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PAPA, PAUPIETTE (& POST-SCRIPTUM.)

PAPA Habite en mon trou de balle. Je sais pas pourquoi il vient là. Des fois il n'y vient pas. Il préfère habiter d'autres sphères. Mais parfois il peut plus habiter ailleurs. Ailleurs qu'un trou du cul. Et c'est moi qu'il choisit. Il veut plus m'habiter. Qu'en trou du cul. Mais c'est lui qui s'habite dans mon trou de balle. Papa est mon trou de balle habité par lui-même. Ou c'est moi qui m'habite en trou du cul. Dans son trou de balle à lui. J'habite son cul comme une vieille merde. Toujours prêt à déguerpir. Ou alors c'est lui. C'est lui qui déguerpit la merde de mon trou de balle. Pour que je me voie chié par lui. Mais moi je chie moi-même de moi. Il peut remballer sa merde. Dans son trou de balle à lui. Il peut se la refoutre au cul qui pense. Je suce mon propre trou. Comme je lui aurais léché la face. Car c'est toujours son cul que j'ai en face. Malgré moi-même. C'est toujours la face de cul du père en fond que j'ai dans mon trou de balle à moi.

promenade,

paupiette,

patate,

papa,

père,

papy,

pépé,

piscine

paupiette.

nous mangeons la paupiette, nous préparons la paupiette, nous ne savons pas manger la paupiette, nous ne goûtons pas la paupiette crue, la paupiette crue n’est pas la vraie, la paupiette cuite est la fausse en vrai, en vérité la paupiette crue n’est pas si fausse, la paupiette crue est la viande morte, les gens à problème ne supporte aucune idée, la pensée quitte les gens à problème, une fois la paupiette cuite il n’y a plus de pensée, on n’a que la pensée de mort, on ne supporte pas la pensée morte en bouche, on cuit la paupiette pour supporter l’idée de mort, on coupe dedans l’oignon et on y met le vin blanc, on y met le vin blanc pour quitter l’idée, l’idée de la paupiette crue est difficile, j’ai des difficultés avec ma tête avec mes doigts avec la paupiette crue, ça ne fait pas de doute quand on a dur avec la paupiette crue on a très dur avec sa bouche, ça aide de le savoir, ça n’aide pas de le savoir

la paupiette crue sent la mort, j’ai ma mort dans la paupiette crue, j’ai les oignons et le vin blanc dans la cuite, dans la crue je suis cuit, je me vois à mort en mort, je ne veux pas me voir en mort, je cuis la paupiette crue pour pas me voir en mort, je coupe dans la casserole l’oignon et le sel et le poivre et le vin blanc, ma tête a l’odeur du sel et du poivre, ma tête respire, elle vit.

Post-scriptum : je te signale que j’écris sur ma bite bien avant que tu naisses. bien avant ta naissance je te signale que déjà ma bite entrait en fonction. ma bite était fonctionnaire et j’entrais en fonction dans ton petit trou pas né. je te signale au passage que déjà tu commences à te battre avec les mouches et moi j’arrive et je t’arrange la bite de petit trou pas né.

 

