@Contact
lectures en juin 2016
Le 27 mai à Rouen pour le festival Rush
du 28 au 30 à Eauditives, à Maximin, (avec le livre Tennis de table, qui sort aux éditions Plaine page)
Le 1er juin à Rennes, pour la Biennale des écritures Spéléographie
Le 3 juin à 21h à Grandris (69) avec bibi konspire : Librairie Compagnon, 8 sentier des écoliers
Le 4 juin à 22h45 à Clermont-Ferrand (63) : festival « Les Voix mortes », Raymond Bar, 1 rue du Pré la Reine
Le 5 juin à 19h à Cormatin (71) : sous yourte chez Pierre Jacob, "clos Jacob", à côté de l'église - en duo Pennequin/Charbonnier
Le 6 juin à 20h30 Lyon (69) avec bibi konspire : Le Périscope, 13 rue Delandine
Le 7 juin à Saint-Étienne (42) : Bibi konspire en Galerie d'art Le 17, 17 rue de la Mulatière
Le 17 juin à 19h30 à Caen (14) : Bibi konspire : Le Bocal, 48 rue Gaston Lamy - Mondeville
Le 18 juin à 20h30 à Rouen (76) : festival « Plage Sonore », L'oreille qui traîne, place des Faïenciers, avec Patrick Charbonnier et Olivier Bost (de Bibi konspire)
19 au 23 à Mille univers, Bourges
le 25 juin périphérie du marché de la poésie, Chapiteau des turbulents à partir de 16h30, dans le 17ème.
Le père ce matin, pour Nuit Debout !

le père ce matin

Sans m'en rendre compte, ai répété ce matin, comme un air dans ma tête, un poème édité dans mon premier livre (Le Père ce matin, chez Carte Blanche) à partir de ma lecture de l'article dans Libé sur le mouvement "Nuit debout" (ou : Mouvement du 32 mars)

("Nuit debout un bois/ l'habite en berne/...").

Mon poème dans la tête en résonnance à la joie de savoir que ce mouvement tienne bon et s'amplifie ici, en France!

père ancien sa lie

me berce le corps

gris lait la nuit

poisse son temps

à descendre

pour aller pisser

enfin, père imberbe

nuit debout un bois

l'habite en berne et

le chat seul usera

les mains

demain boire

les derniers vers

qui rentrent dans sa main

dans le cimetière du père

j'écris que sans ma main

la merde sente le

père ce matin

tiens moi

bien dans les branches

il se répand du vin

je crains

que perdre la main

qui écrit qu'est rien

le vent

du cimetière la terre

qui tient entre mes doigts

je siffle

peine à lire ce râle

et les sourires mort il dit

parler aux murs qui blancs

le regardent père au loin

m'apprennent à lien

à perdre son latin

peur du vide il revient

vois rien entends

parler les doigts

scient du verre et

crache à son fils lui porte

il se plaint à travers

la parole est sa poutre

la sœur ce n'est

rien le père

est plein il partira

dans sa peine de rien

de naître avant les siens

de plus pleurer son vin

ne perds pas la main

sœur n'est rien qu'un

coup d'chemin après boire

dans les mains la mère

revient sourire

à demain

ciel serein repaire

en rien repeint la

terre c'est elle qui

parle

père à peine

entre les draps son

jardin les tranchées pas

marcher père enfin

me parler

pire à l'aine

l'un part l'autre

parle peu comme

en travers de son silence

dans son train-train

rapport à peine

dictionnaires du père dire

que son air niais rien à

voir aux voisins qui causent

mal il dit parler

dans l'effort le foin

la langue d'un mort

première pose

dans le jardin noire

la prose ne dit mot dit

ce qui me perce c'est

le silence en ses yeux

du froid café c'est

pour laper sa mort

d'un peu

encore le soir descendre

au soupirail et guetter le trou

le regard d'où s'en aller

le rêve éphèbe et l'effet

mère déboule dans le

dénué tout bu bi

route et branle

la boule de nue l'ourlet

d'habitude qu'on a biné entre ses

lèvres alors que dehors les ombres

lèchent ils savent

tout du lourd sommeil des caves

pine à l'air

les barreaux burent

la chaleur de mes jambes

dehors la parole

à l'encadrure où le porc

va pousser dans l'air du chemin

brûlant le cri nul

et la mère dans l'étau :

prends tes patins

il fait froid dans

l'autre entre

il me voit le voi

sin boit le foin

ça fait perdre

son latin merde

il est plein dans la

lumière il est plus per

du dans l'armoire

c'est pour du

beurre

après l'heure du garde

il est le père fouettard

sa lippe est la lie

du pipi où râlent

mes pipes et tard dans

l'ennui j'écris demain

j'arrache les patates

pardon mon père l'infecte

essence sous l'affreux rire

la bileuse main qui

me perce père c'est

qu'il vieux

mot même

pourrir de l'étant

des vins qui coulent

du pantalon pardon

mes frères tout foire

debout

dans l'ordure à dire

toute la boue

sans la main qui nous berce.

