@Contact
chiens et putes,

si je comprends bien charles pennequin, nous sommes tous des putes et des chiens? si je vous ai bien saisi, nous sommes des putes et des chiens, chiens au rabias et putes en rut, ou pute en rabaissé par des chiens qui éructent, si je vous ai bien suivi, dans votre dernier texte, votre dernière pensée votre dernière saloperie face à nous votre dernières putasserie votre chiennerie de bouquin, si j'ai bien tout saisi c'est que vous vous foutez de la gueule du monde, vous vous lâchez là, vous avez chié dans votre benne et vous nous faites lire ça, si j'ai bien tout compris votre DEMARCHE ?

toute frêle et toute dure, mais elle castagne, tout petite et hier elle avait le bras bandé, qu'est-ce qui t'es arrivé, oh j'ai juste tapé la mère d'une copine, toute petite et frêle mais elle cogne, c'est super trash elle a du être tapée par son père et en fait c'est une gamine qui supporte pas les adultes, c'est bien  ! oui c'est bien, mais moi elle me refroidissait un peu cette gamine et du coup ça a changé mon attitude, parce qu'elle tapait dessus ? non c'est parce que j'ai relu son histoire trash, cette gamine dure, et j'étais plus attentionnée, dans le fait de la mettre en valeur, comment on dit ? de la promouvoir ? si tu veux, en plus elle fait des supers trucs, et d'habitude on dirait qu'elle s'en fout y a plein de trucs qu'elle veut pas faire, je lui ai proposé de la gravure elle m'a fait une histoire, c'est une histoire de fille, une petite fille trash et dure et son bonhomme il est triste car son chat s'est transformé en lapin, mais quand tu vois la tête du chat c'est un chat à crète et le lapin fait super peur, il a les dents pourris, et son bonhomme comment elle l'a dessiné, le chat il a une crète et des percing, le lapin des dents pourris, et cette fille toute frêle et dure....

 

j'ai pas la gâle,

tant mieux

c'est une gamine trash avec des dents en moins, jean déchiré et elle parle elle est toute douce

elle dit je viens vous dire bonjour

tout gentiment tout doucement avec une voix toute douce et touchante

et pourtant super trash et qui cogne dans le lard ? non c'est pas la même

tu verrais ses dessins

et le gamin le moins cadré, il a trouvé une technique de monotype que je lui ai pas montré, il a fait une grosse merde, un animal qui doit choisir entre la merde et la carotte

super beau la merde

une grosse merde

tu vois qu'il me dit le gamin : là c'est la carotte

et là c'est la merde

en une heure il peut faire six dessins, il est à fond, il veut tout faire, et la carotte et la merde, aucun choix, au tout venant, aujourd'hui on lui a autorisé une demie heure de plus, il a essayé mais on lui a déjà accordé une demie heure