la ville est un trou, la toute première version

 la ville est un trou

 
la ville est un trou
ses habitants respirent
la ville est un trou
et ça respire dedans
ses voisins ils sont dedans
sont dans un trou
ses voisins ses habitantes
et habitants
tous y respirent
tous les gens dedans
dans le trou
la ville est un trou
et les gens qui lisent
ils lisent tous
tout le monde voudrait lire
tout le monde le veut
tout le monde à un moment donné désire
parler
la ville est un trou
tous à l’intérieur
tous les voisins
avec le journal
le journal est un trou
car le trou c’est tous les jours 
qu’il est là
il est dans la ville
la ville est un trou
la ville respire
ses voisins ont des paroles
ils voudraient bien parler
les voisins parlent 
ont envie d’avoir des conversation
ont envie de créer des liens
toute ville est un trou à liens
toute ville est un trou
le lien forme le monde
le monde est liant
est une sauce
le trou fonctionne
les journaux sont imprimés la veille
les journaux sont pour le lendemain
ou pour le jour même
le jour même est un trou
la veille au lendemain
tout est un trou
mais la ville est un trou
et ses voisins dorment dedans
ses voisins font des rêves
ils rêvent qu’ils chutent
ils rêvent qu’ils tombent mais ils se font pas trop mal
ça rebondit
la ville est un trou
les gens rebondissent
ils se réveillent
ils sont dans un trou
mais tout va bien
le journal est imprimé la veille pour le lendemain
entre les deux c’est le quotidien
entre les deux les voisins ont le choix
ils peuvent dormir ou tomber
et quand ils dorment ils tombent aussi
la ville est un trou où tomber
la ville est avec ses habitants
et ça respire
c’est tout dedans
c’est respirant
c’est un trou
c’est un trou qu’il y a dans tous les habitants
ils veulent tous parler
ils veulent tous avoir du langage
ils viennent acheter le journal
le journal est un trou pour les habitants des villes
la ville est un trou
le trou fonctionne
les voisins continuent de dormir
les voisins ont acheté une voiture
ou c’est une mobylette
ou c’est un camping car
ils vont sur leur petit terrain
leur petit trou hors de la ville
mais la ville est un trou
ils y vont avec le camping car
ils ont acheté aussi une moto
ils détruisent les arbres
ils n’aiment pas les arbres avec des fruits dedans
les arbres avec des fleurs
ils n’aiment pas ça
ils aiment le gazon
ils ont un beau gazon propre et font des sourires en mettant les mains sur les hanches
la ville est un trou
ils sont vieux les voisins
les voisins ont mis du pvc
les voisins ont mis des dalles
les voisins ont mis le double vitrage
le chien lèche la vitre
un jour il va la casser
mais c’est du double vitrage
la ville est un trou
un jour le voisin se casse la margoulette
en ville on sait bien ce que ça veut dire
on lit ça dans les journaux
on lit qu’un voisin s’est cassé la margoulette
ça veut dire qu’il était en moto et a fait du déluge dans la ville
ou alors ça veut dire qu’il a fait du bazar
il s’est pointé au centre de la ville
la ville est un trou
et il a glissé et a failli glissé
ou alors on lit ça dans les journaux
ou alors on lit ça ailleurs
pas dans les journaux
les journaux sont un trou
et les habitants avec
et leur pensée avec
ils n’ont qu’une seule pensée
et ils se torchent dedans
un jour le voisin a glissé avec sa moto
ou alors c’est sa fille
il met sa fille sur la moto
c’est un tout petit bébé
et pour rigoler il la met sur la moto
et il démarre
pour rigoler
et la moto l’écrabouille
c’est comme ça en ville
car la ville est un trou
et ses habitants sont dedans
et c’est comme ça
et les voisins respirent 
ils s’imaginent que tous les matins il faut se regarder
moi monsieur je me regarde
moi monsieur dans la ville dans mon cabinet
moi monsieur mon cabinet ma ville ma toilette monsieur
moi dans les toilettes monsieur dans les cabinets
moi faire ma toilette et après moi monsieur après m’être toiletté
moi monsieur faire le visage dans le miroir et regarder par le trou
du miroir moi monsieur
et les habitants sont tous comme ça
ils sont tous voisins et tout le monde s’ignore
ils ignorent leur voisin 
car ils sont dans un trou
et dans un trou on ignore tous les voisins du monde
moi monsieur dans mon trou je m’a regardé et je m’a vu
et moi monsieur je n’aime pas les tulipes qui poussent et je va au boulot
et moi monsieur quand je va au boulot je n’aime pas les tulipes qui poussent
moi monsieur je pars en mobylette
et moi monsieur je pars en scooter
et moi monsieur je vais en voiture
et moi je pétarade
et moi je démarre au feu rouge
la ville est un trou
il faut faire attention il y a une publicité
une très vieille publicité
ils n’y a que les voisins de plus de quarante ans qui la connaissent
