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j'en ai marre des vieux

j'en ai marre des vieux, violeux, les violences, j'en ai marre de la viole violée des vieux, violence j'en ai, marre des je, des violés, je viole des vieux, violeux, j'en ai et ça me marre, ça vie mieux c'est du vide à j'en ai marné de l'envieux, j'en ai des vieux sons violents, sont vieux, sons des violences vieilles, les marres j'ai, j'en ai vu de la vieille ou du vieux marnés, j'en ai marne des vieillardes, les hardes de vieux violées, je prends les voiles j’ai vu oui, j’envie du vieux vu dans les yeux noyés, les voyeurs marner j’en ai, se mourant vieux et moutonnant j'en vu et des moumoutes à jeunes envieux, mamours en vents, violent ma marne en joie, les vieux me violent en j'ai, j'en ai plein l'nez des vieux dans les yeux, je vois des vieux yeux en moi tout le bleu d'égo binant, bilan du je voulu, émoi goulu, le jeune à genoux des vieux, gens veules en sons les bleus mal, aux cieux des moi, jouer veux oui, moi-je dans du vieux gens, violent, des jeux mieux j'en ai, les vieilles sales eaux et salauds d'vieux ravalés, de l'eau salée des envolées j'en ai les marres d'yeux nœud, j'envie les vulves à vider je, je vis en du ci-gît où ça n'y viens, car oui, j'en ai var des mieux

je veux, oui, j'aime les vieux

ça vit

c'est la viande en ville

vieille peau de vivant j'aime

vieillir j'ai une vieille

en moi je me vois

vouloir me voir

en veuve joyeuse

de je

l'invisible de nous

Je vois. Je vois voir. Je le vois d’ici. Je vois le voir d’ici de la vue mienne. Mais je vois aussi d’une autre vue qui n’est pas mienne. C’est-à-dire que je vois le voir non mien qui voit ce que je vois. Il voit mon voir. La vue de voir qui voit et moi. Car moi je le vois. Je sais dans l’œil de la vue de lui le voir de moi. Je sais mon moi dans le voir vu. Je crois savoir. Car je vois tout le vu, ou presque. Tout le presque est dans le voir de la vue de lui aussi. Il manque de l’ici et du là-bas dans les deux vues. Car le ici et le là-bas se font aussi toujours voir autrement. Je vois une partie de l’ici dans la vue que je vois et la vue qui me voit voit un ailleurs qui est autre que la vue de là-bas. On ne voit pas tout de là-bas ou d’ici. On ne voit pas tout d’ici si on est ici et on ne voit pas tout du là-bas non plus si on reste là. Et pareil pour là-bas qui voit pas tout de lui ni de nous. C’est-à-dire s’il est dans son ici il ne le verra que partiellement. Nous sommes ici. Lui est là-bas. C’est un lui qui n’est pas tout lui surtout quand il nous voit. Et moi pareil, je ne vois pas tout de moi dans l’ici. Je ne vois ni l’ici totalement ni le totalement moi. Je ne suis jamais totalement moi surtout si je veux me voir ici tout en regardant là-bas. Je ne peux pas tout faire et en même temps si je vois là-bas peut-être que je me vois mieux que si je me regardais uniquement dans cet ici. Si je suis plongé uniquement dans l’ici je ne verrai déjà rien de là-bas et il n’est pas sûr que je voie mieux que si je trainais mon regard au loin. Pareil pour l’autre qui se trouve là-bas, c’est-à-dire pour celui qui me voit. Il n’est pas ici mais il est dans une sorte d’ici quand il est là-bas à me regarder, il se voit peut-être plus dans une totalité que s’il était dans son ici de là-bas à se regarder uniquement, car il n’aurait peut-être pas un ailleurs que j’appelle moi ici. Il serait dans une moitié d’un ici à lui mais une autre partie lui échapperait, ici ou là, quoi qu’il fasse. Il peut échapper à son ici qui ne devient qu’un là-bas qu’en venant ici me contempler de là-bas. Du coup son ici et son là-bas, associé au mien, donne une idée plus complète de la vue nôtre. Du coup, je peux dire je le vois. Je ne vais pas tarder à me voir aussi là-dedans, ici et là-bas, dans cet ensemble de vues. Je suis pas loin de me voir dans la vue sienne et lui réciproquement. Nous verrons tout le savoir des vues ou presque, on ne restera pas ignorant longtemps pense-t-on. On est en vue de se voir en tout cas. C’est déjà ça. C’est pas loin de profiter à tout le monde, toutes ces vues qui vont ainsi profiter en proliférant, avant d’éviter le visible. Car c’est ça qu’on ne veut plus voir au final. On voudrait voir du non vu, un non vu moins aveuglant que le visible d’ici ou de là-bas. L’invisible de nous, on voudrait le voir surgir. On voudrait voir surgir tout l’invisible de partout.