voilà j'ai plus rien à te raconter

prends du sauciflard si tu veux

les pseudos et les soi-disant

 je n'aime pas les soi-disant philosophes qui laissent traîner trop de mots dans la société, les philosophes qui, soi-disant pour le bien de la société, pour le bien-penser sociétal, laisse passer trop de mots, je n'aime pas les soi-disant philosophes qui jouent avec nos nerfs, c'est-à-dire notre santé, nous avons la santé, cette société produit déjà suffisamment de santé pour qu'on puisse déjà jouer avec nos propres nerfs, nous sommes déjà suffisamment nerveu, c'est-à-dire en pleine santé sociétale pour qu'on nous affuble pas en plus de cette bonne diction pseudo philosophique, la bonne diction pseudo philosophique qui joue suffisamment avec notre patrimoine neuronal, avec notre soi-disant biotope humain (encore un de ces mots techno scientiste qui a loupé sa sortie), car maintenant pour agir correctement et de manière "zen", c'est-à-dire surtout assagie, raplapla du ciboulot, il faut adopter les mots qui ont été laissés pour compte, abandonnés négligemment par les soi-disant philosophes, les mots qui filtrent de la machine pseudo philosophique, machine bienséante, je vais me torcher le cul avec la bienséance, on va employer les mots qui ne conviennent pas à cette sorte de plus-value, à cette sorte de plus de santé, alors que la santé est déjà le problème numéro 1 de la société, la santé ou plus exactement la guérison, c'est-à-dire la mort, la mort est déjà ce qui sous-tend tout le discours pseudo philosophique, le discours amoindri de la philosophie de bazar, c'est-à-dire le discours hors de la philosophie et qui traîne dans toutes les rues de cette satanée société à la santé de fer, la santé est la colle de cette société et les mots des soi-disant philosophes sont l'espèce de cordeau qui relie tous ces points de colle, tous ces monticules collants, reliés par des fils que sont les mots nouveaux et techno-scientistes des soi-disant philosophes. Bien sûr, les philosophes, tout au moins certains d'entre eux, ne sont pas responsables. mais qui sont les responsables? les pseudo-philosophes premièrement et deuxièmement, tous ceux qui tentent de les remplacer pour gagner un peu plus de pouvoir sur le cheptel sociétal, le petit cheptel sociétaire de la société sociétale sur lequel ils posent un regard inquiet et condescendant, s'en est venu à un point même que tout le monde, les soi-disant politiques, les soi-disant scientifiques, les soi-disant artistes, les soi-disant metteurs en scène, les soi-disant comédiens, les pseudos pédagogues aussi, les économistes responsables, les boursicoteurs sympatoches, les militaires ou les banquiers anarcho-autonomes, les hauts fonctionnaires et même les flics sont devenus en quelque sort des soi-disant philosophes de trottoir, des putes, car les putes aussi auraient même obtenu une chair en pseudo-philosophie quelque part au fond de la forêt sociétaire, c'est-à-dire qu'elles vont vous le faire payer le petit bout de gras encore plus conséquemment, tout est pseudo philosophique, sauf certains vrais philosophes qui continuent de chercher et d'avancer à tâtons et non en chien de garde dans cette société qui est aussi un mot tiré aussi d'un bazar de pseudo philosophie, je suis un bazar aussi mais je ne crois pas un seul moment au mot, aucun de nos mots ne tiendra la route et autour non plus, l'autour des mots est trop lent, car comme disait le meilleurs d'entre tous ceux qui pensent, "la pensée c'est ce qui a de plus crétin à agiter le grelot du sens", 

 

il a dit : moi, je suis plié de rire, point barre.

