le harcèlement textuel vous connaissez ? des gens qui se font harceler textuellement parlant, des écrivains, les écrivains sont des harcelés du texte, c’est pas que les éditeurs qui les harcèlent, on pourrait même dire que les éditeurs les harcèlent pas trop, pas assez, il faudrait que ça harcèle plus de ce côté là, pas de danger, les éditeurs leur problème c’est justement d’avoir des auteurs, et du coup ça leur ôte l’envie d’écrire les éditeurs, l’auteur leur hôte l’envie d’être eux-mêmes des auteurs, du coup ce sont des ôtés, pas des auteurs les éditeurs, des ôtés qui prennent des hauteurs en prenant de haut les auteurs, et la meilleure façon de prendre de haut un auteur c’est de pas l’éditer, c’est-à-dire de lui ôter l’envie d’être harcelé, il y a plusieurs façon de harceler un auteur, déjà en l’éditant, ou en voulant qu’il écrive des textes pour les autres, à la place des autres, en leur ôtant les mots de la bouche, que les auteurs ôtent les autres, qu’ils leur prennent le pain de la bouche, ça les autres ils veulent pas, les autres c’est-à-dire les ôtés, les auteurs leur ôte les mots comme le pain qu’ils disent les ôtés, tant pis pour eux, ils ont qu’à être éditeurs, comme ça ils seront vraiment harcelés par les auteurs qui ne demandent et qu’on leur foute la paix, car les auteurs veulent qu’on leur foute la paix, qu’on les laisse se harceler eux-mêmes, et les auteurs demandent qu’à être harcelés par le texte, car c’est le texte seul qui harcèle un auteur, il est pris en otage l’auteur, par un texte, un texte qui met du temps à venir, un texte qui n’en finit pas de venir et qui finira par ôter à l’auteur l’envie qu’on l’y reprenne, qu’il s’y reprenne à reprendre les mots d’auteur des autres qui sont pas des auteurs, et tout ça pour le bien de son harcèlement quotidien, ce harcèlement permanent qui bourdonne dans la tête à l’auteur, car ça bourdonne tout le temps dans la tête à l’auteur, c’est fait un tout gros bruit dans la tête à l’auteur,