c’est publicité où il est dit que faut pas s’endormir au volant
que même si que tous les jours on est dans la même ville
et que on prend le même trajet
pour aller du trou au trou
et que même si le trou change pas en cours de route
il faut pas s’endormir
car on aura un accident
moi monsieur j’ai eu des accidents
je me suis cassé la margoulette
et je mets des baffes à ma fille quand elle le mérite
et je prépare mon barbecue pour les invités
se sont de jolies demoiselles
et je vais les baiser dans le jardin moi monsieur
car elles viennent toutes les deux des beaux-arts
et ce sont des lesbiennes
et elles baisent 
et elles me regardent avec mes saucisses
et ça leur fait du bien
car aux beaux-arts on en mange rarement
en tout cas ce n’est pas un milieu naturel
on n’est pas comme ici moi monsieur
ici le voisin a quatre moutards
et ils se tiennent tranquille 
sauf qu’il fait chaud tout la haut
tout la haut dans le ciel
il fait très chaud
plus on se rapproche du soleil et plus il fait chaud
et plus ça va et moins ça nous vient
plus ça va et plus le voisin se souvient de rien
il se souvient qu’il était juste à terre
quand il a marié sa fille 
ou alors c’était sa communion
il était tellement bourré moi monsieur qu’il a dormi sur le gazon
et ils ont coupé l’arbre
pourtant sa fille aimait l’arbre
et aurait aimé qu’il reste là
mais les voisins ont voulu le coupé quand même
tous les voisins sont des cochons
ils lisent tous la même chose
il n’y a qu’avec la voisine que je lis pessoa moi monsieur
sinon avec les autres voisins je joue au loto
je vais acheter mes clopes
je vais boire mon ricard
et je vais acheter des steak
et louer des films
car mon voisin regarde sa télé
car dans la télé ils disent qu’il habite dans un trou
mais la télé est dans la trou aussi
pourtant dans la télé c’est dans la vie
le voisin dit ça
il dit la télé c’est la vie même
c’est-à-dire que le monde tourne rond dans la télé
il a des bords tout au moins
et on peut le transporter
tout au moins on dit ça dans la télé
on dit si vous avez rien d’autre à foutre que vivre
regardez la télé
le voisin la regarde avec son chien
c’est un gros chien
ou alors c’est un petit
un tout petit chien
et il le suit
depuis qu’il est tout petit le chien le suit partout
depuis tout petit qu’il est 
et qu’il est voisin
et qu’il est dans un trou
il est suivi d’un chien
allez savoir pourquoi 
un jour il s’est cassé la margoulette
et la bonne sœur est passée
pour lui faire la piqure
elle avait une deux chevaux
comme dans les films avec louis de funès
elle habite shonstatt
c’est là où un allemand a été retrouvé mort pendant la guerre
il avait un journal avec lui
où c’était marqué tout petit
que la ville est un trou
et ses habitants dedans
ses habitants qui respirent
ses habitants qui ont des sentiments
ses habitants qui s’imaginent quoi
ses habitants qui s’imaginent qu’ils pourront faire quoi
ses habitants qui ont des idées comment élever leur gamin
qu’ils les foutent en taule 
et on sera débarrassé
et on sera tranquille au plus vite
moi monsieur j’ai des sentiments
et j’ai des enfants dedans
et mes enfants je leur donne la priorité
c’est-à-dire je veux pas qu’ils crèvent moi monsieur
moi monsieur mes enfants sont déjà crevés
car je les ai fait nés
et c’est pour ça moi monsieur que je veux les voir
mais pas qu’ils crèvent
en fait le voisin ne sait pas ce qu’il veut 
il veut des naissants mais il veut rien dedans
je veux dire moi monsieur quand on veut du naissant
on veut que ça crève dedans
sinon on laisse faire
on laisse dame nature
et dame nature c’est elle qui décide
si tes enfants doivent crever avant toi ou pas
s’ils crèvent après le voisin tant mieux
s’ils crèvent avant lui tant pis
d’ailleurs je pense que je crèverai après lui
car lui est  plus vieux
c’est mon copain qui m’a dit ça
il m’a dit laisse-le crever
ou plutôt il a dit : laisse-le
il crèvera bien
et ça crèvera d’avant nous
et nous on sera tranquille à ce moment-là
ça fait quarante ans de ça
quarante ans et le voisin n’est pas crevé
et on n’est pas tranquille
on a toujours peur de se casser la margoulette
de se rompre le cou
de se casser la vertèbre
de se fendre d’un truc
de se briser quelque chose
moi monsieur je me suis brisé tout seul
je suis un brisé de naissance
et moi monsieur je n’ai rien à vous dire
je n’ai pas de parole
et moi monsieur je n’ai pas la possibilité d’échanger le moindre avis
car je n’en ai pas
voilà ! 
la ville est un trou
et les habitants respirent
et les habitants ont soif
et les habitants ont des mains
et les habitants pensent
tout le monde pense
tout le monde s’agite
tout le monde s’éparpille
et pourquoi je m’éparpille
et pourquoi je ne dis pas « popo » toute la journée
