Léa :

Cette heure qui sonne

Sofia :

la dernière heure qui arrive et qui sonne

Béa :

qui sonne la fin de l’été

Léa :

cette heure qu’on recrée et qui sonne

Sofia :

une fois sonnée, sœur, ne sens-tu point ton cœur

Béa :

cœur battant tout là dedans

Léa :

ne vois-tu pas cette heure en toi, sœur

Sofia :

l’heure venir et cogner au cœur

Béa :

elle sonne la fin de l’été, et la reprise

Léa :

reprise des heures pleines, les heures

Sofia :

comblées de noirceurs, les heures

Béa :

qui assombrissent nos cœurs, ma sœur

Léa :

ne sens-tu rien venir, cette heure, la dernière

Sofia :

heure ultime avant toutes les autres à venir

Béa :

heures qui sonnent sans clarté, celles qu’on ne sent pas

Léa :

on ne les sent pas nous porter, sœur, ces lendemains

Sofia :

avec leurs heures qui nous rapiècent le cœur

Béa :

nos coeurs chères sœurs, pour cacher le trou

Léa :

le trou en nous de cette dernière heure

Sofia :

en nous la nuit nulle et sans sommeil

Béa :

nuit sans nuit à repasser les heures

Léa :

pleines d’oiseaux couleur jais, ces heures

Sofia :

leur chant personnel qu’on entend qu’après

Béa :

après, quand tout est fini, les feuilles tombées

Léa :

et un faible cri, mots tout bas et le bruit

Sofia :

bruit de l’eau qui tombe aussi et du vent qui fuit

Béa :

heure sereine partie, larmes vaines

Léa :

tristesse et peine qui est vaine

Sofia :

larmes en vain, peine vaine

Béa :

de ce jour si vite accompli