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PROLETARIAT, PUBLICATIONS

un blog de naninani

autrefois il publiait un fanzine reliant la musique indus avec la poésie et il invitait tout ce beau monde à des conventions du disque, à Bernay. Maintenant il fait un blog en toute simplicité, un vrai lecteur, de vraies oreilles aussi. Le blog indispensable pour celui ou celle qui s'inquiète encore aujourd'hui...

la loterie

j’ai rêvé que j’avais gagné au loto

mais j’avais pas joué

j’ai rêvé et c’était pas un loto classique

j’avais gagné une somme énorme

mais j’avais pas joué

et c’était pas un loto traditionnel

je savais pas ce que c’était comme loto

me suis même pas vue jouer

me suis juste vue gagner

mais à quoi ?

je connais pas les règles, mais j’gagne

et je sais pas qui me dit que j’ai gagnée

du coup c’était très net : je savais rien

et du coup j’avais vraiment gagné

et j’étais embêtée

je voulais pas être dans la presse

mais je me rappelle plus la somme

une somme astronomique

deux cents millions de milliards ?

mais j’avais pas joué

j’ai gagné sans même jouer

quand je me suis réveillée je savais plus

où étaient les deux cent milliards de millions

et le tout en petit coupure

dans la presse

mais moi je voulais pas

mille millions de milliards

à peu de choses près

mais je me réveille

on me les avait piqués

j’avais qu’à pas dormir

mais si je dormais pas

je n’aurais pas rêvé dit la jeune fille

 

LA PAROLE VRAIE

la parole vraie

je cherche de la parole vraie

ne vous moquez pas

la parole vraie existe

il faut la traquer

il faut la débusquer la parole vraie

on ne la débusque pas comme ça

il faut du temps pour trouver de la parole vraie

il faut être un chercheur

je me fais chercheur de parole vraie

j’examine la parole vraie dans mes éprouvettes

je mène des enquêtes

je coche des cases

je me dis que ça ce n’est pas encore très vrai

il faut plus de vérité dans la parole pour que ça soit plus vrai

une parole plus vraie encore

où se trouve la parole vraie ?

on ne le sait pas

tout le monde voudrait le savoir

car la parole vraie est rare

il y a toute sorte de trésors dans la nature

mais le vrai trésor n’est pas dans la nature

le vrai trésor est non naturel et bien gardé

il s’agit de la parole vraie

un jour nous seront assoiffés

un jour nous manquerons d’eau

un jour nous nous apercevrons que nous n’avons plus d’eau du tout

mais on s’en foutra

tout le monde ce jour là n’aura déjà plus soif

car de toute façon la parole vraie aura totalement disparue

bien avant la disparition de l’eau

c’est la disparition totale de la parole vraie

comment trouver de la parole vraie ?

comment je fais par exemple ?

