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écrit dans l'avion pour tout ce qui nous parle

tout ce qui nous parle est tout ce qui devrait sortir de nous mais qui ne sort pas tout ce qui nous parle nous vient de l'intérieur mais pour nous indiquer qu'il n'y a pas d'intérieur si l'on veut signifier l'intérieur il faut que tout ce qui nous parle se mette à parler car tout ce qui nous parle ne nous parle pas mais nous infecte tout ce qui nous parle n'est pas bon et ça finit toujours mal de vivre dans tout ce qui nous parle tout ce qui nous parle ne vient pas de nous et pourtant il est ce nous ou ce moi étouffé pour rendre gorge à l'étouffement pour en finir avec tout ce qui nous parle dans les moi et les nous noués à tout ce qui nous parle il faudrait parler à son tour c'est-à-dire vider la boîte de tout ce qui nous parle car tout ce qui nous parle est un pourrissement c'est notre devenir pourri tout ce qui nous parle viendrait soi disant de l'autre tout ce qui nous parle nous semble extérieur et on se croit nourrit avec tout ce qui nous parle alors on recrache bellement tout ce qui nous parle comme étant ce qu'on a pensé au plus fort de nous-même à la cime de notre personne il y a tout ce qui nous parle comme une cloche qui sonne pour rassembler ses ouailles devant tout ce qui nous parle tout ce qui nous parle est repris par la bouche de tout ce que je parle du coup la bouche ne s'ouvre pas face à tout ce qui nous parle ni la bouche ni la main ni d'autres organes ne s'ouvrent face à tout ce qui nous parle de partout car partout tout ce qui nous parle parle et rebondit sur nous et résonne et ça donne que trop rarement le tournis tout ce qui nous parle tout ce qui nous parle nous empêche d'avancer nous fait tourner en rond dans tout ce qui nous parle il n'y a pas d'extériorité il n'y a pas de for intérieur non plus il n'y a pas de raison d'être ou de sentiment dans tout ce qui nous parle pas de sortie ni d'entrée face à tout ce qui nous parle il y a une manière de siffler dans l'air prendre de la hauteur et s'abattre sur tout ce qui nous parle pour le mettre en pièce

SPB 13/9/16

arrêter donc de me prier dessus, svp

On ne restera pas longtemps ici, on nous l’a dit, on nous a dit qu’il n’y en aurait pas pour longtemps, après on ne sait pas ce qu’on fera, beaucoup émettent des hypothèses, certains savent par cœur ce qui nous est réservé, ce n’est pas eux qui ont inventés toutes ces sornettes, toutes les sornettes viennent d’un autre, au début ils étaient plusieurs à raconter des boniments, puis en est venu un seul, ça se réduisait comme une peau de chagrin les bonimenteurs à l’époque, il en est resté qu’un seul mais qui fait son plusieurs, car plusieurs croient qu’il est le seul, tandis que bien d’autres le désignent par un autre son de cloche, car il ne faut pas l’appeler par son nom, il vaut mieux le siffler à la rigueur, ou faire sonner les cloches, pourtant on ne veut pas le punir, mais certains pensent que c’est une punition pour lui de nous avoir, qu’il aurait mieux fait de se passer de nous, certains ne sont pas d’accord, ils pensent d’ailleurs qu’il doit avoir viré sa cuti comme on dit, ou alors on ne dit pas ça, on ne dit jamais qu’il a viré sa cuti, on dit juste qu’il a mal fini, ou qu’il est partir voir ailleurs si j’y suis, mais moi je n’y suis guère en ce moment, ça se saurait, et d’ailleurs je ne suis là que parce qu’on m’y a mis, à chacun sa croix comme dit l’autre, d’ailleurs il n’a pas dû le dire tant que ça, ça serait exagéré de se dire qu’il avait aussi d’autres chats à fouetter, ils n’étaient guère nombreux non plus à ce moment-là, à tendre leur couenne, on se demande comment ils ont fait pour se multiplier, pour ma part je ne me suis pas multiplié, j’ai juste été prévenu que j’allais rester seul, on m’a bien rebattu les oreilles avec ça, et qu’il fallait se la boucler, que c’est de notre faute après tout ce chambardement, qu’il faudrait veiller à marcher sur des œufs avec la confrérie, depuis le début on a bien été prévenu, il faut avancer à tâtons