si je disais « popo » toute la journé à mon voisin est-ce que ça le fatiguerai
si je le croise dans la rue je lui dit « popo »
si je croise ses rejetons « popo »
si je croise sa femme
j’aime les femmes
le voisin aussi
il aime bien regarder la voisine
il aimerait la sauter
il sauterait toutes les femmes
je te sauterai qu’il dit
je sauterai toutes les femmes
je te sauterais toi surtout
il dit ça à sa voisine
je veux te sauter toi aussi
je te sauterais toute
tu seras la toute sautée
tu seras la sautée totale
celle qu’on saute avant 
de sauter
qu’on a toujours en saut
dans la tête
qu’on pense en tête 
c’est-à-dire qu’on saute
avant d’être
qu’on voit en soi 
c’est-à-dire en saut
en son propre sauté d’être
qu’on se voit avant 
quand on y était
quand on était dans le saut
celui de l’être
celui qui fait qu’on tente toujours de sortir
se sortir
en sautant l’autre de soi
la ville est un trou
et ses pensées avec
ses petites pensées de mirliton
ses petites pensées qui vont dedans et avec un couvercle
il faut toujours être démoli
toujours sembler être le démoli terrien
le démoli de toute terre
tous les jours ils semble qu’on a son équivalent de terreau dans la main
ou dans l’os
c’est dans l’os de la main qu’on a son équivalent
en mort
en mort terrien de terreau
et de tais-toi donc
tu es toi veut dire : tais-toi
et non : tout est toi
c’est plutôt tu te tais
c’est plutôt : tu es tué
Toujours démoli à l’idée de plus produire son tour
son équivalent en sac de terreau
la ville est un trou
et le voisin a inventé une machine
il dit :  « moi, j’ai inventé une machine
qui s’appelle le langage »
il dit « c’est la première des machines sans doute »
une machine de merde 
sans doute
c’est parce qu’il a pas sa place le voisin
c’est pour ça qu’il dit ça
il dit j’ai pas ma place dans la nature
alors j’habite dans la ville
et alors la ville est un trou
hier déjà le voisin détruisait tout
c’est pas nouveau je dis
moi monsieur j’ai tout détruis
j’ai détruis la nature depuis que vous êtes nés
et depuis que je suis né aussi je détruis tout
moi monsieur il n’y a rien de nouveau là-dedans
car moi monsieur la machinerie est en marche
le développement des voisins est une sorte de tumeur
c’est ce qu’il dit le voisin
mais la tumeur est une bulle qui m’entoure
et le reste (la nature)
je la passe à la moulinette moi monsieur
car j’ai toujours programmé ça
avec ma moulinette 
j’ai toujours programmé la terre promise à moi-même
et à lui-même il se le promet la terre de c’est promis juré craché
tu l’auras ta fin de l’homme
car l’homme est un trou 
et l’alzeimer est une maladie de naissant
c’est une maladie qui attaque tous les voisins depuis qu’ils sont nés
depuis tout petit les voisins naissent en se souvenant de rien
c’est pour ça qu’ils brodent
il faut bien broder sa vie si on se souvient de rien
moi monsieur je me souviens je naissais
et moi monsieur je me suis mis à naitre
et après ?
après j’a mourru
et après ?
car après vivre on nous a pas dit de vivre
et avant non plus
avant la nuit du vivant
il y a la nuit d’avant vivre
la grande nuit
et puis après 
y’a la grande nuit d’après
et nous on nous a dit de vivre en plein milieu
on nous a dit t’as qu’à vivre là !
allez vous faire foutre !
l’existence est un squat
défense d’entrer veut dire : je m’enterre
mais non : défense de m’enterrer
je suis un entérré
c’est ça que tout voisin devrait dire
car c’est pas une vie d’exister
chien méchant
on va mordre
entérinons l’enterrement dans la terre de soi
la terre de l’existence
exister c’est être un autre qui se squatte
propriété égal existence
propriété égal je prie pour exister
propriété je prie pour y être
la ville est un trou et ses habitants foncent dedans
ils foncent dans le trou
c’est celui qui ira le plus vite
c’est celui qui rejoindra son trou au plus vite
son petit trou de vite
c’est ça qu’il rejoint
il se rejoint en vitesse
c’est-à-dire qu’il n’a plus de nouvelle de sa mort depuis qu’il est né
alors ça l’inquiète
et il est tellement inquiet qu’il regarde les émissions
le millionnaire est un jeu de la française des trous du cul qui se regardent
qui regardent leur trou du cul
car qui veut gagner des millions 
à part les trous du cul
qui veut gagner sa vie aussi
car il faut gagner sa vie
et pour les réinsérés
les gens désinsérés et qu’on réinsère
il faut gagner leur vie
et gagner le cœur de sa voisine
il faut le gagner 
et c’est pour ça que les voisins regardent le trou télé
car la télé est un trou
et ses habitants dedans aussi
ils vivent dedans
prions pour eux
prions pour que la religion
et que l’état
et que le patronat
prions pour que la flicanat
et que le dowe johns
et que l’industrie du cul
leur prête vie