 Voilà où j’en suis dans l’existence, ce matin même j’en étais à poursuivre les gens, les questionnant à propos d’un individu que j’avais vu surgir dans mon esprit, cet individu semblait mal dégrossi dans ma tête, il fallait que j’explore les restes de lui-même à travers le dialogue avec les autres, à travers différentes discussions qui m’amèneraient sans doute à faire perdurer mon personnage et lui donner une certaine consistance, faire émerger de la matière, comme on dit, ou comme on ne dit pas, allez savoir, en tout cas c’est ce que j’expliquais aux gens que je croisais dans la rue, je leur disais, voyez, je connais un type dont le boulot est d’être plié de rire, du matin au soir, c’était un peu maigre comme renseignement, j’en conviens, cependant j’essaie à chaque fois de compléter mes dires par différentes révélations, comme ce système qu’il avait créé de toute pièce, tout seul, dans son coin et pourtant au vu et au su de tout le monde, je m’explique ainsi avec l’homme de la rue, le passant lambda, je lui dis, voyez, c’est un type assez étrange somme toute, c’est un gars il n’a pas ses deux pieds dans le même sabot, ni un poil de crin dans la main comme on dit, il est obsédé par son affaire, du matin au soir, et son affaire voyez-vous, c’est d’être plié de rire, il fait ça sans arrêt, il s’est donné ce but dans la vie, être plié de rire du matin au soir, ce n’est pas donné à tout le monde me dit une passante, va te faire soigner m’interpelle une autre, je ne sais si on emploi encore ce terme, c’est pour ça que j’ai voulu placer le terme interpeller, il est peut-être mal à propos mais toutefois ça me convient, j’aurais pu employer d’autres termes, c’est ainsi que j’ai employé un tas de termes avec mon compagnon d’infortune, il n’est pas si infortuné que cela ceci dit, mais cette infortune c’est moi qui l’ait instituée pour les besoins de l’histoire, car en fait, il avance ainsi dans mon esprit comme nu, il lui faut l’habit des autres, les mots en quelque sorte, que je pourrais recueillir et qui me permettrait de mener plus loin mon enquête, sachez madame que cet homme, dans la force de l’âge, est une sorte de chercheur, un technologue du rire, il est en quelque sorte à l’avant-garde de quelque chose de bouleversant dont il a le secret, sachez monsieur que cet homme, dont j’ai oublié le nom, robert ? non, monsieur, il ne s’appelle sûrement pas robert, voyons, nous ne sommes plus au moyen âge, mais sachez que moi j’ai un neveu qui s’appelle robert, c’est revenu à la mode il faut vous tenir au courant ! voyez qu’il peut s’appeler robert votre foutu personnage, eh bien non, je refuse qu’il s’appelle robert, ou pierre paul jacques, en fait je sais une chose c’est qu’il a un surnom qui fait rire, ouais c’est ça et moi je m’appelle guignol, vous avez tapez dans le mille monsieur, il s’appelle guy niole, en deux mot, guy et niole comme niole, et donc ce guy niole, comme on ose l’appeler, et il ne s’est d’ailleurs jamais offusqué de ce surnom, qui lui va à ravir finalement, ce guy niole est donc un chercheur spécialisé dans le pliage du rire, il se marre à longueur de temps, du matin au soir, il est plié, comme on dit, il se plie dans le rire, comme d’autres font leur quatre cents coups, ou font leurs emplettes, ou font leur ménage, non : lui, c’est le rire, le pliage du rire, et je peux vous fiche mon billet, on ne dit pas je vous fiche mon billet, on dit ça, bien sûr que si, je l’ai entendu pas plus tard qu’hier au journal télévisé, vous regardez les infos vous ? le moins possible, ça me fout les boules, moi non plus dit cette dame, moins je m’informe mieux je me porte, eh bien sachez que cette personne, ce guy niole est très très informé, mais il est surtout informé sur le rire, c’est sa planche de salut comme on dit, c’est son sacerdoce, il a voué sa vie à être plié de rire, je vous assure, bon j’ai du boulot, faut que j’y aille, écoutez-moi encore, non vous me faites chier avec vos conneries, en plus vous ne faites rire personne avec votre guy niole, si si, bien sûr que si, je vous assure,  tout à l’heure j’ai croisé des filles, elles étaient très jeunes, elles étaient trois et je les ai fait rire sans me forcer, j’ai dit voyez c’est un type, je suis à sa recherche, il est dans ma tête mais c’est encore un peu brouillon, voudriez-vous m’aider à le compléter un peu, à lui donner une petite personnalité, quelques traits de caractères, pour le moment ce que je sais c’est qui est plié de rire à chaque moment de sa vie, il s’est fixé ce but et il y tient coûte que coûte, il veut perdurer dans cette recherche, après tout, c’est somme toute une recherche comme une autre, c’est mieux que d’aller repeindre la girafe me dit un ouvrier du bâtiment, c’est mieux que d’aller au métro et voir toutes ces gueules d’enterrement, ah ça oui madame, je vous le fais pas dire, justement ce type est en ce moment en train de faire des découvertes sensationnelles qui vont sans doute un jour ou l’autre, très prochainement on l’espère, nous faire cesser toutes ces gueules d’enterrement, mais vous aussi vous faites une gueule d’enterrement, non ? dans le métro vous ne faites pas cette gueule d’enterrement ? allons , avouez ! vous aussi vous avez cette gueule des mauvais jours, et tous les jours qui plus est, écoutez, écoutez, on n’a pas élevé les cochons ensemble, laissez-moi en paix avec votre bonhomme ! j’ai à faire, j’ai pas que ça à foutre de vous écouter déblatérer et faire chier le monde, mais vous ne croyez pas cher monsieur que cet homme, encore à l’état d’éprouvette, cet individu est un peu une sorte de forcené ? c’est un forcené du rire, il n’a qu’une ambition et une seule dans la vie, c’est être plié de rire du matin au soir, ça parait simple comme ça, tout à l’heure vous me disiez tout le monde peut le faire, certes, mais finalement personne le fait, que lui, c’est un artiste ! un équilibriste ! il est vraiment à fond dans cette quête du rire, une aventure de toute une vie et il n’est donc pas prêt de s’arrêter, car les résultats sont très probants, pas de doute que bientôt nous aurons la primeur ici même de ses travaux, à la lecture de ceux-ci nous pourrons juger sur place chez monsieur, écoutez foutez moi la paix avec votre type, dégagez le passage, laissez passer les gens s’il vous plait, écoutez monsieur de la sécurité j’ai le droit de parler aux gens, oui mais pas ici, ici c’est privé, c’est un espace privé, j’ai pas le droit de parler aux gens ? non vous n’avez pas le droit d’apostropher les gens monsieur, c’est un espace privé, même le parking est un espace privé, et le sous sol aussi, si vous voulez continuer votre enquête adressez-vous à l’accueil, ils vous feront remplir un formulaire et après vous pourrez continuer votre travail, mais pour le moment vous n’avez pas le droit, très bien je demande un formulaire et je le remplis ? oui, c’est ça, allez voir ma collègue là-bas à l’accueil et vous lui exposez le but de votre enquête, après il sera décidé, en fonction de votre travail si vous pouvez continuer à interroger les gens, vous savez c’est juste une enquête sur un personnage que j’ai dans la tête, il est plié de rire, c’est aussi son boulot, eh bien allez demander à ma collègue, elle vous donnera un formulaire à remplir, sinon vous dégagez monsieur, je ne peux pas vous laisser importuner les clients.

