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Le grand décepteur

Le professeur est pour le suicide du sentiment, le sentiment ne trouve pas grâce aux yeux du professeur, ou alors seulement le sentiment professoral, le sentiment incarné par la force et le pouvoir professoral, le sentiment de force, le sentiment d’incarner le pouvoir, le professeur incarne son sentiment dans le dos des élèves, les élèves en ont plein le dos des profs, ils sont incarnés, ils n’atteignent que le sentiment professoral, le sentiment du prof est la seule vertu du cours, pas de cours aux élèves, mais l’instruction du prof à son propre sentiment, c’est son sentiment qui est prof, son sentiment dirige le cours, les sentiments des élèves sont ignorés, les sentiments restent dans les chaussettes, mais dans les cartable tout est proscris, dans le cartable de l’élève il n’y aura que le sentiment professoral, pas le sien, le sien de sentiment sera suicidé dès la première leçon professorale.

Le professeur incarne la force. Le professeur est le pouvoir incarné. Il fait mal à l’élève avec son pouvoir, car il le réduit en miette. Les sentiments des élèves sont comme des miettes qu’il faut balayer. Il y a des petites miettes encore monsieur le professeur. Ce sont des sentiments d’élèves. Balayez-moi tout ça hurle le professeur, le professeur passe derrière les balayeurs et leur colle des grosses claques. La claque professoral est un sentiment qu’il faut passer à l’élève. Il faut lui passer l’envie de recommencer à avoir des sentiments pour les miettes de son savoir.

L’élève son savoir c’est son sentiment. Et le professeur a le sentiment que son savoir sait tout. Il faut que Lénine revienne. Le métier de professeur ne peut être lié à son pouvoir sentimental. Il faut qu’il soit comme un champion de course automobile le professeur. Un grand joueur d’échec le professeur. Mais il ne doit pas mettre en échec les sentiments estudiantins. Il faut un nouveau Lénine pour décider quoi faire des professeurs. Le nouveau Lénine décidera que le prof est un sportif de haut niveau qui se prépare à rentrer dans la classe. La classe du professeur est une arène où se joue la coupe du monde professorale. C’est les étudiants qui décernent la coupe du monde professorale. La coupe du monde professorale se joue pendant dix ans. Le tout nouveau Lénine fera une loi où le professeur participera à la coupe du monde des professeur pendant dix ans, après direction la retraite. Pas de sentiment.

Les vieilles colères ne nous aident pas. Elles nous ont aidé les vieilles colères mais elles ne nous aident plus. Elles sont des vieilles martingales de colères. Ce ne sont pas les colères en elles-même mais ce sont ceux qui ont porté ces colères, qui les ont fabriquées et portées. Ils ont fabriqué des colères pour un temps, le temps où ils avaient faim. Seulement la colère les a nourris et ils font mines d’ignorer les colères nouvelles. Ce n’est même pas ça. Ils veulent reprendre les colères, car ils écrivent encore des manifestes, mais ce sont des manifestations de fausses colères. Comme si toutes les colères on pouvait les mettre dans le même sac, comme si on pouvait brader les colères d’aujourd’hui car elles ne vaudraient pas celles d’hier. Celles d’hier semblaient plus vraies, ou alors plus folles. Celles d’hier plus sincères. Ce sont ceux qui ont porté ces colères et qui ne sont plus en colère, qui veulent défaire la colère d’aujourd’hui, en la mêlant à toutes celles qu’ils ont connu. Ils ont connu les colères et les ont éteintes, mais ces colères ne se sont pas éteintes pour autant, en fait quand je dis qu’elles ne nous aide pas, c’est faux, évidemment, mais ce sont les porteurs de colères qui sont fourbes. Ils nous ont fourvoyé en nous montrant qu’au final, la colère finit par retomber. « donnez-moi les colères d’aujourd’hui et je les brandirai dans mon magasin avec celles d’hier !». ça veut bien dire que sa colère d’hier était un peu de la gnognote, que ça ne pouvait pas fonctionner totalement, qu’il y avait un endroit où la colère ne prenait pas. Elle ne prenais pas sur le bonhomme la colère, car elle n’était pas dupe, le bonhomme avait d’autres visées. Sa colère était un moyen d’accéder à autre chose, à quelque chose sans colère. Il faut bien dire que la colère, si on la porte seul, c’est difficile. Il faut que le monde soit emmené dans la colère, mais là c’est très délicat, la colère ça ne marche pas dans le monde, ou si peu. Le manifeste est un geste individualiste. Le manifeste est une colère pour s’asseoir, pour finir assis. Les manifestes conviennent bien au monde, les colères aussi, du moment que le monde est plutôt assis et pas manifestant (en colère). La colère ne marche pas, car elle a un autre but que le but de la colère. La colère a des buts cachés. Le vrai but de la colère, serait de changer la vie, de bouleverser le monde. Si le monde doit être bouleversé, il faut déjà bouleverser son propre monde puis bouleverser les choses, petit à petit tout autour, tout en restant en permanence dans le noyau de la colère. Et il ne faut pas mésestimer les colères de l’autre. Que chaque noyau de colère se rencontre, au présent. Qu’il n’y ait pas de mépris pour la colère qui pousse, la colère qui arrive, même si dans le tas il y a peu de vrais coléreux et qu’il y a surtout un tas d’arrivés dans cette colère, et que les arrivés échangeront vite la colère contre une place dans le monde, le plus horrible soit-il.