 

tas pas su ou tas pas pu ?

je sais peu, je peux je, je sais pas que j’y peux pas, je sais peu et même je sais pas, je peux sais, j’essaie, oui, j’ai peu d’aise et j’ai, j’espère peu, je peux ce, j’ai pu peu je sais pu, je saute et je puce, je suce, j’appuies sur peu, j’ouvre à peine un j’ai pu, je pue, j’ouvre à poil puis je pousse, puis-je ouïr, j’oublie et j’ouïs, je m’ouïes volontiers, j’aime ah oui, puis j’oublie, ah oui ? j’ai pu j’ai su j’ai pu su ? j’aurais pu savoir que je pouvais peu, ou plus, que je pouvais plus que peu ou très pas, que j’ai très pas pu, j’étais très pas sûr, j’ai très pas assuré, rassuré dans un puits, j’ai su le pu à peine et j’ai presque pas pu le su, j’ai su le pas pu et le pas pu à su son pas su à lui, le su du pas pu et le pu du pas su se donnent la main, tiens donc bien la main du pas savoir ! tiens donc bien la main du pas savoir pas pouvoir, le pouvoir est un savoir, le savoir pas est un pouvoir pas, le pas est un pas, et tous les pas se rassemblent un jour, tous les pas avancent, tous les pas se rejoignent à un carrefour, tous les moments ne se donnent pas pourtant, certains moments ne se sont pas donnés la main, certains moments font des sauts de puce, certains moments puent d’être pas su, ou d’être pas pu. Un jour je serai papa dit le moment pas-su. C’est le papa du pas-su ou le papa du pas-pu ? c’est des jumeaux. Ou bien des jumelles. Des chamelles. Des qui savent d’où qui faut savoir et d’où qui faut pouvoir, et d’où qu’on met les pieds avec des bons tranchoirs à causer. Des causettes. Des ramettes. Des qui s’ramènent la fraise. Des gariguettes. Des pleurotes. Des petiotes qui n’en peuvent plus des petits pas du pas-moi, ou du pas-soi, qui n’en savent plus du pasu et du papu des péteux tout foireux, du poêteur à teuteure sur gage, du prêteur à qui mieux mieux, qui prêchi-prêcha son savoir-pas à toute heure du jour, comme de la nuit : Vous êtes cuits. 