comme je me débrouille pour dire voilà

ça au moins on peut dire que c’est une parole

une vraie

ça au moins on ne peut pas se tromper

personne ne peut plus douter

avant les gens doutaient de toute vraie parole

maintenant ce n’est plus possible

il n’y a plus aucun doute

cette parole est vraiment vraie

il n’y a pas un seul instant à douter

pas un seul instant dans les tourments

dans l’inquiétude de ne pas savoir

pas un seul moment

tout seul dans un seul moment

à être pris de vertige

car il s’agit là enfin d’une vraie parole

a n’en pas douter

une vraiment vraie

il n’y a pas un poil de mensonge là-dedans

rien qui vient perturber, c’est du pur

c’est vraiment purement parler

et tout le monde unanimement saluera la parole purement parlée

la parole qui se fait vérité

tout le monde regardera ça comme la dernière des paroles

mais ce qu’ils ne savent pas c’est que juste derrière

tout juste derrière

toute menue

toute planquée derrière

une toute parole

une vraie de vraie cette fois

une encore plus pure viendra assener la vérité à tous

et plusieurs suivront ainsi

encore plus vraies

dans l’étonnement général

jusqu’à atteindre le vrai du vrai

jusqu’à même le dépasser

jusqu’à annuler toute vraie parole

jusqu’à inverser le processus

jusqu’à montrer qu’il y a du vrai encore plus vrai

et jusqu’à soustraire le vrai

jusqu’à devenir un non vrai

une parole qui aurait toute ses chances de passer à la trappe

mais qui, après toutes ces paroles de plus en plus vraie

montrera une autre facette du vrai

jusqu’à montrer que le vrai plus vrai c’est rien

a côté du faux

un faux qui est une autre manière

une autre forme de vrai

mais révolutionnaire cette fois

un vrai mutant

un vrai qui a passé toutes les barrière de la compréhension

un vrai qui est allé plus loin

a poussé toutes les limites

pour se retrouver bien au-delà du dernier cap

et au-delà du dernier cap c’est un vrai inconnu

un vrai de la quatrième dimension

et personne n’y croira

tout le monde pensera qu’il s’agit d’une supercherie

tout le monde s’imaginera qu’il s’agit d’un vulgaire faux

alors que cette fausse parole sera la naissance d’un vrai

une pure parole au-delà de tout ce qu’on peut imaginer

un faux d’un autre monde

puisqu’il s’agit d’un vrai pas encore connu

et ce jour-là sera révolutionnaire

ce jour-là sera à inscrire dans le grand livre de l’humanité

comme le grand jour où tout bascula

non pas du vrai au faux

ça serait trop simple

mais d’un vrai à un autre vrai

devenu plus faux que tout

et donc par conséquent plus vrai

ce jour-là sera à inscrire sur tous les frontons

nous n’aurons plus peur de mourir ce jour-là

ce jour-là nous attendrons la mort paisiblement

et la mort arrivera

et tout sera paisible

car nous aurons vu de l’autre côté du vrai

un côté inconnu encore

un côté dont on ne peut vraiment parler

mais dont on parlera vraiment un jour

le jour où on poussera le vrai

dans ses derniers retranchements

le jour où on dépassera la limite du vrai

pour atteindre cette terra incognita

qui nous taraude tant

mais que nous ne tarderons à connaître

et on dira j’ai enfin trouvé

j’ai trouvé le vrai du vrai

je connais maintenant la formule

et ainsi tout sera réglé

tout marchera enfin

comme sur des roulettes.

 

 

note 1 :

quelqu’un m’objectera ici

qu’il y a très certainement une vraie parole

mais que la vraie parole est uniquement naturelle

on pourra donc affirmer

qu’il y a peut-être une vraie parole dans la nature

mais que celle-ci ne nous intéresse pas

nous voulons investir le champ non exploré

de la parole vraie non naturelle

et l’expérimenter

pour devenir ainsi

en un tournemain

l’éminent spécialiste

le chercheur indispensable

tout en nous méfiant de ce titre de gloire

car, comme dit une toute vraie parole

des indispensables

il y en a plein les cimetières !

 

note 2 :

il faut opérer des torsions

des pirouettes pour faire passer la science

dans la parole

la poésie c’est la parole traversée

la parole qui traverse toute vraie parole

d’une grande crise

et pour ma part

une grande crise de rire

 

note 3 :

mais aussi

la poésie est souvent

malheureusement

une affaire de crispation :

plus la poésie apparaît

plus l’affaire se crispe.

 