L’usage qui est fait de la poésie est nul.

L’usage qui est fait de la poésie est nul.

L’usage de la poésie pour citer la philosophie

pour se poser la question si la poésie se fait sur une scène

la poésie propre et intelligente, encore si elle est savante, que la poésie soit savante

c’est normal, mais intelligente, cultivée, ça ce n’est pas normal

qu’elle soit savante de ce qu’elle fait, quand elle avance dans le noir

quand elle est comme un aminal

Un animal se sait, il cherche, il scrute, il devine sa proie

il ne cite pas la philosophie

pour lutter contre les signes

La poésie est comme un poisson dans un étrange bain

ça remue, ça ne dort pas, ça n’est pas propre

La poésie fait de la pseudo philosophie, c’est à se demander comment ça se fait

que les philosophes ont tant besoin de pseudo philosophes

Pour qu'on leur graisse la patte ?

La philosophie est tout aussi ignorante de la pensée

que ne l’est la poésie

mais elle est en plus ignorante de l’art bien souvent

elle ignore la poésie, tout au moins elle regarde de haut toutes les pratiques

et à un avis sur la question

sur la question de la peinture

comme sur la question de la poésie, sur la question littéraire

et sur l’art, le théâtre, elle sait tout

seulement, il y a des révolutionnaires du théâtre

qu’elle ignore superbement

et la poésie veut reprendre cette ignorance à son compte

John Giorno dit : il faut brûler pour briller

Il faut que la poésie arrête les citations

qu’elle soit un mur anti-citation, qu’elle avance et se cogne au réel

qu’elle en prenne un coup, qu’elle sorte des salons, des théâtres, des débats de poète à poète

il faut brûler loin de la philosophie de comptoir, même si ce comptoir est rutilant

c’est propre, ça s’élève, ça n’a pas de mauvaises fréquentations

et ça se dit poète.

Comment rendre le poète et sa poésie moins nulle?

Déjà en arrêtant de monter sur l'autre

sur tous les autres, et de se rabaisser ainsi

On se rabaisse en poésie en croyant que la poésie n’intéresse que quelques gens

quelques savants et autres cultivés

on se rabaisse en draguant la philosophie

La poésie est anti philosophie

elle pense, elle lutte, elle crie

elle hurle comme un mogol

elle tourne en rond, comme un débile

ou comme un humain

car les humains c’est débile

c’est une chose parmi d’autres, ce n’est pas savant

ce n’est pas scientifique un humain

c’est un outil pour la puissance

Les puissants veulent massacrer les débris

les peuples mongols

les malades

les pauvres dans les steppes et les tôles ondulés

les handicapés

les écrasés

les déportés

les femmes

Et les poètes

pendant ce temps-là

discutent philosophie.

LIEN POUR REGARDER ET ECOUTER LE LAVOMATIC !

cliquer sur l'image pour accéder à la pièce sur Acoustic Caméra :