 

Stéphane Nowak Papantoniou ]conseil de classe[

 changement de la lumière – elle devient orange

[alors le grand Abderahamane – demande le Principal aux cent-yeux- mais alors qu'est-ce qu'on peut en faire - si il passe il sera perdu / redoubler il n'a plus l'âge - dix-sept ans / bon admettons - il va passer en troisième - il sera perdu mais au moins il aura moins les nerfs à vif on sait bien que sta-tis-ti-quement le redoublement ne sert à rien sauf exception 

c'est qui déjà ? ( la prof de musique au tee-shirt nénuphar -)

c'est celui qui s'est pris un clou dans la clavicule en revenant du gymnase je l'ai vu revenir clopin-clopant avec son copain on a dû l'amener à la clinique - ( le prof de sport - )

oui mais quand même fait la prof de français il est tellement crétin qu'il ne connaît même pas l'ordre de l'alphabet -

oh ben ça, conseille le Principal aux cent yeux, il faudrait voir avec l'aide aux devoirs, trouver un dispositif spécifique de re/mé/di/a/t/ion - voire même soyons fous - des cours particuliers –

il voudrait faire clarinettiste coupe la conseillère d'orientation c'est étonnant il adore le classique c'est quand même stupéfiant et rare pour un clandestin cloîtré chez lui ou parqué avec la clique de la place et leurs clients - vous ne trouvez pas ?

non mais (la prof de français répond ) si on laisse passer tous les ignares la classe l'année prochaine elle ne ressemblera à rien d'autre qu'un groupe d'analphabètes pré-adultes

un parent d'élève claironne de toutes façons ce soir je vais en parler à son père il va le bomber son fils mais alors ce qui s'appelle bomber après ça ira mieux vous allez voir ce que vous allez voir il va travailler bosser transpirer -

l'infirmière prend des notes - l'autre parent d'élève transpire

le Principal aux cent yeux recommande soyons clairs disons soyons clairvoyants - il y a quand même des problèmes de discipline je lis le dernier

RAPPORT D'INCIDENT

D'abord, Abderahamane ne répond pas à son nom lors de l'appel, il est trop occupé à bavarder et à échanger des chewing-gum avec son voisin d'à côté

Plus tard, il ne prend pas le cours sous prétexte qu'il n'a pas de stylo alors qu'il en tient un dans la main