anti mouvement la danse

Je n’aime pas le mouvement. Tous les mouvements. Je n’aime pas quand ça bouge, quand il faut que ça bouge, que ça change. Fini le changement. Plus de mouvement ni de changement, ni de ça bouge. Bougeons dans le vent. Le vent ça sent. Nous tombons du vent. Le vent est mort et nous avec dans son mouvement. Son mouvement au vent c’était de danser. Le grand dansement. Le dansement c’est la danse qui nous ment. Nous ne voulons plus du mouvement, nous voulons du ment dansé, et c’est très différend, car nous ne voulons pas de la dépense. La dépense ment, tout comme la pensée. Nous tombons dans la danse. Nous nous laissons penser par elle. D’ailleurs elle ne pense pas la danse, elle pense-ment, car penser c’est déjà faire mouvement. Et à bas tous les mouvements ! A bas les pansements ! Nous dansons comme des écrasés. Nous n’avançons plus, sauf pour nous écarter du mouvement. C’est le mouvement de tout un chacun. C’est la danse à tout le monde. Alors nous nous écartons de tout le monde, c'est-à-dire de nous-mêmes. Nous sommes un corps qui change seulement pour danser. C’est-à-dire pour ressembler à l’écraser. Nous organisons la danse presse-purée. La danse cloporte. La pensée ne danse pas. Elle veut du mouvement. Elle veut également le grand écart. Le chant et le son. La musique et la vie. Tout ces écartements d’exister entre hier et maintenant pour malgré tout danser dans le grand cirque du vivant. Mais nous nous voulons la mort par écrasement, pas par la fuite. Penser est une fuite désespérée. Nous voulons la danse du ratatinement, pas du mouvement. Nous ne sommes pas morts. Nous sommes juste extrêmes. Extrêmement justes et vivants, jusqu’au prochain numéro. Le numéro suivant est le grand écart qui nous rassemble, le grand écart qui entre en nous-mêmes, par la parole et le geste. Pas par le mouvement. A bas les mouvements !