ici et sans moufter, on vous a mis là et on ne sait pas jusque quand, peut-être demain peut-être un autre jour, on vous fera signe le moment venu, quelqu’un vous le fera savoir, ou alors une sorte de loupiote, il faudra la suivre ou pas, les avis divergent, on ne sait guère à quoi s’en tenir avec tous ces racontars, en tout cas pour le moment on est là, on est disposé à tout entendre, mais pas trop non plus, on veut bien se taper quelques années à la boucler, mais du coup après on ferme son claper définitivement, c’est pas que le clapet qui a décidé de plus trop s’ouvrir, ou alors pour les bonnes occasions, le clapet s’ouvre pour balancer une bonne vanne, ils aiment ça ici les racontars, les j’en-foutreries, ils sont friands des blagues que vous pouvez leur inspirer, car c’est pas vous qui les racontez, c’est vous qui êtes la blague d’eux-mêmes, et réciproquement, chacun croit en sa chacune, et chacune veut faire son petit marché dans chacun, mais la place est réduite, on fait souvent qu’un tour et il est temps de déguerpir, combien de temps je vais encore poireauter ici, peut-être qu’il y a que ça à faire, le poireautement, c’est tout un travail, certains s’emploient à faire comme si ça ne poireautait jamais, c’est tout un savoir faire qu’ils disent, ils font mine de nous le dire en tout cas, moi je resterai bien là avec mon sac à provisions, j’appelle ça faire ses commissions, on dit plus trop ça de nos jours, aujourd’hui on fait les courses, on n’a pas le temps de commissionner, on décommissionne même, on vous le propose à tout bout de champ, et chacun des champs propose même des options si on y regarde bien, mais on préfère détourner le regard, on n’a jamais vu pareilles sornettes, et pourtant ils y adhèrent et moi tout pareil, moi j’adhère surtout à mes propres sornettes, mais parce que j’ai l’esprit retors, d’ailleurs ils deviennent tous retors à leur façon, chacun sa manière pour contourner l’obstacle, et bien souvent on en rajoute, mais ce sont des obstacles qu’on a fait nous-même, on a notre fierté bien placée où je pense, mais d’ailleurs qui le premier a prononcé ce mot, ça à dû lui sortir comme une sorte de pet, mais de la bouche, il a pété de la bouche un mot et il a cru que c’était du lard, il aurait préféré de la cochonaille, en ce temps là on voulait pas trop s’appesantir sur les dires d’un emboucheur de phrases, car enfin il faut aimer emboucher la phrase pour dire que quelque chose d’autre nous anime, que quelque chose flambe ou cramouille à l’intérieur du type, il y a un type et il a sa tambouille dedans, c’est tout dedans que ça bout et pas dehors, c’est dans la nuit qu’il se montre plus circonspect, c’est une nuit imagée bien sûr, et puis il a une certaine hauteur depuis qu’il nous a balancé un verbe, il a pris la tangente mais on préfère dire qu’il a monté d’un cran, nous on ferait mieux d’écouter ses lumières, mais on les regarde juste, on contemple et on se tait, on n’a pas finit de débobiner ainsi des vérités, encore des choses qu’il faudrait laisser dans la chambre froide, au fond du cabanon, on ferait mieux de planquer ça sous l’édredon, car sinon on ne va pas passer l’hiver, on va avoir la grosse tête si ça continue, on va finir par tout leur lâcher, leur balancer qu’il y a autre chose à faire qu’attendre, que bientôt il y aura une sortie avec une porte qui n’en est pas une, on n’aura même pas à sonner, ça fera bip tout seul, dès qu’on se pointera, et on se pointe à l’heure qu’on veut, et tous les autres seront là à vous bénir, tout le populo dans le salut cordial et confraternel, si on veut on peut s’y mettre aussi à raconter tout un tas de fadaises, on aura une montée d’adrénaline, ou alors une montée d’autre chose, mais attention à la descente, ça peut nous tomber de haut et tout le tremblement, les colères peuvent venir d’un voisin ou d’une tribu pas satisfaite, on peut avoir contredit quelques plans, il vaut mieux rester à attendre dans son coin, prendre des notes, faire celui qui n’en lâche pas une, mais qui n’est pas le dernier a en avoir