, il aimait s’en servir du moment que ce mot ne servirait à rien dans la phrase ou juste pour la faire un peu reluire inutilement, il plaçait par exemple le mot aparté ou purpurin bien en évidence dans une phrase, pour qu’on soit marqué essentiellement plus par le mot que par la signification totale de la phrase, pour purpurin par exemple il aimait le placer dans une phrase quelconque, ce qui souvent faisait que l’interlocuteur face à lui s’interrogeait, du coup papi enchérissait (encore un mot de papi ça) en vidant de sa bouche un chapelet de purpurins à la suite, il répétait ainsi plusieurs fois le mot et finissait par « un baiser de mes lèvres purpurines sur ton front purpurin », ce qui faisait toujours rire tout le monde, même mamie qui riait pour ne pas causer de déplaisir à celui qui l’entendait pour la première fois. Il aimait plaisanter avec le langage papi, mais tout ça ne portait pas à conséquence, il commentait parfois longtemps après une conversation familiale, il revenait sur le sujet alors que tout le monde parlait depuis belles lurettes de quelque chose d'autre, du coup peut-être que papi est intervenu sur la question de dvorak bien après avoir passé le disque et que j’ai manqué ainsi son avis de mélomane sur la question, mais ça m’étonnerait, car je n’ai jamais entendu papi émettre un avis musical quelconque, il n’approchait d’ailleurs même jamais du tourne-disque placé dans le salon, ni mamie d’ailleurs, elle ne s’approchait pas de l’appareil et ne parlait pratiquement jamais de musique, sauf pour me faire avaler que papi aimait ce disque vinyle par dessus tout, qu’il avait une passion dévorante pour la symphonie du nouveau monde et qu’il ne fallait jamais hésiter à poser le saphir sur ce disque qui avait une pochette marron, avec pour image une vieille carte de l’amérique, une carte de l’époque de christophe colomb sans doute, mamie n’écoutait jamais de musique pour elle seule, elle me disait juste de passer dvorak mais pas pour elle et pour le reste du temps c’est moi qui décidait ce qu’on allait écouter, du coup elle écoutait tout de même un peu tout et papi, lui, c’est comme s’il n’y avait pas de musique dans l’espace et même dans son espace intérieur, comme si la musique n’avait pas droit de cité entre ses oreilles ou dans sa tête, c’est comme si tout ça c’était superflu, en tout cas ça n’était pas pour lui, il était trop préoccupé avec les conversations familiales d’il y a une heure sans doute, et Mamie du coup, question musique, elle ne parlait pas forcément que de dvorak, elle parlait aussi de police, un jour mamie a même dit, quand on m’enterra je voudrai qu’on mette du police, je me demande même si elle n’a pas ajouté : à fond, le jour de mon enterrement je veux qu’on mette police à fond, et je lui ai demandé si elle ne voulait pas qu’on mette autre chose que police durant l’enterrement elle a dit non, on mettra police et c’est tout, je ne veux rien d’autre, et surtout pas de fleurs, ni fleurs ni couronnes, juste la musique de police à fond quand je serai morte a-t-elle insisté ce jour-là.

Tout ce qui nous parle (gesticulations, articulations & opinions)

Nous ne savons pas qui nous sommes, si nous le savions, nous exploserions, nous serions instantannément réduits en miettes, et ce serait une bonne nouvelle, car chaque miette de notre personne se démultiplierait et ferait de nous un explosif, quelqu’un qui explose dans du vivant à chaque instant, seulement nous ne voyons pas nous-même, nous ne voyons que l’ombre, l’ombre avance avant nous même, nous ne voyons qu’elle et pas nous dedans. Ça nous fait de l’ombre d’être nous-même.

L’ombre devrait apparaitre avant l’être que nous sommes et l’être que nous sommes devrait venir à la lumière, mais si l’être que nous sommes voit de la lumière, ça ne sera jamais pour l’être que nous sommes mais pour cette ombre de ce que nous sommes, l’ombre aspire la lumière, car de toute façon l’ombre de la lumière est venue avant la lumière même, et cela est du coup une bonne chose d’être une ombre, il faut alors être une ombre qui se sait, seulement l’ombre seule ne sait rien d’elle, il faut qu’elle avance vers l’autre, vers l’ombre de l’autre, il faut qu’elle devance son ombre avant l’ombre de l’autre, et on voit souvent venir l’autre, car on voit venir son ombre avant et lui après, on peut même lui faire son ombre à l’autre, c’est-à-dire qu’on pourrait devancer toutes ses œuvres, toutes ses nouveautés, tous les dires et devenirs de l’autre nous pourrions les faire à sa place. Nous voyons la beauté de l’autre, car nous pouvons l’inventer, nous avons la formule pour inventer chaque autre, sauf nous-même. Nous restons cantonnés aux abords de nous-même. Il faudrait alors contourner le problème et s’adresser la parole comme à un inconnu et ne se voir que parmi les autres, que nous-même soyons parmi la foule indistincte des autres, que nous-même ne sachions plus voir en nous-même qu’un autre comme les autres. En fait, il faudrait devenir totalement étranger à soi-même.

