Nous sommes dans l'art, nous ne sommes pas ailleurs, il n'y a pas d'ailleurs en art, il n'y a pas de possible artiste, l'ailleurs n'existe pas, l'artiste non plus, il est à chaque fois une nouveauté de la vie, la vie n'existe pas, l'éternité non plus, il n'y a rien qui tient la route assez longtemps pour l'art, l'art n'est pas la vie, l'art et la vie se donne la main pour vivre, l'art et le vivant ne sont pas là pour être éternels, cependant créer une intensité vitale, il n'y a pas d'intensité si vitale ailleurs, ailleurs c'est la tromperie des intensités, il y a des intensités mais qui sont vite trompées, l'art est trompé, la vie est trompée, tout est trompé par des intensités à vue courte, car nous avons toujours la mémoire courte dedans, c'est la mémoire qui nous cause le plus de tracas, nous oublions l'art, nous oublions la vie, nous n'avons soif que d'intensités fausses, les fausses intensités c'est ça qui produit l'existence, notre existence se veut durer, et pour durer il faut inventer, pour durer il faut se projeter et exister, on se projette dans un tas de mots, on fait durer par les formules, c'est ça l'intelligence de la formule, on croit avec ça durer mieux, il n'y a rien à faire durer, il n'y a que des loupages en formule, comment louper sa formule et malgré tout durer, rien qui dure, tout se loupe avec intensité.