sous le capot, il a déjà sa petite idée, oh le malheureux, il ne peut pas s’empêcher de faire des envolées, il est mal parti celui-là, avec pas mal de handicap, on sait pas s’il va tenir la ligne, mais il est plus malin qu’on ne le croit, ce n’est pas à un vieux singe n’est-ce pas, il balance juste quelque formules, comme s’il lançait du pain, pour détourner ses détracteurs, ils sont tous détraqués les détracteurs, ils se détractent en cercle fermé, ils forment une boule de détractement, c’est peut-être comme ça qu’on dit, ou alors on dit autrement, en tout cas ils sont partis pour durer, un bon moment à détracter et pendant ce temps-là, la roue tourne, ou c’est une mappemonde, j’ai toujours aimé ce mot, ou alors j’aimais surtout l’image, une petite boule qu’on allume et qui tourne, les continents s’éclairent, il y a une fine pellicule de plastique dessus, on tente désespérément de virer tout ça, certains pays entrent en résistance, des fleuves ou des zones temporaires, on remue un peu de terre, on n’a pas encore trop de honte à ce temps-là, on est juste à remuer des feuilles, on fait des calculs sans raison, on prend un pot au hasard, on s’entiche d’une boutade, on n’est guère regardant à la dépense, on finit par faire un trou, mais où vont donc les autres, on ne sait plus ce qu’ils ont dit, on n’a pas suivi toute l’émission, on a même cessé d’émettre à notre tour, c’est mieux ainsi, il faut fermer la petite boîte en maintenant fortement le couvercle, ça doit faire pchoutt en appuyant, si ça ne fait pas pchoutt on vous prie de recommencer, même jusque là ils nous veulent du mal, arrêter donc de me prier dessus, svp, allez faire vos besoins ailleurs !

passez votre chemin et allez donc faire vos cochoncetés, comme disait ma mère, on étouffe ainsi dans les phrases toutes faites, on les a rarement faites d’ailleurs les phrases, on les a même pas faites du tout, on a juste suivi la ligne et on s'est inséré dedans, on est tombé pile poil, et on a construit nos phrases toutes faites, mais elles l'étaient déjà toutes faites, elles étouffaient d'être toutes faites, ou c'est nous qui étouffions, on étouffait des phrases et il fallait après se les sortir, comme après un bon repas, avec un cure dent, c'est ainsi que l'information a fuité comme on dit, car il n'était guère plus qu'une information à ce moment précis, et ça a fuité dare dare, tout en demandant un cure dent, pour son compte personnel, à moins qu’il n’ait rien ouvert, juste la bouche et dire ah, en tapotant par derrière, pour recracher le morceau, une petite toux passagère, un ou deux atchoums et puis s’en va, il ne finira pas son assiette quoi qu’on en dise, on ne dit plus ça d’ailleurs, on ne dit plus quoi qu’on en dise, on dit autre chose, c’est ainsi, et n’en rajoutons pas s’il vous plaît, on creuse un autre endroit, c’est tout, tel un puisatier dans une bourbe toute noire, ah ah ah, je vous ai bien eu avec ma formule !, à quel endroit voulez-vous qu’on vous dépose déjà ?, l’auditoire n’a pas l’air de moufter, mais ce ne sont pas des auditeurs habituels, ils ont des oreilles à ce qu’on dit, moi qui suis là depuis une paye je vous fiche mon billet que…, et puis non, on va arrêter frais, ça va sans doute leur porter préjudice mais tant pis, soyons fous, ne nous arrêtons pas à la commande, qu’il faut toujours percer, trouer le cul de la demande qu’on m’a dit un jour, que moi je lui faisais ça, et en y regardant de près c’est ça qu’on sait le mieux faire, comme le jour où il a fallu aller raconter une blague au tableau, tout ça parce qu’on nous pensait hilarant, qu’on allait faire rire tous nos camarades, des camarades de chambrées, il s’en disait de belles à ce moment-là, mais on n’a jamais rien su capter, c’est bien plus tard qu’on a appris ce qui s’était réellement passé, mais nous n’y étions pas, nous et les camarades de chambrée, on n’était pas dans l’époque, on n’est jamais d’aucune époque, et on ressemble à rien, on est en file indienne, en rang par deux, on ne veut voir que trois têtes, et on doit faire silence.

