nous arrivons après les révolutions...
à insérer dans votre clé usb personnelle.
nous arrivons après les révolutions...
à insérer dans votre clé usb personnelle.
papa habite mon trou de balle
je sais pas pourquoi il vient là
il préfère habiter d'autres sphères
mais parfois il peut plus habiter ailleurs
ailleurs qu'un trou du cul
et c'est moi qu'il choisit
il veut plus m'habiter
qu'en trou du cul
mais c'est lui qui s'habite
dans mon trou de balle
papa est mon trou de balle
habité par lui-même
ou c'est moi qui m'habite en trou du cul
dans son trou de balle à lui
j'habite son cul comme une vieille merde
toujours prêt à déguerpir
ou alors c'est lui
c'est lui qui déguerpit la merde
de mon trou de balle
pour que je me voie chié par lui
mais moi je chie moi-même
de moi
il peut remballer sa merde
dans son trou de balle à lui
il peut se la refoutre au cul qui pense
je suce mon propre trou
comme je lui lècherais la face
car c'est toujours son cul
que j'ai en face
malgré moi-même
c'est toujours la face de cul
du père en fond que j'ai
Texte d’Albane
Avec le choix de vivrécrire sans les horaires réguliers ni le patron ni le salaire de fin de mois : les ateliers comme d’évidence pour une autre façon de découper les jours. Un équilibre s’il est tenu qui me va bien entre toute seule et le silence à mon bureau des heures durant , et puis les gens bruyère ou pierres les gens partout dedans des villes à l’autre bout ou des villages je prends le train m’en vais un peu quitte la maison reviens toujours.
Des groupes de gens des groupes des groupes à parfois ne plus rien voir de chacun seul sans le groupe. Depuis 10 ans régulièrement des groupes de gens autour des tables moi tout au bout ou au milieu dedans le groupe mais en dehors. Parfois souvent les participants peut-être toujours n’écrivent pas. Je veux dire ils écrivent le mardi soir une fois par mois ou le lundi chaque semaine ou un week-end de temps en temps ils s’inscrivent et ils payent pour écrire entre 19 et 22 heures et disent se plaignent en souriant de ne pas trouver le temps la force d’écrire tout seul sans moi sans les consignes et sans le groupe écrire tout seul bon sang de bon soir se coltiner les mots sa langue et l’inconnu et l’effrayant le difficile le jouissif se coltiner le désordre et les chemins de ses brouillons en gros : ECRIRE. Ils écrivent en 20 minutes produisent un texte qui restera figé comme ça bientôt suivi d’autres textes mêmes formats dans un cahier jamais ouvert sauf atelier. Notent la consigne écrivent des textes lisent leurs textes ferment le cahier mardi suivant relisent un peu et continuent. J’exagère et je peste c’est la fatigue et l’agacement la lassitude et la colère mais pas méchante ni méprisante jamais de la vie. Sais bien comment ça bouge dedans chacun et tous les doutes à découvert et les creusements les tremblements oui mais la langue dans tout ça ce qui lui manque c’est le travail et l’abandon. Sans le travail et l’abandon mesdames messieurs, mesdames surtout en ateliers, sans l’abandon et le travail dix mille séances exigeantes n’ajouteront que kilomètres à l’écriture commencée. C’est difficile je vous l’accorde, s’abandonner peut-être rien de moins facile et pas qu’en écrivant. Certaines personnes qui participent, des écrivants participants ont derrière eux plusieurs années d’ancienneté et devant eux encore encore une sorte disent-ils d’accoutumance. Et l’amitié du groupe les pauses café les petites plaintes affectueuses que c’est trop dur et pour finir les doux reproches de les abandonner quand c’est fini l’atelier l’année le projet que sais-je encore tu nous abandonnes que va-t-on devenir. Au secours signal d’alarme dans ce cas-là chez moi. Moi je ne suis la mère que de mes enfants et pas d’adultes plus vieux que moi, pas psy non plus je vous assure malgré mes airs de tout comprendre j’ai bien du mal avec moi-même.
Mais le plus dur que je vous dise, c’est quand j’écoute essaie d’entendre c’est quand je dois faire des retours sur tous ces textes écrits à l’heure alors que moi et ma lenteur à réagir. Quinze textes par exemple une seule fois dans les oreilles je n’arrive plus à écouter rien ne s’accroche j’entends les sons parfois le sens mais rien à dire autour dedans toutes mes excuses. J’exagère récemment je me suis fait une overdose d’ateliers et voilà le résultat. Mais c’était là déjà avant en creux ce geste d’arrêter. L’autre jour déterminée à Gabriel j’ai dit que j’arrêtais d’animer des ateliers d’écriture et il m’a répondu encore ?! point d’exclamation. J’avais déjà dit ça et oublié de toute façon c’est difficile de refuser mais ça y est en 2008 je refuse j’ai déjà concrètement dit non et plusieurs fois. Car faire écrire quelle question mais pourquoi donc. Faire lire oui donner à lire donner des livres faire passer mes écrivains accompagner construire des ponts entre des livres et des gens oui oui oui mais faire écrire c’est autre chose. Inventer alors de ce côté-là, oui des passerelles accompagner faire le lien entre des gens et des livres. Après très vite quand quelqu’un a rencontré un livre pour lui ils se débrouillent tous les deux le livre et lui et moi ailleurs je continue mais avec d’autres et autrement. De l’énergie à dépenser et du désir pour inviter à lire oui se nourrir. Des ateliers de lecture donc. Avec leur lot de fatigue et de découragements aussi parce que je n’emmène pas des livres séduisants médiatiques pédagogiques très narratifs. Au rebours il arrive que lirécrire tremble de terre et secoue vif un ou une qui va venir ou revenir à lui à soi. Peut-être là ma raison de sortir encore mes livres de leurs bibliothèques, prennent l’air vieillissent dans d’autres mains ils se prolongent mais ramènent leurs vies à quelques uns qui l’avaient perdue.
Salut,
Pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore remarqué, le guide du
manifestant arrêté a été réactualisé notamment sur la question de la garde
à vue.
Pour commencer une bonne année, n'oublions pas de le lire !
source: http://www.guidedumanifestant.
@ bientôt dans les luttes !
Le GDALE-CGA
Un jeune ami qu'un temps, ma foi, je jalousai
- J'étais alors un tigre, et toujours aux aguets -
En libraire avisé, a vendu de mon livre
Déjà quinze exemplaires - voilà qui me rend ivre.
D'autant que trois lecteurs, au comble de la joie,
Lui ont tôt fait savoir que juste était son choix.
Pourtant, s'il pleut sur moi un déluge d'éloges,
La noyade me guette, et je demande une arche.
Il importe avant tout que point ne me rengorge,
Qu'en pèlerin chenu je poursuive ma marche,
Que, dithyrambe ou non, je fasse mon devoir
Dans le souci constant d'apporter quelque espoir
Aux tristes, affligés, que dégoûte le monde
Souillé par l'injustice, où la misère abonde.
Même si, chers amis, la tâche est parfois rude,
Pour qui vit trop souvent en noire solitude.
Annexe : "Ce que j'écris et que je trouve mauvais peut aussi procurer quelques moments d'éloignement du pire à quelque esprit blessé ou triste. Cela me suffit ou ne me suffit pas, mais sert, d'une certaine façon, et ainsi va la vie".
(Fernando Pessoa) (trouvé ce matin dans un mail)