le harcèlement textuel

le harcèlement textuel vous connaissez ? des gens qui se font harceler textuellement parlant, des écrivains, les écrivains sont des harcelés du texte, c’est pas que les éditeurs qui les harcèlent, on pourrait même dire que les éditeurs les harcèlent pas trop, pas assez, il faudrait que ça harcèle plus de ce côté là, pas de danger, les éditeurs leur problème c’est justement d’avoir des auteurs, et du coup ça leur ôte l’envie d’écrire les éditeurs, l’auteur leur hôte l’envie d’être eux-mêmes des auteurs, du coup ce sont des ôtés, pas des auteurs les éditeurs, des ôtés qui prennent des hauteurs en prenant de haut les auteurs, et la meilleure façon de prendre de haut un auteur c’est de pas l’éditer, c’est-à-dire de lui ôter l’envie d’être harcelé, il y a plusieurs façon de harceler un auteur, déjà en l’éditant, ou en voulant qu’il écrive des textes pour les autres, à la place des autres, en leur ôtant les mots de la bouche, que les auteurs ôtent les autres, qu’ils leur prennent le pain de la bouche, ça les autres ils veulent pas, les autres c’est-à-dire les ôtés, les auteurs leur ôte les mots comme le pain qu’ils disent les ôtés, tant pis pour eux, ils ont qu’à être éditeurs, comme ça ils seront vraiment harcelés par les auteurs qui ne demandent et qu’on leur foute la paix, car les auteurs veulent qu’on leur foute la paix, qu’on les laisse se harceler eux-mêmes, et les auteurs demandent qu’à être harcelés par le texte, car c’est le texte seul qui harcèle un auteur, il est pris en otage l’auteur, par un texte, un texte qui met du temps à venir, un texte qui n’en finit pas de venir et qui finira par ôter à l’auteur l’envie qu’on l’y reprenne, qu’il s’y reprenne à reprendre les mots d’auteur des autres qui sont pas des auteurs, et tout ça pour le bien de son harcèlement quotidien, ce harcèlement permanent qui bourdonne dans la tête à l’auteur, car ça bourdonne tout le temps dans la tête à l’auteur, c’est fait un tout gros bruit dans la tête à l’auteur,

 

 