lectures en juin 2016
Le 27 mai à Rouen pour le festival Rush
du 28 au 30 à Eauditives, à Maximin, (avec le livre Tennis de table, qui sort aux éditions Plaine page)
Le 1er juin à Rennes, pour la Biennale des écritures Spéléographie
Le 3 juin à 21h à Grandris (69) avec bibi konspire : Librairie Compagnon, 8 sentier des écoliers
Le 4 juin à 22h45 à Clermont-Ferrand (63) : festival « Les Voix mortes », Raymond Bar, 1 rue du Pré la Reine
Le 5 juin à 19h à Cormatin (71) : sous yourte chez Pierre Jacob, "clos Jacob", à côté de l'église - en duo Pennequin/Charbonnier
Le 6 juin à 20h30 Lyon (69) avec bibi konspire : Le Périscope, 13 rue Delandine
Le 7 juin à Saint-Étienne (42) : Bibi konspire en Galerie d'art Le 17, 17 rue de la Mulatière
Le 17 juin à 19h30 à Caen (14) : Bibi konspire : Le Bocal, 48 rue Gaston Lamy - Mondeville
Le 18 juin à 20h30 à Rouen (76) : festival « Plage Sonore », L'oreille qui traîne, place des Faïenciers, avec Patrick Charbonnier et Olivier Bost (de Bibi konspire)
19 au 23 à Mille univers, Bourges
le 25 juin périphérie du marché de la poésie, Chapiteau des turbulents à partir de 16h30, dans le 17ème.
Le père ce matin, pour Nuit Debout !

le père ce matin

Sans m'en rendre compte, ai répété ce matin, comme un air dans ma tête, un poème édité dans mon premier livre (Le Père ce matin, chez Carte Blanche) à partir de ma lecture de l'article dans Libé sur le mouvement "Nuit debout" (ou : Mouvement du 32 mars)

("Nuit debout un bois/ l'habite en berne/...").

Mon poème dans la tête en résonnance à la joie de savoir que ce mouvement tienne bon et s'amplifie ici, en France!