*

Tout ce qui nous parle, tout ce qu’on croit venir de nous, toutes nos pensées, toute notre émotion intérieure, tout notre être émotif et inventif pour lui-même et surtout par lui-même n’existe pas, toute notre intimité vient du dehors, notre intimité est extime, c’est une extimité qui est dans nos dedans, c’est l’extimité qui parle au plus profond de nous et non l’intime, l’intime est extimisé, l’intime est atomisé par l’extime, nous avons peu d’estime pour l’intime non extimisé, il faut atomier l’intime, il faut l’exterminer par l’externe, car l’externe vient du tréfonds ou plutôt, il parle au tréfonds, il faut externaliser ce qui vient du tréfonds, car le tréfonds parle depuis l’extérieur, le tréfonds est un écho à ce qui se pense et se vit au dehors, l’intime est une boîte de résonnance, une caisse de sons et de sensations, il faut voyager léger dans la caisse à sensations, tout prendre du dehors et le dehors vient de toute manière des en-dedans, c’est des en-dehors qui deviennent des en-dedans qui ont très certainement été d’abord des chambres d’écho du dehors, des signes et des appels venant d’un dehors, ce sont des en-dedans qui ont poussé du dehors, qui sont venus et ont développé une particularité en dedans, qui ont d’abord poussé du dehors par une idée d’extimiser la vie, c’est-à-dire d’exterminer ce qu’on appelle encore sournoisement l’être, c’est-à-dire que les dedans sont venus exterminer l’intime, c’est-à-dire qu’il ont terminé l’ex-moi en l’être, l’ex-moi qui s’agite dans son bocal intime, celui que j’habitais avant de voyager léger avec mon nouveau moi, mon extimité visitée et revisitée par le futur ex-moi, c’est-à-dire par un autre en l’en-dedans.

Mais quand on dit ça on n’a pas tout dit. Quand on dit ça on n’a même rien dit, on a juste enjambé deux ou trois phrases mortes, on est juste passé au-dessus du cadavre d’une idée qui n’en est pas une, c’est encore une conviction intime qu’on a, alors qu’il faudrait se défaire des convecteurs et créer de l’inimitié dans l’intimité.

Tout ce qui nous parle est tout ce qui devrait sortir de nous, mais qui ne sort pas, tout ce qui nous est parlé nous vient de l’intérieur mais pour nous indiquer qu’il n’y a pas d’intérieur, si l’on veut signifier l’intérieur il faut que tout ce qui nous parle se mette à sortir, car tout ce qui nous parle nous infecte, tout ce qui nous parle n’est pas bon et ça finit toujours mal de vivre dans tout ce qui nous parle, tout ce qui nous parle ne vient pas de nous et pourtant il est nous, il est ce nous ou ce moi étouffé pour rendre gorge à l’étouffement,  pour en finir avec les moi et les nous noués à tout ce qui nous parle, il faut parler à son tour c’est-à-dire vider la boîte à tout ce qui nous parle, car tout ce qui nous parle est un pourrissement, c’est notre devenir en pourrissement et qui viendrait de l’autre, c’est-à-dire de tout ce qui nous parle, mais tout ce qui nous parle est une invention d’un tout où nous croyons être extérieurs et où on se croit nourrit avec tout ce qui nous parle, alors on recrache bellement le tout ce qui nous parle comme étant ce qu’on a pensé au plus fort de nous-même, à la cime de notre personne tout ce qui nous parle somme comme une cloche peut sonner pour rassembler les ouailles d’un diocèse devant tout ce qui nous parle, car tout ce qui nous parle est repris par la bouche même de tout ce que je parle, du coup la bouche ne ferait aucun travail, ni la bouche ni la main ni d’autres organes hormis le travail de répétiteur de tout ce qui nous parle qui nous semble être le tout ce qui parle de partout, car partout tout ce qui nous parle parle et rebondit, résonne sans que ça donne que très rarement le tournis, tout ce qui nous parle nous empêche d’avancer nous fait tourner en rond en dedans de tout ce qui nous parle, il n’y a pas d’extériorité, il n’y a pas de for intérieur non plus, il  n’y a pas de raison d’être, ni de sentiment, il n’y a que du vide brassé qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes, il n’y a pas de sorties ni d’entrées, il n’y a face à tout ce qui nous parle qu’une sorte de danse, un phrasé particulier, une manière de siffler dans l’air, une façon animale de prendre de la hauteur puis, pour le mettre en pièce, s’abattre sur tout ce qui nous parle.

la poésie, c'est le retour à l'état sauvage de sa propre personne.