Enfin, je note une observation de conduite dans son carnet; je relève le numéro de téléphone inscrit à l'intérieur il quitte alors la salle en me menaçant « si on me frappe vous allez voir » je lui demande de répéter - ce qu'il fait,  en mâchant bien son chewing-gum tout en articulant bien ses mots

 

le Principal aux cent yeux concède on va devoir voter alors

la prof de français - moi je m'oppose CA-TE-GO-RI-QUEMENT à son passage

la prof de musique se résigne - moi je ne m'oppose pas à la professeur de français

le prof d'anglais suit - dans ce cas je m'abstiens c'est elle qui sait mieux

 -  pendant que le Principal aux cent yeux parle avec la prof d'histoire -géo un parent d'élève se lève et il hurle « VOUS ALLEZ TOUS SAUTER§ JE SUIS BARRE D'EXPLOSIFS A VOUS CREVASSER LES ENTRAILLES§ »

et il montre sa ceinture de barrettes de dynamite la prof de musique me prend la main et tremble je lui dis du calme elle va pas s'évanouir maintenant celle-là merde 

et le  Principal aux cent yeux lui demande qui il est

l'autre répond le père de Nathan Froissac

- oui il est mort il y a deux ans quand il était en 3ème

- ah non on était pas au courant je ne suis là que depuis un an murmure le Principal aux cent yeux

le père sort un flingue et murmure il s'est suicidé

 

silence

 

on entend le cliquetis du barillet -

et vous allez terminer votre conseil de classe et je vais tous vous exploser l'un après l'autre vous allez vous taire et suivre  l'ordre du conseil - vous passez au suivant

 

le Principal aux cent yeux dit on va passer au suivant

 

silence on passe au suivant silence on passe AU SUIVANT ON PASSE silence – cliquetis - au suivant silence AU SUIVANT ON PASSE silence on passe au suivant silence on passe au suivant AU SUIVANT silence AU SUIVANT silence AU SUIVANT silence AU SUIVANT silence AU SUIVANT silence AU SUIVANT on passe silence au suivant silence AU SUIVANT on passe silence AU SUIVANT SILENCE ON PASSE silence AU SUIVANT silence au suivant silence AU SUIVANT

 

 

 

  

 

D'où vient  la fiction ?

 

 

 

 

Ollivier Desmarais

 

Récit de voyage, cité centrale

 

Revenu tout entier épuisé de mon voyage dans Cité Centrale, sans y laisser une plume c'est incroyable tant Cité Centrale est immense, immensément trop grande, vraiment sans vouloir exagérer au moins quarante Canebière, mais j'ai fait l'aller-retour en 24 heures donc j'ai juste vu les choses en marchant très vite avec mon sac à dos bien lourd mais on m'avait dit que je risquais qu'on me l'ouvre au cutter, enfin une fois rendu dans Cité Centrale parce que pour y aller j'avais pris le train puisque j'aime pas les voitures et j'en ai pas, et j'ai pas croisé de pickpockets mineures ni de voleurs Rroms ou Roumains avec mon sac bien lourd dans le dos et ça pesait pas trop vraiment l'insécurité même si j'ai vu plein de caméras.

 

Alors je souriais pas en tournant la tête et en gardant ma capuche par dessus le bandana, du coup il faisait chaud, mais j'avais une petite crête sur la tête, elle est petite parce que j'ai presque plus de cheveux et je me méfiais parce que les punkanars on les aiment pas trop dans les caméras mais c'est peut être pour ça qu'ils filment aussi que des étrangers dans les caméras ou alors ils nous montrent pas tout à la télé et ça c'est invraisemblable avec la liberté de la presse, parce que les punkanars on les regarde un peu comme des étrangers aussi, avec des têtes de gens qui voient comme si t'étais un étranger ou un chauve ridicule avec ses trois mèches pointues sur la tête que franchement regardez-moi cette allure et comment voulez-vous qu'ils aient un vrai métier avec ça en plus de tout ce chômage et des fois ils ont des piercings en plus et des tatouages très gros qui sont bien faits mais tout de même c'est bizarre comment ils supportent d'avoir ça sur la peau en plus t'en as ça leur transmet des maladies quand ça s'infecte parce qu'ils sont pas très soignés non plus avec leurs habits crasseux avec des trous et sans ourlet ils marchent sur leur bas de pantalon alors on risque pas de les embaucher parce qu'ils cherchent pas de travail ah ça le pays est bien parti avec des engins pareils déjà qu'on a tous ces étrangers et surtout ceux qui sont pas d'ici ou qui se sont pas intégrés où va-t-on je vous le demande et parfois ils sont agressifs pour se payer de la drogue ou de l'alcool à boire.

