La modernité c’est le mal de la parole. La modernité a fait du mal. Elle le fait dans le parler. La modernité c’est la parole mais mal foutue. C’est une invention mal foutue pour détourner la parole de son lieu. Son lieu à la modernité c’est d’être toujours sur le devant de la parole, comme pour l’interdire. Comme pour en achever la vérité. Il y a la vérité du parler que la modernité à démasqué et depuis elle joue avec. Elle lui fait des menaces. Elle menace la parole de dénoncer son fond vrai. Mais elle ne le dénonce pas. (pourquoi elle ne le dénonce pas ?) (pourquoi elle dénonce pas le fond vrai de tout parler ?) Elle ne peut dénoncer la vérité du parler sans s’effondrer la modernité. Cependant la parole croit que la modernité peut le faire. La parole est un petit oiseau. Une petite innocence. La parole parle innocemment dans sa petite cervelle d’oiseau. La parole s’envole dans son parler et est une petite cervelle, un petit cervelet de moineau. Voilà ce qu’elle est la parole, avec sa petite cervelle de moineau. C’est pour ça qu’elle croit tout ce qu’on lui dit. Et ce qu’on lui dit c’est la modernité qui lui dit. C’est la modernité qui la maintien dans un certain parler. Un mauvais parler. Un parler sans fond. Alors que le fond du parler c’est ça qui est intéressant. Et la modernité le sait. Elle sait que parler à un fond et même un double fond. Elle sait la modernité que c’est le double fond du parler qui peut révéler la vérité. Et qu’il n’y en aura pas qu’une. Elle sait ça la vérité. Il n’y a pas qu’elle qui le sait. Car il y a plusieurs modernités dit la vérité. Il y a la modernité qui en a eu marre de la modernité. C’est une vérité. Il y a une modernité qui en a eu sa claque de la modernité. Et la modernité et la vérité le savent. Il y a une modernité qui a dû s’inventer plusieurs modernités, comme plusieurs vies. (Car elle en avait sa claque.) Et ça la modernité le sait bien. Et ça la vérité ça lui a pas échappé non plus. Il y a une modernité qui a banni le parler qui coince, car le parler qui coince ça ne lui fait pas trop plaisir à la modernité. La modernité n’aime pas trop où ça coince. Du coup elle nous fait passer pour des décoincés, nous les hommes modernes. Nous serions des décoincés du parler, nous les hommes modernes. Alors que c’est n’est pas vrai. Nous ne sommes pas totalement décoincés, dit la vérité. La vérité pense que ça ment toujours. Et ça ment à l’endroit moderne. C’est pour ça que la modernité a empêché la parole de parler et qu’elle s’est inventé plusieurs vies modernes. La vie moderne a succédé à la vie moderne. Et la vie moderne a fini par en avoir par-dessus la casquette de la vie moderne et donc a inventé la vie post-moderne. Le post-modernisme est une vie inventée de toute pièce par la modernité même. (Car elle en avait sa claque la modernité, elle aussi, tout comme nous.) Mais tout ça c’est des inventions. C’est pour nous tenir au cachot. C’est pour faire en sorte qu’on se tienne tranquille et au cachot. C’est pour faire comme si la parole il fallait la maintenir en otage. Comme s’il fallait la maintenir en otage dans un cachot pour ne pas la laisser s’envoler. Car la parole pourrait parler. C’est-à-dire qu’elle pourrait s’envoler. C’est pour cela que la modernité a proféré des menaces à tout le parler et que le parler s’est rassis. Il a épousé la forme de l’assise le parler. Il s’est rassis sur son séant. Il s’est rassis sur ses fesses le parler et il a laisser faire la modernité et la post-modernité. Il les a laisser causer. (Cause toujours beau merle). Il a laisser causer toutes les modernités et toutes les post-modernités. Il les a laissé causer parce que le causer moderne et le causer post-moderne faisaient tout pour faire oublier la petite parole qui s’envole, le petit bégaiement qui rigole, la petite bière du monde qui sourit et qui rigole, les petites gens qui ont le parler qui sourit et qui blague et qui rigole haut et fort. Le petit tracas mêlé aux petites blagues pour passer le temps. Car il faut bien passer le temps. (n’est-ce pas ? il faut bien passer le temps !) Il faut bien même dépasser le temps. Tous les temps sont dépassables. Tous les temps passent et repassent et tous les temps menacent, mais en même temps tous les temps aurons leur temps. Après le temps du temps un autre temps. Après ce temps-là du temps on verra bien, après ces temps modernes et après ces temps post-modernes, on verra bien ce qui nous tombera sur le crâne, on verra bien ce qui nous dégringolera dessus après tous ces temps qui nous ont écrasé dans la rigole. Car c’est dans une rigole que tout fini toujours, et même dans une grande rigole, pas une petite rigole mais une rigole à plein temps, c’est là dedans que tout va se terminer une bonne fois pour toute et sans discussion. Ça va se terminer dans cette grande rigole de tous les temps et après on verra bien, on verra bien qui rigolera le dernier.