TROU TYPE (étude de caractère)
un beau cerceuil. un cercueil tout beau. tout propre. un cercueil bien plein. avec rien dedans. y a rien mais il est plein. il attend. il attend d’être rempli. il est plein d’attentes d’être rempli. il est plein aussi d’air. c’est un cercueil plein qui se remplit d’air. tout beau tout neuf. bien plein de l’idée qu’il va servir. qu’il y a un but. le but à remplir. c’est ça qui remplit le cercueil. qui le gonfle. le cercueil se gonfle avec rien. il est plein alors qu’il semble vide. qu’il ne sert à rien. qu’il n’y a rien qui va faire qu’il se mette à être. à avoir une existence. il l’a déjà. son existence est déjà au vu et au su de tous. tout le monde peut voir le cercueil, même si tout le monde pense qu’il sert à rien. qu’il n’est rien. il n’est pas rien puisqu’il est là. se remplissant des regards de ceux qui ne croient pas en son existence actuelle. ils ne le voient que dans le futur. quand le cercueil aura rempli sa fonction. c’est-à-dire quand il y aura un mort dedans. quand il y aura un mort on ne pensera pourtant pas à lui. on ne pensera qu’au mort. le mort est pourtant déjà dedans. n’importe lequel. c’est un mort quelconque. c’est vous et c’est moi. on se trouve tous dedans. c’est pour ça qu’il est très présent. c’est qu’il y a chance. C’est qu’il y a possiblilité. La possible chance d’avoir n’importe quel mort dedans. un mort comme vous et moi. on peut tous être dedans. C’est notre possible. Nous serons la chance de ce cerceuil. Il nous attend. n’importe lequel d’entre nous. On peut tous y être. tant qu’il n’y a pas un vrai mort à l’intérieur. Un chanceux. Les autres regarderont. mais ceux qui le regardent dès à présent le voient-ils mieux ? ils ne voient pas le beau cercueil. le cercueil tout neuf et tout beau qui se présente à eux dans un joli présent. comme un cadeau. une promesse. un devenir-caveau. Non, ils ne voient que le mort qu’ils pourraient être. il voient un mort n’importe lequel. jamais ils ne voient ce cercueil pour ce qu’il est. un vrai présent qui s’offre à eux. quelque chose de dur qui n’existe que pour ce qu’il est. un cercueil plein de vide et d’air et de regards qui ne le regardent pas. en quelque sorte ils transportent le cercueil. ils sont déjà en train de le porter. ils portent le mort en eux. rien qu’en regardant le cercueil. la mort de vous et moi existe enfin. et grâce à lui. elle nous apparaît maintenant. lorsqu’on regarde fixement le cercueil pourtant on ne voit rien. on ne fait que se transporter. on ne porte même pas le cercueil. on se porte soi-même en lui. on lui apporte un corps. c’est le corps de nous qu’on lui remet. on ne s’en remet pas. alors que le cercueil ne fait rien. il est posé simplement sur le sol. et il y aura d’autre sols et d’autres cercueil. il y aura plein de morts aussi. et il y en a déjà. il y en a plein qui se remplissent. ils jonchent de partout et pourtant on ne voit rien. on ne voit que la représentation de ce qu’on est lorsqu’on ne sera plus. alors qu’on n’est déjà peut-être plus. peut-être déjà le cercueil nous emporte quelque part. il est déjà en train de nous mener. c’est sûr qu’il nous mène en bateau. on est dedans. tranquille. à se faire transporter. quelqu’un d’autre est déjà là. quelqu’un a pris la place de quelqu’un d’autre dedans. on ne s’en est même pas apperçu. on s’est pas rendu compte du changement. pourquoi le mort est-il un autre maintenant. pourquoi je suis vivant tout en laissant mon mort partir ? si je le laisse, c’est que j’ai des réserves. je sais que déjà quelqu’un pousse. quelqu’un qui vient pour prendre la place du mort en cours. le moi le mort qui prenait trop de place à l’intérieur. pourquoi l’autre vient prendre sa place ? pourquoi je ne peux pas vivre dans un mort qui s’en va ? et un autre qui vient. pourquoi quand je vois un cercueil je me vois là-dedans ? je vous vois vous et moi. je vois le vous de moi en mort dedans. et vous le voyez aussi. vous vous voyez sortir de vous ou de moi. vous ne savez pas qui va rentrer. qui sera dedans. qui sera le dernier sorti. qui remplira le cercueil le premier. vous en voyez plusieurs rentrer. ils veulent tous la place du mort. ils se battent. plusieurs en vous et moi ça fait du monde dans le petit cercueil tout beau tout neuf et posé là calmement, sans demander son reste. il nous faut faire un choix. on ne vient pas acheter un cercueil tous les jours. il faut réfléchir longuement. on est mal à l’aise. on a du mal à se décider. c’est juste pour un enterrement. très sobre. pour ça il faut tuer quelqu’un. il faut que quelqu’un vienne remplir sa fonction de mort à l’instant T. juste quand on a décidé d’acquérir un cercueil il faut tout de suite mettre quelqu’un dedans. et ça peut être n’importe qui. c’est peut-être vous ou moi. c’est n’importe qui qu’il faut