la pensée naît

le corps se change

la langue vieillie

les idées meurent

ne vous écartez pas du droit chemin

évitez de trop avoir des idées

les idées et les pensées s’écartent toutes seules

il est plus difficile de danser que d’avoir des idées

les idées, c’est quand on n’y pense pas qu’on tombe dessus

c’est d’ailleurs elle qui nous tombe sur le poil

il suffit de marcher dans la rue

et de pas regarder sur le trottoir

sur le trottoir les idées fument

il suffit de pas regarder

et ça glisse tout seul

mais pour tomber vraiment

il faut danser, c’est-à-dire s’écarter

pour faire le grand écart

il faut d’abord tomber les idées

comme on tombe la chemise

et la souplesse amoureuse revient

c’est-à-dire le naturel

il revient au galop

il fait la danseuse

sur le petit vélo

qu’il a dans sa tête

car sa tête elle seule danse

sa tête c’est la souplesse au naturel

sur le petit vélo, sa tête à elle seule

ça pense en dedans tout amoureusement

car c’est amoureusement qu’on est

collé à la bicyclette, on tombe

tout le peloton se prend une gamelle

on tombe amoureux, c’est-à-dire on danse

on tombe dans la danse

les yeux ébahis, la langue qui pend

le cœur qui bat la chamade

tous les organes passent leur musique

personnelle

c’est la révolte des organes

révolution = on danse

on fait exploser l’existence

nous ne sommes pas là

nous ne sommes pas là nous devrions être là mais nous n'y sommes pas nous sommes pas avec nous-mêmes il y a quelque chose en nous qui pousse mais ce n'est pas nous c'est un autre qui pousse en nous-mêmes nous sommes pas nous-mêmes car nous ne sommes pas là avec ce nous qui pousse c'est un nous qui n'appartient pas à nous-mêmes c'est un nous autre il est noué à nous le nous autre il pousse en nous-mêmes et nous noue avec l’autre nous si ça continue il fera partie de nous-mêmes le nous autre ou alors c'est nous-mêmes c'est nous-mêmes qui ferons partie de lui c'est-à-dire de nous-mêmes c'est nous-mêmes qui serons en son nœud et c'est lui qui sera nous il sera pleinement nous-mêmes avec un petit peu de nous dedans.

écrit dans l'avion pour tout ce qui nous parle

tout ce qui nous parle est tout ce qui devrait sortir de nous mais qui ne sort pas tout ce qui nous parle nous vient de l'intérieur mais pour nous indiquer qu'il n'y a pas d'intérieur si l'on veut signifier l'intérieur il faut que tout ce qui nous parle se mette à parler car tout ce qui nous parle ne nous parle pas mais nous infecte tout ce qui nous parle n'est pas bon et ça finit toujours mal de vivre dans tout ce qui nous parle tout ce qui nous parle ne vient pas de nous et pourtant il est ce nous ou ce moi étouffé pour rendre gorge à l'étouffement pour en finir avec tout ce qui nous parle dans les moi et les nous noués à tout ce qui nous parle il faudrait parler à son tour c'est-à-dire vider la boîte de tout ce qui nous parle car tout ce qui nous parle est un pourrissement c'est notre devenir pourri tout ce qui nous parle viendrait soi disant de l'autre tout ce qui nous parle nous semble extérieur et on se croit nourrit avec tout ce qui nous parle alors on recrache bellement tout ce qui nous parle comme étant ce qu'on a pensé au plus fort de nous-même à la cime de notre personne il y a tout ce qui nous parle comme une cloche qui sonne pour rassembler ses ouailles devant tout ce qui nous parle tout ce qui nous parle est repris par la bouche de tout ce que je parle du coup la bouche ne s'ouvre pas face à tout ce qui nous parle ni la bouche ni la main ni d'autres organes ne s'ouvrent face à tout ce qui nous parle de partout car partout tout ce qui nous parle parle et rebondit sur nous et résonne et ça donne que trop rarement le tournis tout ce qui nous parle tout ce qui nous parle nous empêche d'avancer nous fait tourner en rond dans tout ce qui nous parle il n'y a pas d'extériorité il n'y a pas de for intérieur non plus il n'y a pas de raison d'être ou de sentiment dans tout ce qui nous parle pas de sortie ni d'entrée face à tout ce qui nous parle il y a une manière de siffler dans l'air prendre de la hauteur et s'abattre sur tout ce qui nous parle pour le mettre en pièce