nous habiterons plus vos belles phrases

Ah il y a de belles phrases, de belles phrases dans du beau parler, du beau parler de l’Etre, l’être et son néant, ah il y a de beaux néants, des b eaux parlers, des belles phrases bien dites pour marquer la différence, pour différencier les mots comme les êtres. Ah il y a des bons mots, des belles trouvailles, des trouvailles poétiques, avec de beaux êtres dedans, de belles formes. Ah il y a de la forme, ça en use! ça en fabrique et en use, ça en perpétue chez certains êtres, des Êtres chers. Ah il y a de beaux êtres, des grands, des robustes, des formalistes! des bien propres gens, des jolis poètes et de belles formules pour dire la misère. Ah ça oui ! ça en jette la misère et les beaux peuples dedans, le petit peuple sur un promontoire et le reste dans le trou à dilapider son temps, sa vie, le reste à divaguer dans son trou de babile, le reste à patauger dans le noir, tout le noir du siècle. Ah il est pas joli joli le siècle mais ah il y a le beau siècle quand même, avec les belles gens dedans, les belles lettres, et les êtres vissés à leur promontoire, les êtres lettrés qui habitent et les autres dont on ne sait s’ils habitent, sans doute pas qu'ils habitent, sans doute ils vadrouillent, sans aucun doute il sont là sans lumière, ah heureusement il y a les lumières! les gens qui savent habiter et les autres, les sans abris dans le langage, la perte du sens, la confusion, ah heureusement il y a des penseurs et des poètes pas confus qui savent habiter, ils deshabitent pas eux, ils habitent bien, tout comme il faut les jours, les journées sordides comme les nôtres, nos jours sans toit, nos journées où il pleut sans s’arrêter, ou la pluie n’est pas que du ciel, c’est pas que du ciel que nous tombe tous ces tombereaux, ces mauvaises nouvelles, toutes ces tuiles que l’on se prend depuis notre habitat, nos ruines, ah heureusement ils savent les habiter, eux, il savent le dire, et poétiquement qui plus est ! ils savent nous dire comment qu'on est, nous, car on se sent un peu dans un nous, on se sent le nous qui pointe, on se sent le nous non pas pousser des ailes mais s’entasser, prendre le dessous de tout, on se sent le nous descendre en dessous de tout ça oui ! car nous sommes tout en bas avec des belles phrases pareilles, ça nous relève pas pour autant, au contraire ! ça nous laisse sur le tas, ah ça pour nous dire que nous pensons mal, ou presque pas, ah ça pour nous faire savoir un peu plus qui nous sommes, c’est-à-dire des pauvres gens qui ne comprennent rien à rien, ils vont pas prendre de pincettes avec ce nous-là, ou alors si, ils en prennent trop, ils prennent déjà trop de pincettes avec eux-mêmes, déjà leur être est une sorte de pincette, une petite pince à sucre s’il vous plaît, et attention de pas les bousculer, attention de pas casser leur Être, attention de ne pas trop tirer sur l’ambulance ! car ils se prennent pour des révoltés, c’est eux les révoltés, c’est eux qui habitent des choses que nous on refuse de vivre, car c’est ça la révolte, c’est la révolte sociétale, mais nous on n’y croit pas deux secondes en la révolte sociétale, et surtout on ne croit pas deux secondes en les révoltés sociétaux, les révoltés de la société sociétale, on n’y croit pas deux secondes, car déjà avant de se révolter sociétalement, il faudrait se révolter pour soi, contre soi et pour soi-même, retourner le soi comme on retourne un gant, sans arrêt, pour éviter soigneusement de parler à un Vous, ne pas dire : Vous et pis : Moi, pour pas connement vomir du vous à chaque désignation, ne pas désigner l’autre comme un qui sait pas, car le Un là, ou un autre, un autre Un, il sait d'où qu’il habite, il sait bien l’inhabitable de lui, en tout cas le Vous le sait peut-être, il y a bien un Un parmi le Vous qui sait bien tout ça, en tout cas ce n’est pas le poète qui en saura plus, et s’il en sait plus ce n’est pas pour monter sur l’ignorance de l’autre, c’est que déjà il a à se révolter journellement contre l’être qui l’habite le poète, il a déjà, avant de