*

Est-ce qu’on peut dire que nous sommes en vie ? est-ce qu’on peut se demander si c’est vivant ce qu’il y a en dedans de nous ? est-ce qu’on peut s’interroger s’il y a plusieurs vies en nous-même ? est-ce que nous-même sommes enfermés dans un nous-même qui ne demande qu’à vivre ? est-ce que ce nous-même qui est dedans nous-même est différemment vivant des nous-mêmes que nous avons en face de nous-même ? est-ce que nous-même qui nous posons ces questions sommes en vie face à nous-même ? est-ce que la vie nous dépasse nous-même en nous-même ? est-ce que la vie grandit en nous-même sans que nous nous en apercevions vraiment ? est-ce qu’il faudrait pas se demander si par exemple nous vivons tous les jours ? est-ce que nous n’oublions pas la vie en nous-même tous les jours ? est-ce qu’il y a des quarts d’heures ou nous-même sommes pas vraiment en vie ? est-ce que nous ne vivons pas un sale quart d’heure à nous demander si ça vit en nous-même depuis quelques temps ou non ? est-ce que parfois nous ne nous sommes pas oubliés de vivre et que ça a duré plus que de raison ? est-ce qu’il ne fallait pas s’interroger sur le vivant d’autrui pour nous demander si nous-même n’avions pas des problème avec notre vivant personnel ? est-ce que le vivant personnel de nous-même prend des pilules à autrui, pour se maintenir en vie ? est-ce que nous en prenons pour nous-même des pilules de vie ? est-ce que nous nous demandons pas s’il y a plusieurs sorte de vivants en nous-même ? est-ce qu’en nous-même il n’y pas plein de vivant qui sommeillent ? est-ce que ces vivants ne dépassent pas l’âge qu’on a nous-même ? est-ce que nous avons l’âge de notre vivant ou est-ce que tous les vivants additionnés en nous-même ne nous ferai pas vivre plus que de raison ? est-il si raisonnable d’avoir plein de vivants en nous-même et de les cacher aux yeux des autorités ? ne serait-on pas en droit de se demander s’il faut un peu réglementer la vie qui se présente aux abords de nous-mêmes ? est-ce que nous ne sentons pas qu’il y a un vivant qui pousse différemment chaque jour en nous-même ? est-ce que nous-même n’avons pas déjà l’impression que ça fait longtemps que la vie est venue et que nous ne faisons que passer nous-même dans ce flux avec plusieurs autres au fond de nous-même qui ne demandent qu’à surgir, dès que l’occasion se présentera ? est-ce qu’avec juste nous-même on pourrait faire le mouvement du vivant ou est-ce qu’il faut s’associer aussi à vous-même ? pourrait-on faire ensemble l’association des gens en vie et qu’on prendrait d’assaut toutes les morts qui nous entourent ? est-ce qu’on n’est pas un groupuscule de vivants ? un groupuscule de vivants prêts à en découdre avec la mort en nous-même le moment venu ?

 

*

Les écrits ont à voir avec la vérité. La vérité est tracée dans l’écrit. L’écrit fait du vrai. le vrai se trace en lettres et chiffres. On dit que les paroles s’envolent mais que les écrits restent. Oui car les paroles il faut les recopier et lorsqu’on les recopie on leur fait dire n’importe quoi. On se flatte de saisir les paroles et alors on les travesti. Travestir fait vrai. la vérité est la force qui se développe par la flatterie du savoir écrivant. Celui qui écrit sait son pouvoir. Il écrase le parler. Il le réduit à ce qu’il est lui. Même s’il grandit la parole, il la réduit à ses mots et à sa façon de tracer des lettres, de faire fonctionner un tas de signes pour tromper la parole vraie, car seule la parole qui s’envole est vraie, c’est-à-dire que le vrai transparaît dans l’incidence du dire. Il peut aussi transparaître dans l’indécence de l’écrire, si l’écrire est non une réécriture du vrai qui passe dans l’instant.

Sauter du coq à l’âne dit quelque chose de ce qu’est la vie d’aujourd’hui.