SPB 13/9/16

LE CIEL

J’essaie d’avoir une relation avec LE CIEL. Je sais il ne faut pas essayer. Il n’y a rien à essayer avec LE CIEL. Je ne veux pas m’essayer dans LE CIEL, ni en dehors de LE CIEL. Je ne sais pas ce que c’est que LE CIEL, c’est pour ça que j’ai parlé d’un essai. Il y aurait un bout d’essai avec LE CIEL. On ferait un petit bout d’essai et ensuite on verrait bien s’il faut continuer. Qu’est-ce qui peut se continuer en LE CIEL. Je n’ai pas la possibilité de le savoir sans tenter quelque chose. C’est pour ça que j’ai parlé d’un essai, mais je sais qu’il faut pas parler d’essayer, il faut y aller et c’est tout, c’est ça la grande leçon avec LE CIEL, c’est que LE CIEL a tout pris du dehors et pourtant il portait des choses en dedans, dedans était le savoir de LE CIEL, mais LE CIEL ne voulait rien savoir du savoir de dedans, il voulait montrer qu’il savait rien LE CIEL, il voulait montrer qu’il y avait que du vent dans LE CIEL, alors qu’il n’y a pas que du vent qui traverse LE CIEL, il y a tout ce qui se présente, c’est ça le problème de LE CIEL, avant LE CIEL il n’y avait rien pense LE CIEL, mais LE CIEL se trompe, comme il se trompe qu’il n’y aura plus rien après, ce n’est pas LE CIEL qui se trompe, c’est ceux qui le voient, ou plutôt ceux qui pensent avoir à faire à autre chose qu’à LE CIEL, d’ailleurs LE CIEL n’est pas une chose, LE CIEL pourrait en montrer à quelques-uns s’il le voulait, il pourrait montrer qu’il n’a besoin de rien pour être LE CIEL, d’ailleurs c’est ça qu’il fallait que je dise dès le début et que je m’exécute, sans avoir à penser qu’il faut que je m’essaie à LE CIEL, je n’ai rien d’un essayeur de LE CIEL, j’ai toute ma tête et personne n’a à me dire ce que je dois faire avec LE CIEL, si je ne fais rien c’est pareil, LE CIEL saurait quoi faire tout seul, il n’a même pas besoin de LE CIEL LE CIEL, personne a besoin de LE CIEL, et LE CIEL encore moins, LE CIEL non plus à pas besoin de lui, je veux dire de LE CIEL, personne a besoin de prouver quoi que ce soit, car quoi qu’on pourrait dire, on finirait par le dire à LE CIEL et ça serait LA BEREZINA, ou alors pas, ils croient tous que ça serait LA BEREZINA, c’est pour ça que c’est devenu LA BEREZINA, et pas que dans LE CIEL, c’est devenu LA BEREZINA partout ailleurs, car ce n’est pas du tout LA BEREZINA dans LE CIEL, mais eux pensent que c’est à cause de LE CIEL que c’est LA BEREZINA partout, car dès qu’on s’adresse à LE CIEL on s’adresse à LA BEREZINA pensent-ils, mais entre LE CIEL et LA BEREZINA rien à voir, c’est eux qui ont fait le lien, c’est dans leur tête LA BEREZINA, c’est eux qui en s’adressant à LE CIEL on désiré LA BEREZINA, mais ça n’a rien à voir et quelle que soit LA BERIZINA d’ailleurs, LE CIEL c’est juste une invention et ce n’est pas un mal d’inventer, on s’invente ainsi tout un tas de LE CIEL qui ne veulent rien dire, on s’invente des LE CIEL à toute berzingue, on se crée tout un tas de LE CIEL, déjà on veut un LE CIEL pour soi et on croit que c’est aussi pour l’autre, pour LE CIEL de l’autre, chacun devrait se fier à LE CIEL sien et basta, à son propre LE CIEL, pas à mon LE CIEL mais un LE CIEL qui serait juste le sien, chacun devrait avoir son LE CIEL propre et LES VACHES seraient…, oh et puis non ! on va pas recommencer avec LES VACHES ! LES VACHES n’ont rien à voir non plus avec LE CIEL, c’est eux qui ont inventé tout ça, c’est pas LES VACHES et pas LE CIEL, LE CIEL n’a rien inventé du tout pour le coup, et LES VACHES non plus, LE CIEL il était juste là, il passait par-là comme on dit, il n’essayait pas d’être LE CIEL, c’est ça en fait la différence entre eux et LE CIEL, c’est que LE CIEL n’essaie pas d’être LE CIEL, il est là et c’est tout, ils devraient en prendre de la graine de LE CIEL, ils devraient réfléchir à deux fois, mais réfléchir à deux fois c’est déjà une erreur, c’est en se mettant à cogiter que l’on pense de suite à LE CIEL, alors qu’il n’y a pas à s’y référer, il faut juste se référer à rien, il faut pas se référer du tout même, ou alors à un LE CIEL sien, un petit LE CIEL tout sien, un petit rien de LE CIEL tout sien, une petite brique LE CIEL, un bidule LE CIEL, une chose à LE CIEL, son LE CIEL sien tout minuscule et bien rentré, un LE CIEL bien raboulotté, mais qu’on déploie parfois, on le fait se déployer juste pour soi, c’est aussi ce que je fais avec LE CIEL, je me déploie dedans mais en secret, je déploie mon LE CIEL secret comme je déploierais des ailes, et advienne que pourra !