 

Ils te regardent les gens des fois avec des têtes de gens inquiets, des têtes de gens à qui tu fais peur avec ta crête même petite, c'est pour ça aussi que je me suis pas fait agresser par les joggeurs au matin sur le grand boulevard qui pullulent pire que des RG à oreillette dans une manif anar, juste eux ils ont deux oreillettes même si c'est plutôt des casques de baladeurs quand ils courent pour faire du jogging en se promenant pas comme si c'était pressé de faire du sport, parce que ça fait un peu peur aux têtes des gens inquiets les punkanars et franchement je vois pas pourquoi on aurait peur de moi parce que je suis pas si inquiétant et c'est pas parce que je cherche pas un vrai métier avec ma petite crête, alors j'ai jamais agressé personne c'est juste qu'il faut pas qu'on m'emmerde, quand j'ai de la drogue ou de l'alcool à boire j'ai pas envie qu'on vienne m'emmerder mais dans ce cas là c'est parce que c'est l'autre qui m'agresse sinon je m'en fous un peu des gens inquiets si y viennent pas me casser les couilles.

 

Mais voilà en fait j'avais même pas peur et ça peut être dangereux de pas s'inquiéter, faut faire attention parce que si j'ai plus peur je risque d'être trop sûr de moi et de plus me méfier et là paf ! un grand noir élégant pas du tout punkanar avec son complet blanc saoul d'alcool et de drogues qui te lâche plus pendant trois heures à raconter sa vie qu'on s'en fout parce que c'est la vie d'un gens dans Cité Centrale même s'il est noir élégant en complet blanc et en plus il est pas sympathique et c'est embêtant parce que j'aurais préféré trouver un vrai gens de souche dans Cité Centrale à pas apprécier pour pouvoir être agressif, alors que lui vient d'Afrique et ça ennuie d'agresser un noir élégant même en complet blanc et de penser qu'en Afrique aussi ils ont des casses-couilles avec des complets blancs et en même temps on se dit que c'est très con limite raciste ou ambigu de pas penser qu'ils y a aussi des casses-couilles élégants en complet à agresser ailleurs que dans Cité Centrale mais on verra plus tard.

 

C'est ambigu parce que par exemple après tout on peut être végétarien contre la souffrance animal et manger quand même du fromage ou des œufs et c'est encore de la souffrance de vaches ou de poules sauf si c'est celles d'un copain que tu connais bien mais qui finit quand même par les tuer pour les bouffer mais tant qu'à faire faudrait être végétalien et pas utiliser des spirales d'insecticide qui ressemblent à du shit vert, celui-là si tu le fumes il y aura plus de moustiques mais qu'est-ce qu'il y aura comme chauves-souris comme avec le désherbant quand tu le bois et ça a pas grand chose à voir mais j'étais bien fatigué en entamant le premier chapitre.

 

Ou tu fais pas attention avant de traverser et les passages piétons dans Cité Centrale ils sont longs, immensément longs et puis il y a plein de voies et des voies pour les bus ou les vélos qui font pas la même taille, alors il vaut mieux courir un peu quand tu traverses mais je crois pas que ce soit pour ça qu'il y a tant de joggeurs qui courent vite le dimanche matin, parce que le dimanche matin dans Cité Centrale il y a pas trop de voitures mais tout les gens courent avec des casques de baladeurs alors qu'il y a presque pas trop de bruit à part les oiseaux et les balayeuses qui travaillent le week-end alors qu'ils ont certainement pas pu se promener quand ils allaient bosser en métro du coup les gens ils sont pressés toute la semaine et c'est pour ça que je restais pas longtemps parce que j'aime pas faire trop vite comme si c'était pressé quand je dois traverser la route ou de la ville et là c'est un peu trop immense avec des fois où c'est large et long comme quatre Canebière sans exagérer.