pousser la complainte du révolté sociétale, tous les jours à se barricader contre lui-même, puis à forcer la barricade. Ah c’est joli les phrases de poètes, hein? Ah ça veut en jeter par dessus les murs les phrases de poètes, ça en jette et ça dit qu’il faut qu’on les imite, qu’on soit beau, qu’on soit formels, qu’on soit tenaces et intelligents, qu’on porte à un certain degré la beauté malgré la crasse, qu’on montre la crasse de l’autre, qu’on lui dise ça crasse, qu’on la lui fasse vivre même, ah comme c’est mignon tout plein la poésie dans ce pays ! et dans les autres aussi. Tous les autres pays à dire on va vous montrer la voie, on va pas hésiter, on est beau et racés, on a la classe et pas vous! Le vous dans lequel j’ai l’impression qu’on me désigne tout pareillement, pourtant je suis "poète" ! hein? écrivain! ("écrit-vain!" encore une belle trouvaille de poète, hein?) je devrai me sentir concerné par leurs phrases ! je devrai me dire : Ah celle-là ils me l’ont fauchée ! Ah ben ça, ils m’ont subtilisé la pensée que j’ai eu ! Ah ben ça alors, ils ont sorti les mots de ma bouche! Mais jaimais de parle comme ça, car jamais de la vie je suis un révolté sociétale, un poète social et sociétal, jamais de la vie ! vous vous plantez! je suis toujours à explorer l’autre au fond du trou de moi depuis plus de vingt ans maintenant, et j’en suis toujours au même résultat. Je me demande qui c’est le type qui tous les jours me prend de haut : l’auteur. L’auteur est de la même racine que l’ « autorisé », n'est-ce pas? Les autorités, si vous voulez, c’est un peu les auteurs, voilà, y a pas à chercher ! Ah c’est ti beau d’être un autorisé sociétal, car ça vous donne, en toute bonne logique, des leçons ! Eh bien nous on vous habitera pas, on n'habitera jamais vos leçons, vos belles phrases et encore moins maintenant qu'hier ! on laissera plus passer ces menteries de poètes, ces mots surajoutés, ces phrases bien lisses et bien formelles. On vous laissera plus placer tout ça au milieu de nous, on se laissera plus impressionnés, on sera plus du tout gentil avec vous, car on vous laissera plus passer devant nous sans un croche-patte à vos jolies pensées qui ne sont pas, au final, de si belles et si fraîches enjambées. C'est juste des coups de genoux de poètes tordus, des coups de poètes cagneux.

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FRANCE DECHUE

Qui déchoit ? Qui a déjà déchu ? Qui est déjà dans la déchéance ? Qui s’est déjà fait déchoir ? La déchéance a déjà opéré. Depuis longtemps, la déchéance opère dans notre pays. Notre pays opéré. On paiera pour rien, mais nous avons déjà trop payé. Déjà notre pays soldé. Déjà vendu. La France est déjà un pays déchu. Totalement déchu. Les hommes de France sont des déchus. Toutes les femmes aussi. Les filles et les fils de famille. Déchus. Tous les Français en âge d’être déchus. Il n’y a pas que les bi-nationnaux qui risquent la déchéance à court terme. Car le terme n’a déjà plus court. Terminé la blague de "ça eut payé". Plus rien qui paie en France. Finie la rigolade. Fini de rire les Français. Tous au banc de la société. La société France a déposé le bilan. L’âge de la déchéance est déjà bien avancé en France. L’âge de monsieur le président. Il est bien avancé. Il est déjà bien avancé notre déchu premier. Et le second tout autant. Et les précédents pareils. Le précédent du déchu actuel, pas mieux. Ou pire. L’un des pires mieux qu’on ait eu, ou l’inverse. Les deux premiers déchus. Les derniers présidents. Car ils ont beaucoup, beaucoup déchus. Le premier des deux déjà, le déchéanceur premier. Le petit président de la France. La France rétrécie. Plombée. Tombée bien bas. On lui a tiré dessus en plein vol et elle est descendue la France. Et avec le dernier des premiers déchus de France, ce fut la chute totale. La chute définitive. Irréversible. Le saut irréversible dans le néant historique. La France ne se relèvera pas d’une telle chute. C’est une déchute. Tous ces petits hargneux montés au pouvoir. Tous ces culs de plomb vissés sur le trône