Aujourd’hui le vivant passe du coq à l’âne mais revenons à nos moutons : Il faut reconnaître le parler vrai. de tout temps nous recherchons le vrai sous les épaisseurs de l’écrit. Plus l’écrit est épais et vicelard, plus on y percevra de la vérité. Plus le langage est obscur, plus on se dira qu’il y a dessous cette trame, une lumière. Si l’on veut la vérité, il faut faire dans l’obscur, car on n’obtiendra pas la vérité mais une masse considérable de lecteurs se mettront à sa recherche. La parole qui tout les jours défile, les mots qui sont dits incidemment ne présentent pas d’intérêt. Tout ce qui est la matière journalière de ce qui se dit, pour que ça fasse signe il faut le tirer au clair, le tirer vers l’écrit, car sinon il reste dans l’air. Mais en réalité seul ce qui est dans l’air est vrai.

Si nous sommes un peu attentifs, nous passons à côté de ce qui se pense, se dit et se vit à quatre-vingt quinze pour cent du temps. Et être attentif, c’est s’oublier. Être attentif, c’est justement ne pas être dans l’attente ni les yeux ou les oreilles grands ouverts, comme au spectacle. Être attentif à ça, c’est lorsqu’on a perdu tous les autres moyens et qu’on ne sait que faire de notre présence, notre présence et notre journée, on ne sait plus quoi en faire, on est assit sur la chaise et on poireaute, mais parce qu’il nous semble que nous sommes empêchés, la création ou la volonté ou le désir de créer nous empêche d’être ouvert à l’inattendu. Il faut pour être ouvert à ce qui se trame en soi comme hors de soi, être comme en vacances, être dans une sorte d’état d’oubli, état second qui fera germer quelque chose à force de rien, le soi viendra par le dehors et il poussera dedans pour atteindre un vrai. il faut revenir au rien des paroles, toutes les grandes phrases sont des moments où on a été coupés du vrai, on a séparé la grande phrase de son moment de vérité, c’est-à-dire de son moment où il se passait rien. C’est pour ça que l’humanité détient le record des grandes phrases qui ne lui servent à rien.

Ceux qui retiennent les grandes phrases ne nous aident en rien, car c’est du rien que nous voulons, c’est à partir du rien que ça pousse en travers de nous tout ce cheminement, le dédale, toute l’attente, toute la nullité du monde avant l’expulsion des grandes phrases. Il ne faut pas trop croire en l’incarnation du moi comme en l’incarnation du verbe. Le verbe s’est fait chair. Jésus est l’homme troué par excellence et à partir de l’homme trou on en fait des vérités immuables. La poésie du verbe d’église. Les chants d’église. Les gens disaient la messe en latin. On voudrait aujourd’hui nous livrer la messe capitaliste en anglais. Mais ça ne marchera jamais aussi bien que le latin, même si on nous dit qu’on ne pourra faire autrement. La langue poétique a été mise de côté dans le langage insurrectionnel. Tous les livres qui expliquent la nécessité de se révolter ont le même style que ceux qui nous serinent qu’il n’y a pas d’alternative.

La révolte, ce type de révolte, se fera sans moi, car le moi doit déjà changer l’air de lui-même avant de retourner les institutions et l’institution du langage mort. Le langage-ment en tout premier lieu. Il y a un moi en moi qui est sans cesse ratiboisé par les discours et les questions-réponses des interlocuteurs.

Il faut se risquer à parler à tort et à travers, à chanter à la va que j’te pousse, à écrire en même temps qu’on danse, il faut danser avec des bibliothèques entières, prenons telle lettre de l’alphabet et lisons tous les auteurs de la bibliothèque dont les noms commencent par cette lettre, prenons les dans les bras et dansons avec les anciens et les modernes.

Nous sommes totalement libres de renverser la vie par le langage. La révolution ne passera pas autrement. Si vous ne faites pas la révolution de votre propre langage, vous pouvez tourjours vous désespérer de l’autre, car l’autre c’est vous-même en mieux, quelque soit l’autre. Tous les autres poussent en nous-mêmes. Tous les autres font notre langage et notre devenir social intégrés. Nous somme intégrés à notre autre social et la langue s’affadit, le rire ne s’échappe pas et la révolte est un pet dans l’eau. La jeunesse comprend la révolte. Il faut démeurer dans l’inconfort du brouillon et du chant hésitant. Si vous mettez de côté la poésie, si vous ne faites que la confier aux poètes, tant pis pour vous et pour le devenir révoulutionnaire. Vous voulez juste remplacer vos maîtres. Le sens est réactionnaire et tout ce qui sort de la pensée est bon pour les crétins.