les exo-moi

il faudrait que je commence à me parler

à me dire ce que j’en pense de moi

ce que ce moi fait penser à l’intérieur

je ne peux pas penser en fait l’intérieur

ni le moi

rien ne peut penser de soi, c’est-à-dire sortir

rien qui sorte qui ne soit en tout cas intelligible

rien d’intelligible n’est bon pour la sortie

dès que l’intelligible sort s’en est fini

s’en est fini déjà pour la sortie

l’intelligible à soigné sa sortie mais il l’a annulée aussi

c’est impossible de contrecarrer pourtant l’intelligibilité

et dans intelligibilité on entend débilité

car tout le monde pense ça

tout le monde ou presque s’imagine que se soigner de soi

c’est jouer au débile, c’est-à-dire avoir recours à l’intelligibilité

avoir recours au pensé, au tenu, le propos tout tenu qu’il est

on ne peut rien tenir, tout demande la fuite

c’est dans la fuite qu’on peut apercevoir un début de personnage

c’est là qu’on peut commencer la filature

car c’est à partir de la chute qu’il peut y avoir constat

un constat qui est celui que tout est voué à la disparition de soi-même

soi-même comme personnage, cela va mieux

soi-même comme personne personnifiée avec des écrans et des interprétations

des ouïes dires dans des langues autres, ça va mieux

des possibles, des colportages, des échanges,

des livraisons, des canaux, des transbordements

soi avec des fuites, des cassures, des opérabilités, des semblants de signature

des faux et usage de faux, des lettres de créances, des habitats sans contenu,

il faut pister soi dans tout ce vide qui nous appartient

rien d’autre n’appartient, surtout pas l’intelligible

on n’élégit pas l’intelligible, on est savant de sa chute globale

voilà que c’est à partir de là que je décide de me parler

c’est-à-dire que j’essaie de me voir en parlant, de voir où ça coince

et ça coince à l’endroit où l’on veut du concret avec moi

le concret de la concrétude et de l’intelligible

on veut du dur, du plein, mais je n’ai rien de plein, j’ai que des absences à fournir

j’ai mon carnet d’absence, c’est tout ce que j’ai

un joli carnet où je me suis absenté

mais je m’absente pas tout à fait

car je tiens la mesure, il y a débat et c’est moi qui donne le la

le rythme

il n’y a pas d’absentéisme dans cette absence

il y a juste quelqu’un qui bat, qui touille, qui arrange, qui secoue le cocotier

et dans le cocotier une sorte de pensée intelligible, un chant plus exactement

une ouverture, on opère qui au juste aujourd’hui ? quel bruit à opéré

car il s’agit plus d’un bruit

c’est le bruit de l’autre

le bruit de l’autre m’occupe

ça nous occupe qu’un temps

et après on revient à soi, on ne revient que de soi

avec l’autre en bruit de fond, et nous-mêmes avec

car soi et nous-mêmes ça fait deux, ça fait la paire comme on dit

vous faites bien la paire toi et nous, disent-ils

même si c’est à un autre qu’on parle

et cet autre il se trouve où

où peut se fourrer un autre dans tout ce fourbis

un autre qui serait hors du foubis

le fourbis ça peut nous porter loin

hors du système connu

le système avec ses planètes

l’autre il peut être un exo autres

d’ailleurs les exos autres on serait bien surpris de les découvrir

ils seraient comme nous les exos autres

ils nous ressembleraient trait pour trait

il suffit d’écouter ceux qui se penchent sur les galaxies autres

les galaxies d’exos autres pour savoir que leur bruit est plutôt commun

on a communément le même bruit disent-ils

c’est le bruit du début

tout a commencé par un bruit et on le retrouve partout

même en soi on retrouve ce bruit

c’est le bruit des exozautre

avec des hommes dedans

des exozomes

c’est comme ça qu’on les appelle

ceux qui sont pas de chez nous, de chez notre autre à nous

mais qui sont encore tout pareils, toujours aussi autre

car dès que ça fait du bruit, ça cause autrement pareil

ça fait les mêmes dégâts en tout cas

en dehors du dégât, de l’exo dégât, point de salut

car en dehors du dégât, ou de l’exo dégât, il y a le naturel

le retour au naturel, soi disant

soi dit en parlant, comme on dit

alors qu’on ne sait même pas ce que c’est que le naturel, soi dit en parlant

on ne peut pas le définir

on ne peut juste noter que ses manifestations

le naturel s’excite

voilà ce qu’on dit

le naturel est tout excité !

exit le naturel !

il faut en finir une bonne fois avec le naturel

qu’est-ce que le naturel, je vous le demande ?

le naturel c’est ce qui nous préoccupe

car ça pousse, il y a des poussées naturelles

et on voudrait que plus rien ne pousse en dehors de nous

de notre naturel à nous

c’est pour ça que j’ai parlé intelligiblement jusqu’à maintenant

c’est pour montrer le défaut de la structure

la structure en nous-mêmes fait défaut au naturel

et pourquoi qu’on veut pas que ça pousse ?