républicain. Tout ce petit public monté à tour de rôle sur son dé-séant. Cette petite monnaie de seigneurs, avec le suppositoire républicain enfoncé dedans. Tous ces rebuts de la France, toute cette clique de la déchéance totalement française. Tout ce populo énarque made in France. Toute cette mitraille, cette racaille en habit du dimanche. Un dimanche mais déchu. Un dimanche à Auchan, avec tous ces petits cadres franchisés, ces petits fonctionnaires de l‘indignité française. Tous ces pourvoyeurs de la petite France. Ces fourvoyeurs du bel esprit français. Ces faux monnayeurs avec une patente. Tous ces épatants rentiers de la déchéance. Tous ces bailleurs de fonds qui nous ont endormis à tour de rôle. Tous ces faux veilleurs pour mauvais coucheurs, tous ces faux rôles. Tous ces enrôlements de maniganceurs. Tous ces petits drôles qui nous ont mis dedans. On est dans la France. On plonge tout au fond. Triste mine. Et ça descend pendant longtemps. Ça déchéant. C’est la dèche à pic. Il faudrait rebaptiser la France. Ne m’appelez plus jamais France. Appelez-moi plutôt la Dèche. Le Déchet-France. Puis appelez-moi la Drance, tant qu’on y est. Qui coule sous nous, sans transparence. La fange, ou la Fréance. C’est franchement rance. On n’a pas beaucoup de chance. Que des déchets qui dansent. C’est une chanson que l’on fredonne. On la déchante à tue-tête. On se paye ainsi notre fiole. Tant pis pour nous. On est les déchanteurs français. Et on écrit chaque jour la déchanson. Celle qui nous chante la déchéance de la France au quotidien. Le quotidien sans pain, sans vin et sans boursin. On mettrait ça en musique. Sur l’air du manque de chance hexagonal. On déchanterait ça, comme les sept nains. Sur l’air de : Eh oh, eh oh, on rentre du boulot. Les déchéants français rentreraient dans la danse. Ou plutôt la décadanse. Eh oh, eh oh, on n’a d’jà plus de boulot. A chaque décade on y déchante. Eh oh, eh oh, on n’a guère plus de chance. On rentre en déchéance en déchantant français. On déchanterait par tous les temps de la France. Sous une pluie française nous déchanterons. Car seule la pluie en France est battante. Mais sous le soleil tout pareillement. On déchéanterait. Sous la déchéance, exactement. Pas n’importe où, pas n’importe quand. Mais dans la France. Dans tout ce pays ratiboisé. Comme des bêtes bonnes à tuer, on déchanterait. Déchus français nous étions déjà, bien avant la déchéance nouvelle. La nouvelle chance d’encore déchoir, dans ce petit pays enfoncé. Tous ce peuple engoncé dans le trou perdu français. Le temps d’où tout ça chu. Dans un mouvement de recul. Et sans rétroviseur. La France déjà bien embourbée. Pays perclus de malchance. Petit véhicule sans gouvernance. Voiturette à nul volant. Un wagonnet pas sur ses rails. Une brouette qui dévale les pentes. Un chariot. Un fardier à mariole. Une vraie civière la France. Une sorte de cahute, avec des apatrides dedans. Un déchéancier, ouvert à tous les vents. Sans guère plus de résistance. Qui n’en veut maintenant de cette France ? Qui n’en a besoin, hein ? pour construire plein d’endormissements. Qui n’en a pas plein les fouilles de toute cette déchéance ? Avec des camps d’entrainement. Et des camps exterminant. Des militaires déterminés et des pauvres gueux minés. Des militants de tous pays déchus. Faire marcher la déchéance au pas. Au pas de charge toutes les télés dans les lotissements de la France. La déchéance avance depuis combien de temps en silence ? Tous à dégoiser du haineux patriotant. Tous crapotants. Tout ça qui rampe en France. Et qui aboie. Comme des chiens, quand la caravane poisse. Le caravansérail. La caverne d’Ali baba. Les quarante petits voleurs. Les mille et une grandes nuits. Les belles fantaisies. Les raconteries. Les chansonnettes et les historiettes. Les bidonnements. Les chatouillettes. Les pieds de nez et les babouches. Les grimaces et les farandoles. Les tissus de couleur et les mystères. Les pétards et les allumettes. Le feu de joie et la guitare. Et nos dents en or. Nos mâchoires qui chantent, prêtes à mordre.