lavomatic

FRANCE DECHUE

Qui déchoit ? Qui a déjà déchu ? Qui est déjà dans la déchéance ? Qui s’est déjà fait déchoir ? La déchéance a déjà opéré. Depuis longtemps, la déchéance opère dans notre pays. Notre pays opéré. On paiera pour rien, mais nous avons déjà trop payé. Déjà notre pays soldé. Déjà vendu. La France est déjà un pays déchu. Totalement déchu. Les hommes de France sont des déchus. Toutes les femmes aussi. Les filles et les fils de famille. Déchus. Tous les Français en âge d’être déchus. Il n’y a pas que les bi-nationnaux qui risquent la déchéance à court terme. Car le terme n’a déjà plus court. Terminé la blague de "ça eut payé". Plus rien qui paie en France. Finie la rigolade. Fini de rire les Français. Tous au banc de la société. La société France a déposé le bilan. L’âge de la déchéance est déjà bien avancé en France. L’âge de monsieur le président. Il est bien avancé. Il est déjà bien avancé notre déchu premier. Et le second tout autant. Et les précédents pareils. Le précédent du déchu actuel, pas mieux. Ou pire. L’un des pires mieux qu’on ait eu, ou l’inverse. Les deux premiers déchus. Les derniers présidents. Car ils ont beaucoup, beaucoup déchus. Le premier des deux déjà, le déchéanceur premier. Le petit président de la France. La France rétrécie. Plombée. Tombée bien bas. On lui a tiré dessus en plein vol et elle est descendue la France. Et avec le dernier des premiers déchus de France, ce fut la chute totale. La chute définitive. Irréversible. Le saut irréversible dans le néant historique. La France ne se relèvera pas d’une telle chute. C’est une déchute. Tous ces petits hargneux montés au pouvoir. Tous ces culs de plomb vissés sur le trône républicain. Tout ce petit public monté à tour de rôle sur son dé-séant. Cette petite monnaie de seigneurs, avec le suppositoire républicain enfoncé dedans. Tous ces rebuts de la France, toute cette clique de la déchéance totalement française. Tout ce populo énarque made in France. Toute cette mitraille, cette racaille en habit du dimanche. Un dimanche mais déchu. Un dimanche à Auchan, avec tous ces petits cadres franchisés, ces petits fonctionnaires de l‘indignité française. Tous ces pourvoyeurs de la petite France. Ces fourvoyeurs du bel esprit français. Ces faux monnayeurs avec une patente. Tous ces épatants rentiers de la déchéance. Tous ces bailleurs de fonds qui nous ont endormis à tour de rôle. Tous ces faux veilleurs pour mauvais coucheurs, tous ces faux rôles. Tous ces enrôlements de maniganceurs. Tous ces petits drôles qui nous ont mis dedans. On est dans la France. On plonge tout au fond. Triste mine. Et ça descend pendant longtemps. Ça déchéant. C’est la dèche à pic. Il faudrait rebaptiser la France. Ne m’appelez plus jamais France. Appelez-moi plutôt la Dèche. Le Déchet-France. Puis appelez-moi la Drance, tant qu’on y est. Qui coule sous nous, sans transparence. La fange, ou la Fréance. C’est franchement rance. On n’a pas beaucoup de chance. Que des déchets qui dansent. C’est une chanson que l’on fredonne. On la déchante à tue-tête. On se paye ainsi notre fiole. Tant pis pour nous. On est les déchanteurs français. Et on écrit chaque jour la déchanson. Celle qui nous chante la déchéance de la France au quotidien. Le quotidien sans pain, sans vin et sans boursin. On mettrait ça en musique. Sur l’air du manque de chance hexagonal. On déchanterait ça, comme les sept nains. Sur l’air de : Eh oh, eh oh, on rentre du boulot. Les déchéants français rentreraient dans la danse. Ou plutôt la décadanse. Eh oh, eh oh, on n’a d’jà plus de boulot. A chaque décade on y déchante. Eh oh, eh oh, on n’a guère plus de chance. On rentre en déchéance en déchantant français. On déchanterait par tous les temps de la France. Sous une pluie française nous déchanterons. Car seule la pluie en France est battante. Mais sous le soleil tout pareillement. On déchéanterait. Sous la déchéance, exactement. Pas n’importe où, pas n’importe quand. Mais dans la France. Dans tout ce pays ratiboisé. Comme des bêtes bonnes à tuer, on déchanterait. Déchus français nous étions déjà, bien avant la déchéance nouvelle. La nouvelle chance d’encore déchoir, dans ce petit pays enfoncé. Tous ce peuple engoncé dans le trou perdu français. Le temps d’où tout ça chu. Dans un mouvement de recul. Et sans rétroviseur. La France déjà bien embourbée. Pays perclus de malchance. Petit véhicule sans gouvernance. Voiturette à nul volant. Un wagonnet pas sur ses rails. Une brouette qui dévale les pentes. Un chariot. Un fardier à mariole. Une vraie civière la France. Une sorte de cahute, avec des apatrides dedans. Un déchéancier, ouvert à tous les vents. Sans guère plus de résistance. Qui n’en veut maintenant de cette France ? Qui n’en a besoin, hein ? pour construire plein d’endormissements. Qui n’en a pas plein les fouilles de toute cette déchéance ? Avec des camps d’entrainement. Et des camps exterminant. Des militaires déterminés et des pauvres gueux minés. Des militants de tous pays déchus. Faire marcher la déchéance au pas. Au pas de charge toutes les télés dans les lotissements de la France. La déchéance avance depuis combien de temps en silence ? Tous à dégoiser du haineux patriotant. Tous crapotants. Tout ça qui rampe en France. Et qui aboie. Comme des chiens, quand la caravane poisse. Le caravansérail. La caverne d’Ali baba. Les quarante petits voleurs. Les mille et une grandes nuits. Les belles fantaisies. Les raconteries. Les chansonnettes et les historiettes. Les bidonnements. Les chatouillettes. Les pieds de nez et les babouches. Les grimaces et les farandoles. Les tissus de couleur et les mystères. Les pétards et les allumettes. Le feu de joie et la guitare. Et nos dents en or. Nos mâchoires qui chantent, prêtes à mordre.