car ça fait que ça, ça fait que pousser, tout pousse à croire que ça pousse

il faudrait arrêter la poussée, mais la poussée est impensable

la poussée ne pense pas d’ailleurs, elle pousse

la poussée est ce qui fait tout, tout est fait à partir du moment où ça pousse

dès que ça pousse plus, ça n’est plus

et du coup c’est pas naturel

nous-mêmes on pousse

et les exotypes aussi

ils poussent tout autant

tout ce qui est naturel et ce qui l’est pas

mais c’est quoi qui l’est pas, à part nous

tout est naturel et peut-être même qu’on a des parties naturelles nous aussi

on a la partie qui pousse qui est naturelle

la partie qui pousse c’est pourtant tout ce qu’on croit pas pensable

alors que c’est la seule chose imaginable, le seul vrai

le naturel vrai est là, c’est-à-dire là où ça glisse

là où ça veut en finir avec le dur

on a pourtant raison d’aimer le dur, le bétonné

on a bien raison d’aimer tout le bêton

tout le bêton c’est bon

le problème c’est qu’on croit que le bêton ça dure

ça dure jamais le bêton

on croit avoir ainsi bétonné les siècles

on croit ainsi avoir pris les générations dans le bêton

les civilisations les pieds dans le bêton

jamais de la vie, aucun début de pied n’est possible

on peut rien bétonner au final, avec les civilisations

pourtant à première vue ça s’est bien bétonné

à première vue le bêton a pris

c’était un bêton rapide à première vue

un bêton qui bétonne bien les siècles

alors que ça s’effrite quelque part

quelque part le bêton a pas pris

il prend jamais vraiment le bêton

jamais totalement ça prend dans l’existence le bêton

à un moment le naturel revient

le nôtre à nous

notre naturel à nous et aussi celui des exotypes qu’on pourrait croiser

on croiserait avec notre géocroiseur

on géocroiserait des exostypes un peu partout dans l’espace

c’est-à-dire qu’on les bombarderait avec nous-mêmes

on finirait par trouver tous ces exotypes qui se planquent un peu partout

car après tout l’espace est petit, on croit que c’est grand mais en fait c’est petit,

c’est ramassé, ça se ramasse à la pelle l’univers, avec une toute petite pelle

une pelle à tarte on ramasserait notre univers

un petit trou pour petite pelle à tarte, et hop !

c’est enfourné

on t’enfourne ainsi l’univers entier

on te fait battre ainsi toutes les montagnes de tout l’univers à nous tout seuls

car nous sommes seuls dans l’univers

malgré les autres

les autres et les exos autres

car les exozautres sont tout seuls aussi, dans leur coin

ils attendent que ça leur tombe tout cuit

mais rien ne tombe jamais cuit dans l’univers d’ici, faut toujours le reprendre

l’agrémenter, le saupoudrer, le rouler dans la farine

et toujours se demander si c’est du lard ou du cochon

pourquoi les gens deviennent fous par exemple ?

et pourquoi les fous deviennent gens

et que les gens sont fous à être

ils sont tous fous à être parce qu’ils contredisent leur espace même

l’espace c’est ce qui est comme un socle

et c’est de ce socle qu’ils veulent sauter

ils veulent sauter par-dessus leur être les exo-gens

ils veulent faire saute-mouton avec l’espace existant

c’est-à-dire qu’ils veulent faire coexister la thèse et l’anti thèse

ils critiquent le mur alors qu’ils y sont collés

ils se collent déjà à l’idée de mur

et ça tient pas, le mur tient pas, car c’est l’idée tout court qui tient pas

et pourtant ils s’y collent amoureusement

ils sont amoureux des idées les exo gens, et pourtant, l’idée est une façade

derrière il n’y a que des devenirs de chutes, des promesses d’effondrements

tout est promis à la démolition chez moi

et chez les exo-moi

... (à suivre)

anne-laure pigache

Vient de passer il y a quelques minutes, dans l'atelier du son, Anne-Laure Pigache. Cet extrait de l'émission à écouter ici !