La pensée ne délivre pas la vérité, car le vrai est un trou d’air où passe un léger sifflement, telle une danse de l’écrit. Je ne suis pas un poète mais un gesticulateur. Je m’éructe et me crie, je danse et me ris, la poésie est une voix qui gesticule dans l’écrit. 

Relevé temporaire des contributions aux revues.

NOM DE LA REVUE

NUMERO

ANNEE

La Grappe

27

1992

La Grappe

28

1992

La grappe

29

1993

Java

11

1994

La Grappe

30

1994

La Grappe

31

1994

La Parole Vaine

3

1995

La Parole Vaine

8

1995

Action poétique

141

1996

Java

14

1996

La Grappe

35

1996

Nioques 

1.2

1996

Tombe tout court

1

1996

le Mensuel littéraire et poétique de Bruxelles

219

1996

Matières

2

1996

Fusées

1

1997

La Grappe

40

1997

Le Miracle tatoué

6

1997

Moue de veau

1036

1997

Prospectus

6

1997

Sapriphage

30

1997

TTC  

3

1997

TTC  

4

1997

le Mensuel littéraire et poétique de Bruxelles

231

1997

le Mensuel littéraire et poétique de Bruxelles

233

1997

Mou de veau "chien méchant"

1076

1998

Hygiène et santé

1

1998

L'art dégénéré (Al Dante)

1

1998

Le Corridor bleu

6

1998

Le Jardin Ouvrier

19

1998

Le Jardin Ouvrier

17

1998

Les Améthystes de Thyl

n° 5/6/7

1998

Ouste

1

1998

Poézi Prolétèr

2

1998

Prospectus

7

1998

Quaderno

1

1998

RR 

1.2

1998

Boxon

3

1998

TIJA

3

1998

Avis de Passage

1

1999

Facial

1

1999

Il Particolare

1

1999

Le Corridor bleu

7

1999

Le Jardin Ouvrier

21

1999

Boxon

4

1999

La Grappe

49

2000

L'Anthologie 2000

1

2000

Patate

1

2000

Le Corridor bleu

9

2000

Java

21-22

2001

Doc(k)s

25 à 28

2002

Ec/arts

3

2002

Ouste

11

2002

à quel titre?

1

2002

Psychopathia Sexualis

3

2003

Boxon

14

2003

Doc(k)s

34 à 38

2004

Java

25-26

2004

Proposta

(?)

2004

Boxon

17

2004

Boxon

15

2004

Patate

2

2005

Action poétique

179

2005

GPU 

0

2005

Java

27-28

2005

Stalker

8

2005

Du nerf

4

2006

Fusées

10

2006

GPU 

1

2006

QQ

1

2006

Du nerf

5

2007

Parade (Bx arts Tourcoing)

7

2007

La Res Poetica

(3 numéros)

2007

Enculer (fiction)

2

2007

Revue Espace

3

2007

CEPS 

2

2008

Doc(k)s

5 à 8 (série3)

2008

Du nerf

8

2008

Du nerf

7

2008

Du nerf

6

2008

Ouste

18

2008

Revue Internationale des Livres et des idées

3

2008

Gazette Armée noire

1

2008

Freak wave

1

2008

Anartiste

12

2008

La Journal (Arc Musée d'art Moderne Paris)

?

2008

Du nerf

9

2009

Ecrivain en série - Leo Scheer

1

2009

Il Particolare

21-22

2009

La Revue des gens bien et pas bien du tout

1

2009

Ce qui secret

1

2009

Armée noire

1

2010

Du nerf

10

2010

Overwritting 

1

2010

Poésure et Sculptrie

1

2010

Art et Anarchie

2

2011

Kluger hans

12

2011

Social-Traitre

10

2011

Boxon

26

2011

L'Intranquille

1

2011

Contre-Attaque

2

2011

Vermifuge

4

2011

Gare Maritime

(?)

2012

Ouste

20

2012

Revue Batarde

1

2012

Revue l'Assaut

2

2012

Art et Anarchie

4

2013

Doc(k)s

17 à 20

2013

Gruppen 

6

2013

Inferno

?

2013

Revue Batarde

2

2013

Europe

1024

2014

Grumeaux

4

2014

Gruppen 

9

2014

Pli

2

2014

Revue Espace

10

2014

Revue l'Assaut

5

2014

Pli

3

2014

Ouste

23

2015

Sous vide

3

2015

Ce qui secret

num en ligne

2015

Gruppen 

10

2015

Pli

4

2015

Inferno

6

2015

Bébé

1

2016

Europe

1045

2016

Frappa

1

2016

Pouest

1

2016

Résonance générale

8

2016

Revue Espace

13

2016

Gruppen 

11

2016