qu’on voie là-dedans. pour se faire une idée. une idée du mort qu’on porte. car c’est bien le mort qu’on a dans la tête qu’on va mettre dedans. c’est pas n’importe quoi. il faut qu’on place quelqu’un là-dedans et rapidement. qui est-ce que je pourrais bien mettre ? qu’est-ce que vous mettriez, si vous vous étiez moi ? si vous étiez à ma place ? qui pourrai-je mettre si j’étais vous, à votre place ? mais là je ne suis pas vous. je suis à ma place. tout au moins c’est ce que je crois. je crois que je suis le moi qui suis rentré là pour acheter un cercueil. alors que c’est plus tout à fait ça. je suis celui qui pense maintenant. qui se demande qui il doit foutre là-dedans. pour faire un choix décisif. Pour ne pas me tromper. pour être au plus juste avec mon désir. mais il ne faut pas parler de cela maintenant. car sinon on va croire que le désir naît du manque. alors que le manque est déjà bien plein comme ça. qu’il actionne ses sonneries à lui. et le désir de tuer par exemple c’est autre chose. il y a d’ailleurs plusieurs désirs comme il y a plein de manques. comme ça on a le temps de choisir. on a le temps de mesurer tous les pleins et tous les vides. voir tous les cercueils et désirer voir plusieurs morts. des morts qui manquent à nos désirs. c’est des désirs de tuer. comment tuer un mort ? comment tuer quelqu’un qui manque ? et puis tuer le désir ? il faudrait que ça nous travaille. que ça tenaille la tête. que ça chatouille les pensées des heures durant. il nous faudrait peser les pour et les contres. voir où ça peut nous mener, ailleurs que dans le cercueil où je suis. car faute de mort à tuer j’essaie avec mon corps. je le place tranquillement dedans. parfois il est trop grand. parfois c’est trop serré. parfois trop espacé. et en les essayant je peux continuer à réfléchir. il faut que je mette quelqu’un qui est comme moi. qui a ma corpulence. je pense alors à mon père. mon père n’avait pas ma corpulence. mais c’est plus facile si c’est lui. c’est pas tout à fait ça. c’est pas tout à fait lui. c’est lui qu’il faut tuer mais ce n’est pas que ça.  il faut savoir pourquoi. pourquoi c’est pas tout à fait ça ? et pourquoi il me faudrait le tuer ? et aussi pourquoi je pense à lui ? il faudra élucider ça. on a souvent très vite les clefs du pourquoi. pourquoi on a tué son père ? c’est plus compliqué quand c’est un chat. je pourrais très bien tuer le chat de mon père, mais là il y a un problème technique. si je tue le chat, il ballottera dans le cercueil. ou alors il faut que j’achète un cercueil d’enfant. dans ce cas il vaudrait mieux que je tue le fils. au moins, je serai sûr des proportions. ça pourrait être une idée pour la suite. je reviendrai acheter le cercueil pour mon fils quand j’aurais mis le père en terre. avec le chat. car après tout, je peux tout caser. tuer le chat de mon père et je coince le tout entre ses deux jambes. ou bien juste dessus. ça fera comme avant. quand mon père était vivant. le chat était sur ses genoux et mon père le caressait. ça fera plus vrai. c’est d’ailleurs pour ça qu’il faut que je tue le chat. car mon père avait toujours son chat sur lui. le chat était un peu le père et le père était un peu le chat. ils avaient la même tête. toujours ensemble dans le même endroit et dans le même silence. on comprendra fort bien pourquoi j’ai descendu les deux en même temps, avec une carabine. ça sera la carabine du père. on aura vite les clefs. car si je ne tue pas le chat, je ne tuerai pas l’homme complètement. c’est à ça que je pense en m’allongeant dans le cercueil. il faut tuer tout ce qui bouge. tout ce qui rentre en moi et tout ce qui sort autour du père. ce n’est pas moi qui sort du cercueil. c’est lui qui sort de moi. c’est l’idée du cercueil remplie de tous les morts qui peuplent le père. mais ces morts se peuplent en moi maintenant. maintenant que le père est descendu, ils montent en moi. ils me remplissent. même la carabine elle fait partie du père. tout ce qui est en son endroit. ça touche de près ou de loin au père. et mon regard aussi. quand je vois le cercueil je vois mon père. il est tout beau tout neuf. il est dans la pensée. avec le chat. et souvent j’ai l’impression que le chat lit dans mes pensées. il faudra donc tuer la pensée du chat. avec la carabine. Et puis tuer tout ce qui se rapporte au père. Tout ce qui porte sur lui. Lui et ses nerfs. et puis tuer le regard aussi. le regard vers toute chose qui va sur le père. il faudra me tuer aussi du coup. tuer l’idée du père en moi. c’est pour ça que je tuerai le fils. comme ça on a fait le tour. la boucle est bouclée, comme on dit. on en aura fini avec l’idée du mort en moi. et on pourra recommencer. on recommence à penser. comment trouver l’espace. une place pour la pensée. c’est comme la place du mort.
 
travail en cours ...