père ancien sa lie

me berce le corps

gris lait la nuit

poisse son temps

à descendre

pour aller pisser

enfin, père imberbe

nuit debout un bois

l'habite en berne et

le chat seul usera

les mains

demain boire

les derniers vers

qui rentrent dans sa main

dans le cimetière du père

j'écris que sans ma main

la merde sente le

père ce matin

tiens moi

bien dans les branches

il se répand du vin

je crains

que perdre la main

qui écrit qu'est rien

le vent

du cimetière la terre

qui tient entre mes doigts

je siffle

peine à lire ce râle

et les sourires mort il dit

parler aux murs qui blancs

le regardent père au loin

m'apprennent à lien

à perdre son latin

peur du vide il revient

vois rien entends

parler les doigts

scient du verre et

crache à son fils lui porte

il se plaint à travers

la parole est sa poutre

la sœur ce n'est

rien le père

est plein il partira

dans sa peine de rien

de naître avant les siens

de plus pleurer son vin

ne perds pas la main

sœur n'est rien qu'un

coup d'chemin après boire

dans les mains la mère

revient sourire

à demain

ciel serein repaire

en rien repeint la

terre c'est elle qui

parle

père à peine

entre les draps son

jardin les tranchées pas

marcher père enfin

me parler

pire à l'aine

l'un part l'autre

parle peu comme

en travers de son silence

dans son train-train

rapport à peine

dictionnaires du père dire

que son air niais rien à

voir aux voisins qui causent

mal il dit parler

dans l'effort le foin

la langue d'un mort

première pose

dans le jardin noire

la prose ne dit mot dit

ce qui me perce c'est

le silence en ses yeux

du froid café c'est

pour laper sa mort

d'un peu

encore le soir descendre

au soupirail et guetter le trou

le regard d'où s'en aller

le rêve éphèbe et l'effet

mère déboule dans le

dénué tout bu bi

route et branle

la boule de nue l'ourlet

d'habitude qu'on a biné entre ses

lèvres alors que dehors les ombres

lèchent ils savent

tout du lourd sommeil des caves

pine à l'air

les barreaux burent

la chaleur de mes jambes

dehors la parole

à l'encadrure où le porc

va pousser dans l'air du chemin

brûlant le cri nul

et la mère dans l'étau :

prends tes patins

il fait froid dans

l'autre entre

il me voit le voi

sin boit le foin

ça fait perdre

son latin merde

il est plein dans la

lumière il est plus per

du dans l'armoire

c'est pour du

beurre

après l'heure du garde

il est le père fouettard

sa lippe est la lie

du pipi où râlent

mes pipes et tard dans

l'ennui j'écris demain

j'arrache les patates

pardon mon père l'infecte

essence sous l'affreux rire

la bileuse main qui

me perce père c'est

qu'il vieux

mot même

pourrir de l'étant

des vins qui coulent

du pantalon pardon

mes frères tout foire

debout

dans l'ordure à dire

toute la boue

sans la main qui nous berce.

L’usage qui est fait de la poésie est nul.

L’usage qui est fait de la poésie est nul.

L’usage de la poésie pour citer la philosophie

pour se poser la question si la poésie se fait sur une scène

la poésie propre et intelligente, encore si elle est savante, que la poésie soit savante

c’est normal, mais intelligente, cultivée, ça ce n’est pas normal

qu’elle soit savante de ce qu’elle fait, quand elle avance dans le noir

quand elle est comme un aminal

Un animal se sait, il cherche, il scrute, il devine sa proie

il ne cite pas la philosophie

pour lutter contre les signes

La poésie est comme un poisson dans un étrange bain

ça remue, ça ne dort pas, ça n’est pas propre

La poésie fait de la pseudo philosophie, c’est à se demander comment ça se fait

que les philosophes ont tant besoin de pseudo philosophes

Pour qu'on leur graisse la patte ?

La philosophie est tout aussi ignorante de la pensée

que ne l’est la poésie

mais elle est en plus ignorante de l’art bien souvent

elle ignore la poésie, tout au moins elle regarde de haut toutes les pratiques

et à un avis sur la question

sur la question de la peinture

comme sur la question de la poésie, sur la question littéraire

et sur l’art, le théâtre, elle sait tout

seulement, il y a des révolutionnaires du théâtre

qu’elle ignore superbement

et la poésie veut reprendre cette ignorance à son compte

John Giorno dit : il faut brûler pour briller

Il faut que la poésie arrête les citations

qu’elle soit un mur anti-citation, qu’elle avance et se cogne au réel

qu’elle en prenne un coup, qu’elle sorte des salons, des théâtres, des débats de poète à poète

il faut brûler loin de la philosophie de comptoir, même si ce comptoir est rutilant

c’est propre, ça s’élève, ça n’a pas de mauvaises fréquentations

et ça se dit poète.

Comment rendre le poète et sa poésie moins nulle?

Déjà en arrêtant de monter sur l'autre

sur tous les autres, et de se rabaisser ainsi

On se rabaisse en poésie en croyant que la poésie n’intéresse que quelques gens

quelques savants et autres cultivés

on se rabaisse en draguant la philosophie

La poésie est anti philosophie

elle pense, elle lutte, elle crie

elle hurle comme un mogol

elle tourne en rond, comme un débile

ou comme un humain

car les humains c’est débile

c’est une chose parmi d’autres, ce n’est pas savant

ce n’est pas scientifique un humain

c’est un outil pour la puissance

Les puissants veulent massacrer les débris

les peuples mongols

les malades

les pauvres dans les steppes et les tôles ondulés

les handicapés

les écrasés

les déportés

les femmes

Et les poètes

pendant ce temps-là

discutent philosophie.