 

C'est vrai, parce qu'il faisait beau et que j'étais sur les rotules comme si je marchais avec des palmes, mais pas en marche arrière comme on fait à la plage avec les palmes et le masque et le tuba déjà mis alors que la mer est à au moins trente mètres, presque comme à genoux de pas avoir dormi de la nuit et parce que le jour se levait et que j'avais pas en rengaine dans la tête il est cinq heures Paris s'éveille puisque c'était 7h30 ou Capri c'est fini même si je pensais Paris c'est fini en boucle mais j'ai jamais trouvé de quoi c'était la ville à part de la ville dans Cité Centrale, et parce qu'il y avait pas de flics dans les rues pour surveiller l'insécurité des Roumains pickpockets avec des cutters parce qu'on les filme plutôt avec les caméras du métro dans la télé avec la liberté de la presse, et parce que j'avais un peu faim et des relents de bière en excès qui me ruinaient l'estomac c'est normal j'avais mangé qu'un demi croissant avec plein de café qui me brûlait l'estomac mais ça fait que je risquais pas de m'endormir en marchant avec la boule brûlante qui me coupait le souffle comme ça je pouvais prendre mon temps sans me presser, je savais bien où il était mon estomac et c'est un peu comme le centre de gravité et ça m'évitait de tomber en marchant comme avec des palmes de savoir où il était et même si c'est juste dommage que j'ai pas eu un baladeur pour éviter le bruit des balayeuses, les oiseaux j'ai l'habitude et je connais sûrement plus que les joggeurs avec des casques.

 

Mais en fait j'avais un baladeur dans le sac à dos bien lourd mais avec des enceintes à la place du casque et je me voyais pas écouter avec les enceintes suspendues aux oreilles du coup je savais pas ce que j'aurais bien écouté, mais pas du punkanar parce que çà ça fait plutôt sauter et en marchant ça a vite fait de te faire courir un peu dans tous les sens ou rester sur place en tournant, mais j'aurai bien aimé une bande son musicale bien torchée pour faire comme dans un film en caméra subjective ainsi j'étais sûr de croire pas être à l'écran dans la rue avec ma petite crête, donc je chantais dans ma tête mais plein de choses mélangées de fatigue alors j'avais retiré le bandana et la capuche et je me suis pris le soleil en plein dans les yeux en passant devant la prison et avec mes lunettes qui me rapetissent ça rendait les murs trop hauts pour pouvoir imaginer qu'on met des gens coincés dedans derrière des si grands murs avec des pointes en acier et plein de caméras braquées dedans et dehors, alors j'ai remis la capuche.

 

Après il y avait l'hôpital des gardiens de la paix et ça m'a quand même fait un peu rigoler de penser qu'il y en a aussi qui sont là parce qu'ils sont dépressifs et tu te demandes comment c'est pour qu'un métier de sales cons rende dépressif alors qu'il est fait pour et par des sales cons et que c'est pas comme un métier à la con qui peut te rendre dingue et dépressif et des fois suicidaire, mais aujourd'hui il y a même des flics qui se suicident peut-être parce qu'ils sont pas assez sales cons et ça c'est manquer de compétence chez les flics.

 

Du coup je riais un peu moins en pensant qu'il y a des flics peut-être pas sales cons mais qu'ils sont morts et qu'on a le droit qu'aux très sales cons bien en vie pour nous la pourrir, jusqu'au musée de paléontologie humaine où j'ai souris à nouveau de me demander si y avait pas une certaine logique dans l'enchaînement des bâtiments si c'était pas une image de dévolution et c'était déjà pas si mal un peu mais c'est vrai qu'après les flics ça m'aurait encore plus fait rigoler de tomber sur des singes mais j'avais pas le temps de passer au Jardin des plantes dans Cité Centrale si je voulais pas me presser pour prendre mon train et parce que j'avais pris de la drogue qui me rendait pas agressif c'était pas si mal sur le grand boulevard de quatre fois la Canebière j’exagère pas.


 

 

Biographie de l'auteur